‹ Philosophie spiritualisteChapitre 127 sur 181 · Si la destruction est nécessaire pour la régenéra · texte numérisé non relu

Si la destruction est nécessaire pour la régenéra

tion des êtres, pourquoi la nature les entoure-t-elle de moyens de préservation et de conservation?

« C’est afin que la destruction n’arrive pas avant le temps nécessaire. Toute destruction anticipée entrave le développement du principe intelligent ; c’est pourquoi Dieu a donné à chaque être le besoin de vivre et de se reproduire. »

730. Puisque la mort doit nous conduire à une vie meilleure, qu’elle nous délivre des maux de celle-ci, et qu’ainsi elle est plus à désirer qu’à redouter, pourquoi l’homme en a-t-il une horreur instinctive qui la lui fait appréhender ?

« Nous l’avons dit, l’homme doit chercher à prolonger sa vie pour accomplir sa tâche ; c’est pourquoi Dieu lui a donné l’instinct de conservation, et cet instinct le soutient dans les épreuves; sans cela il se laisserait trop souvent aller au découragement. La voix secrète qui lui fait repousser la mort lui dit qu’il peut encore faire quelque chose pour son avancement. Quand un péril le menace, c’est un avertissement pour qu’il ait à mettre à profit le répit que Dieu lui accorde ; mais, l’ingrat ! il en rend plus souvent grâce à son étoile qu’à son Créateur. »

731. Pourquoi, à côté des moyens de conservation, la nature a-t-elle en même temps placé les agents destructeurs ?

« Le remède à côté du mal ; nous l’avons dit, c’est pour maintenir l’équilibre et servir de contre-poids. »

732. Le besoin de destruction est-il le même dans tous les mondes?

« 11 est proportionné à l’état plus ou moins matériel des mondes ; il cesse avec un état physique et moral plus épuré. Dans les mondes plus avancés que le vôtre, les conditions d’existence sont tout autres. »

733. La nécessité de la destruction existera-t-elle toujours parmi les hommes sur la terre?

« Le besoin de destruction s’affaiblit chez l’homme à mesure que l’Esprit l’emporte sur la matière ; c’est pourquoi vous voyez l’horreur de la destruction suivre le développement intellectuel et moral. »

734. Dans son état actuel, l’homme a-t-il un droit illimité de destruction sur les animaux ?

« Ce droit est réglé par la nécessité de pourvoir à sa nourriture et à sa sécurité ; l’abus n’a jamais été un droit. »

735. Que penser de la destruction qui dépasse les limites des besoins et de la sécurité; de la chasse, par exemple, quand elle n’a pour but que le plaisiç de détruire sans utilité ?

« Prédominance de la bestialité sur la nature spirituelle. Toute destruction qui dépasse les limites du besoin est uno violation de la loi de Dieu. Les animaux ne détruisent que pour leurs besoins ; mais l’homme, qui a le libre arbitre, détruit sans nécessité ; il devra compte de l’abus de la liberté qui lui a été accordée, car ce sont alors les mauvais instincts auxquels il cède. »

736. Les peuples qui poussent à l’excès le scrupule relatif à la destruction des animaux ont-ils un mérite particulier?

« C’est un excès dans un sentiment louable en lui -même, mais qui devient abusif, et dont le mérite est neutralisé par des abus de bien d’autres sortes. H y a chez eux plus de craiute superstitieuse que de véritable bonté. »

Fléaux destructeur*.

737. Dans quel but Dieu fr.ippe-t-il l'humanité par des fléaux destructeurs?

« Pour la faire avancer plus vite. N’avons-nous pas dit que la destruction est nécessaire à la régénération morale des Esprits qui puisent dans chaque nouvelle existence un nouveau degré de perfection? Il faut voir la tin pour en apprécier les résultats. Vous ne les jugez qu’à votre point de vue personnel, et vous les appelez fléaux à cause du préjudice qu’ils vous occasionnent ; mais ces bouleversements sont souvent nécessaires pour faire arriver plus promptement un ordre de choses meilleur, et en quelques années ce qui eût exigé bien des siècles. » (744.)

738. Dieu ne pouvait-il employer pour l'amélioration de l’hum^iité d’autres moyens que les fléaux destructeurs ?

« Oui, et il les emploie tous les jours, puisqu’il a donné à chacun les moyens de progresser par la connaissance du bien et du mal. C’est l’homme qui n’en profite pas; il faut bien le châtier dans son orgueil et lui faire sentir sa faiblesse. »

— Mais dans ces fléaux l’homme de bien succombe comme le pervers; cela est-il juste?

