ULYSSE EF LA MER
La mer s’aplanissait murmurante et paisible, Les nuages du soir, par le vent déchirés, Suspendaient au couchant sur leurs sommets dorés Les dernières splendeurs du soleil invisible.
Le manteau de Thétis, rayé de pourpre ct d'or, Offrait l'immensité pour base au ciel immense. Sur la terre et sur l’eau descendait le silence,
Et la plage en dormant semblait gronder encor. Seul et sans vêtements, souillé par la marine, Brisé, mais plus puissant que la haine divine, Ulysse était debout sur des rochers affreux,
Et les astres du soir le montraient à Neptunc, En disant : Le génie est admirable aux dieux Lorsqu'il sort du malheur pour.
FABLE XI
L'ENFANT ET LES NUAGES
— Oh! qu'ils sont beaux dans le ciel bleu,
Les petits moutons du bon Dieu!
Disait une petite fille
De six ans, naïve et gentille.
Qu'ils sont blancs et frisés ! Mère, viens done les voir. Elle montrait du doigt les nuages du soir.
— Oui, dit en souriant la mère,
Ils broutent des fleurs de lumière,
Ils sont obcissants et bons.
— Les nuages du ciel ne sont pas des moutons, Dit alors un vieux pédagogue Qu'importunait ec dialogue.
— Allez, vous êtes un menteur, Reprend la jeune enfant, et vous mc faites peur : Les moutons du bon Dieu ne sont pas des nuages!
Les doux mensonges inaternels Sont des arguments éternels Plus goûtés et plus forts que la raison des sages.
FABLE XII