LES DEUX MARIAGES
On lisait un journal (une feuille d'un jour),
Où, parmi d’autres verbiages,
On parlait de deux mariages,
L'un de raison, l’autre d'amour.
Une jeune pensionnaire
Se hasarde près de sa mère
A lancer le grand mot : Pourquoi
Ces deux noms, expliquez-les-moi !
— Ma fille, dit alors la mère, Me charger d'expliquer cé pathos éphémère,
C’est vraiment une trahison.
Je ne sais ce qu’entend, libre penseur à gages, L'écrivain dont l'esprit gambade sur ces pages; Mais pour le vrai bon sens qui garde la mai
Un mariage de raison
Veut dire un mariage honnête.
L'amour, la passion, €’est la fatalité:
sa LES DEUX MARIAGES.
La tatalite, c'est la bète :
La cwvu. c'est l'humanite !
La jeune mnuwvente, interdite,
Nurut pu teuenbre à son tour :
« Wi veille tante Warguerite,
» Vous n entemiez men à l'amour! »
Poux et joe #pibpæ un svstème du jour:
at UNE ‘oder les amours bètes SUR Ce mr duuneles.
FABLE XXIII
LE CHEVAL ET LE CHIEN
Un pauvre cheval, jeune encore, Mais dont la peau montrait les os, Comme une inutile pécore, Fut un jour dirigé vers le champ du repos.
Ce champ, c’est l’abattoir pour la gent animale. Un fermier le vient voir, il en augure bien; 11 l’achète presque pour rien Et d'herbe verte il le régale.
La bête à la santé revient tout doucement.
Alors sans nul ménagement Son maître le charge, le traîne, Et le fatigue et le surmène, Tant qu’un vieux chien, par amitié, Prend son camarade en Et lui dit : — Fuis, va — Non, répond le
286 © LE CHEVAL ET LE CHIEN
Puis-je fuir, dit encor le vaillant animal, Sans qu’un souvenir me retienne ?
Je me souviens du bien, je le dois; mais le mal Mérite-t-il qu'on s'en souvienne ?