« Pendant la vie l’homme rapporte tout à son corps ; mais après la mort il pense autrement, et comme nous l’avons dit : la vie du corps est peu de chose ; un siècle de votre monde est un éclair dans l'éternité ; donc les souffrances de ce que vous appelez de quelques mois ou de quelques jours ne sont rien ; c’est un enseignement pour vous, et qui vous sert dans l’avenir. Les Esprits, voilà le monde réel, préexistant et survivant à tout (85) ; ce sont les enfants de Dieu et l’objet de toute sa sollicitude; les corps ne sont que les déguisements sous lesquels ils apparaissent dans le monde. Dans les grandes calamités qui déciment les hommes, c’esl comme une armée qui, pendant la guerre, voit ses vêlements usés, déchirés ou perdus. Le

général a plus de souci de ses soldats que de leurs habits. »

— Mais les victimes de ces fléaux n’en sont pas moins des victimes?

« Si l’on considérait la vie pour ce qu’elle est, et combien elle est peu de chose par rapport à l’infini, on y attacherait moins d’importance. Ces victimes trouveront dans une autre existence une large compensation à leurs souffrances si elles savent les supporter sans murmure. »

Que la mort arrive par un fléau ou par une cause ordinaire, il n’en faut pas moins mourir quand l’heure du départ a sonné : la seule différence est qu’il en part un plus grand nomtffe à la fois.

Si nous pouvions nous élever par la pensée de manière à dominer l’humanité et à l’embrasser tout entière, ces fléaux si terribles ne nous paraîtraient plus que des orages passagers dans la destinée du monde.

739. Les fléaux destructeurs ont-ils une utilité au point de vue physique, malgré les maux qu’ils occasionnent?

« Oui , ils changent quelquefois l’état d’une contrée ; mais le bien qui en résulte n’est souvent ressenti que par les générations futures. »

740. Les fléaux ne seraient- ils pas également pour l’homme des épreuves morales qui le mettent aux prises avec les plus dures nécessités?

u Les fléaux sont des épreuves qui fournissent à l’homme l’occasion d’exercer son intelligence, de montrer sa patience et sa résignation à la volonté de Dieu, et le mettent à même de déployer ses sentiments d’abnégation, de * désintéressement et d’amour du prochain, s’il n’est pas dominé par l’égoïsme. »

74 1. Est-il donné à l’homme de conjurer les fléaux dont il est affligé?

« Oui, d’une partie; mais pas comine on l’entend gcjié-

râlement. Beaucoup de fléaux sont la suite de son imprévoyance; à mesure qu’il acquiert des connaissances et de l’expérience il peut les conjurer, c’est-à-dire les prévenir s’il sait en rechercher les causes. Mais parmi les maux qui affligent l’humanité, il en est de généraux qui sont dans les décrets de la Providence, et dont chaque individu reçoit plus ou moins le contre-coup; à ceux-là l'homme ne peut opposer que la résignation à la volonté de Dieu ; et encore ces maux sont souvent aggravés par son insouciance. *

Parmi les fléaux destructeurs, naturels et indépendants de l’homme, il faut ranger en première ligne la peste, la famine, les inondations, les intempéries fatales aux productions de la terre. Mais l’homme n’a-t-il pas trouvé dans la science, dans les travaux d’art, dans le perfectionnement de l’agriculture, dans les assolements et les irrigations, dans l’étude des conditions hygiéniques, les moyens de neutraliser, ou tout au moins d’atténuer bien des désastres? Certaines contrées jadis ravagées par de terribles fléaux n’en sont-elles pa3 préservées aujourd’hui? Que ne fera donc pas l’homme pour son bien-être matériel quand il saura mettre à profit toutes les ressources de son intelligence, et quand au soin de sa conservation personnelle il saura allier le sentiment d’une véritable charité pour ses semblables? (107.)

Ci lierre*.

74*2. Quelle est la cause qui porte l’homme à la guerre?

« Prédominance de la nature animale sur la nature spirituelle, et assouvissement des passions. Dans l’état de barbarie, les peuples ne connaissent que le droit du plus fort ; c’est pourquoi la guerre est pour eux un état normal. A mesure que l’homme progresse elle devient moins fréquente, parce qu’il en évite les causes; et quand elle csl nécessaire, il sait y allier l’humanité. »

743. La guerre disparaîtra-t-elle un jour de dessus la terre ?

« Oui, quand les hommes comprendront la justice et pratiqueront la loi de Dieu ; alors tous les peuples seront frères. »

744. Quel a été le but de la Providence en rendant la guerre nécessaire?

« La liberté et le progrès. »

— Si la guerre doit avoir pour effet d’arriver à la liberté, comment se fait-il qu’elle ait souvent pour but et pour résultat l’asservissement?

« Asservissement momentané pour lasser les peuples, afin de les faire arriver plus vite. »

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