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ORPHÉE ET LE SINGE SAVANT

Orphée un jour chantait ; des animaux divers Le suivaient, attirés par sa voix fière et tendre; Les pins déracinés se mouvaient pour l'entendre ; Il remuait le ciel, la terre et les enfers.

Il célébrait celui qui marche sur la nue, Qui sur un trône d'or domine l’etendue, Qui sous son pied vainqueur abaisse le destin, Et touche de son doigt les portes du matin.

Les animaux ravis l'écoutèrent encore Longtemps après qu’il eut fini.

Puis un singe, docte pécore, Adressant la parole au cercle réuni :

— Savez-vous, dans ce chant, dit-il, ce que j’admire ? C'est l’éloge du singe. Il dit que l’univers Soumet ses fruits dorés à notre auguste empire; D’arbre en arbre emportés, nous volons dans les airs; Sous nos pieds passent les nuages ; Nos bras sont bien plus longs que ceux de l’homme ; &

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