Où l’Esprit puise-t-il son enveloppe semi-matérielle
t Dans le fluide universel de chaque globe. C’est pourquoi elle n’est pas la même dans tous les mondes; en passant d’un monde à l’autre l’Esprit change d’enveloppe, comme vous changez de vêtement. »
DES ESPRITS
— Ainsi quand les Esprits qui habitent des mondes supérieurs vienhent parmi nous, ils prennent un périsprit plus grossier?
« Il faut qu'ils se revêtent de votre matière; nous l’avons dit. »
95. L’enveloppe semi-matérielle de l’Esprit affecte-t-elle des formes déterminées, et peut:elle être perceptible?
« Oui, une forme au gré de l’Esprit, et c’est ainsi qu’il vous apparaît quelquefois, soit dans les songes, soit à l’état de veille, et qu’il peut prendre une forme visible et -même palpable. »
Différent* ordres d'Ksprlt*.
96. Les Esprits sont-ils égaux, ou bien existe-t-il entre eux une hiérarchie quelconque? *
« Ils sont de différents ordres selon le degré de perfection auquel ils sont parvenus. »
97. Y a-t-il un nombre déterminé d’ordres ou de degrés de perfection parmi les Esprits?
« Le nombre en est illimité, parce qu’il n’y a pas entre ces ordres une ligne de démarcation tracée comme une barrière, et qu’ainsi on peut multiplier oa restreindre les divisions à volonté; cependant, si on considère les caractères généraux, on peut les réduire à trois principaux. »
« On peut placer au premier rang ceux qui sont arrivés à la perfection : les purs Esprits; ceux du second ordre sont arrivés au milieu de l’échelle : le désir du bien est leur préoccupation. Ceux du dernier degré sont encore au bas de l’échelle : les Esprits imparfaits. Ils sont caractérisés par l’ignorance, le désir du mal et toutes les mauvaises passions qui retardent leur avancement. »
98. Les Esprits du second ordre n’ont-ils que le désir du bien; ont-ils aussi le pouvoir de le faire?
« Ils ont ce pouvoir suivant le degré de leur perfection : les uns ont la science, les autres ont la sagesse et la bonté, mais tous ont encore des épreuves à subir. »
99. Les Esprits du troisième ordre sont-ils tous essentiellement mauvais?
« Non, les uns ne font ni bien ni mal ; d’autres, au contraire, se plaisent au mal et sont satisfaits quand ils trouvent l’occasion de le faire. Et puis il y a encore les Esprits légers ou follets , plus brouillons que méchants, qui se plaisent plutôt à la malice qu’à la méchanceté, et qui trouvent leur plaisir à mystifier, et à causer de petites contrariétés dont ils se rient. »
Échelle spirite.
100. Observations préliminaires. — La classification des Esprits est basée sur le degré de leur avancement, sur les qualités qu’ils ont acquises, et sur les imperfections dont ils ont encore à se dépouiller. Cette classification, du reste, n’a rien d’absolu; chaque catégorie ne présente un caractère tranché que dans son ensemble; mais d’un degré à l’autre la transition est insensible, et, sur les limites, la nuance s’efface comme dans les règnes de la nature, comme dans les couleurs de l’arc-en-ciel, ou bien encore comme dans les différentes périodes de la vie de l’homme. On peut donc former un plus ou moins grand nombre de classes, selon le point de vue sous lequel on considère la chose. Il en est ici comme dans tous les systèmes de classifications scientifiques; ces systèmes peuvent être plus ou moins complets, plus ou moins rationnels, plus ou moins commodes pour l’intelligence ; mais, quels
DES ESPlllTS.
qu’ils soient, ils ne changent rien au fond de la science. Les Esprits interrogés sur ce point ont donc pu varier dans le nombre des catégories, sans que cela tire à conséquence. On s’est armé de cette contradiction apparente, sans réfléchir qu’ils n’attachent aucune importance à ce qui est purement de convention ; pour eux la pensée est tout : ils nous abandonnent la forme, le choix des termes, les classifications, en un mot les systèmes.
Ajoutons encore cette considération que l’on ne doit jamais perdre de vue, c’est que parmi les Esprits, aussi bien que parmi les hommes, il en est de fort ignorants, et qu’on ne saurait trop se mettre en garde contre la tendance à croire que tous doivent tout savoir parce qu’ils sont Esprits. Toute classification exige de la méthode, de l’analyse, et la connaissance approfondie du sujet. Or, dans le monde des Esprits, ceux qui ont des connaissances bornées sont , comme ici-bas les ignorants , inhabiles à embrasser un ensemble, à formuler un système ; ils ne connaissent ou ne comprennent qu’imparfaitement toute classification quelconque ; pour eux, tous les Esprits qui leur sont supérieurs sont du premier ordre, sans qu’ils puissent apprécier les nuances de savoir, de capacité et de moralité qui les distinguent, comme parmi nous un homme brut à l’égard des hommes civilisés. Ceux même qui en sont capables peuvent varier dans les détails selon leur point de vue, surtout quand une division n’a rien d’absolu. Linnée, Jussieu, Tournefort, ont eu chacun leur méthode, et la botanique n’a pas changé pour cela; c’est qu’ils n’ont inventé ni les plantes, ni leurs caractères ; ils ont observé les analogies d’après lesquelles ils ont formé les groupes ou classes. C’est ainsi que nous avons procédé ; nous n’avons inventé ni les Esprits ni leurs caractères; nous avons vu et observé, nous les avons jugés à leurs
paroles et à leurs actes, puis classés par similitudes, en nous basant sur les données qu’ils nous ont fournies.
Les Esprits admettent généralement trois catégories principales ou trois grandes divisions. Dans la dernière, celle qui est au bas de l’échelle, sont les Esprits imparfaits, caractérisés par la prédominance de la matière sur l’esprit et la propension au mal. Ceux de la seconde sont caractérisés par la prédominance de l’esprit sur la matière et par le désir du bien : ce sont les bons Esprits. La première enfin comprend les purs Esprits, ceux qui ont atteint le suprême degré de perfection.
Cette division nous semble parfaitement rationnelle et présenter des caractères bien tranchés; il ne nous restait plus qu’à faire ressortir, par un nombre suffisant de subdivisions, les nuances principales de l’ensemble; c’est ce que nous avons fait avec le concours des Esprits, dont les instructions bienveillantes ne nous ont jamais fait défaut.
A l’aide de ce tableau il sera facile de déterminer le rang et le degré de supériorité ou d’infériorité des Esprits avec lesquels nous pouvons entrer en rapport, et, par conséquent, le degré de confiance et d’estime qu’ils méritent; c’est en quelque sorte la clef de la science spirite, car il peut seul rendre compte des anomalies que présentent les communications en nous éclairant sur les inégalités intellectuelles et morales des Esprits. Nous ferons observer, toutefois, que les Esprits n’appartiennent pas toujours exclusivement à telle ou telle classe; leur progrès ne s’accomplissant que graduellement, et souvent plus dans un sens que dans un autre, ils peuvent réunir les caractères de plusieurs catégories, ce qu’il est aisé d’apprécier à leur langage et à leurs actes.
DES ESPRITS