LE PROCONSUL ET LE MARTYR
Un martyr expirait au milieu des tourments Et disait aux bourreaux : — Jamais la violence Ne peut forcer la conscience.
Je meurs et jai pitié de vos emportements. — Soit, dit le proconsul, jamais la violence Ne peut forcer la conscience ; Et pourquoi donc toi-même as-tu violenté Le grand culte de Rome et de l’antiquité ?
Tu crois en insultant nos prêtres Et les autels de tes ancûtres, Triompher dans l'éternité?
Je satisfais à ton envie En te faisant mourir; mais toi, fou furieux, Tu viens de renverser mes dieux Pour qui j'aurais donné ma vie!
Entre nous, tu le vois, c’est une guerre à mort; Si l'intolérance chrétienne