LA POMME MURE ET LES TROIS HOMMES
fatales de la vie, mais elle le fait servir au triomphe de l'esprit.
Elle ne nie pas les besoins: elle veut qu'on les satisfasse sans les dérégler et sans s’y asservir.
Les besoins sont de deux ordres : ceux de l’esprit et ceux du corps.
Il faut à l'esprit la vérité et la justice; au corps, il faut le développement et la vie. Elle explique les lois nécessaires de l'équilibre et enseigne la voie droite qui nous soustrait à l’action et à la réaction des contraires.
L'homme livré à la vie animale et satisfaisant uniquement les besoins de son corps atrophie son esprit ou en exagère tellement les besoins que la soif d’idéalisme le précipitera bientôt dans les superstitions les plus extravagantes et les plus bizarres. L'homme qui sacrifie le corps à l'esprit atrophie ses organes physiques, déprave son cerveau et tombe bientôt dans la folie qui le met au-dessous de l'animal.
L'homme n’est ni une bête ni un ange. S'il veut faire la bête, il est flagellé par les anges; s’il veut faire l'ange, il devient bête.
« Il fant cultiver notre jardin, » dit l'ante Candide ; et ici, sans le savoir, Voltære
avec la Bible. Dieu, dit la Genèse, avait ph l’homme dans un jardin pour qu'il le cultivât san toucher à l’arbre de la science. Mais l’homme, er- (raîné par la folle imagination de la femme, a voul être Dieu, et Dieu l’a revêtu d’une peau de bête en l’envoyant fouir et défricher la terre.
Plus heureux s'il se fût contenté des pommes du pommier sans toucher aux fruits fantastiques de l'arbre du bien et du mal !