Les Esprits ont-ils des sexes
« Non point comme vous l’entendez, car les sexes dépendent de l’organisation. 11 y a entre eux amour et sympathie, mais fondés sur la similitude des sentiments. »
201. L’Esprit qui a animé le corps d’un homme peut-il, dans une nouvelle existence, animer celui d’une femme, et réciproquement?
« Oui, ce sont les mêmes Esprits qui animent les hommes et les femmes. »
202. Quand on est Esprit, préfère-t-on être incarné dans le corps d’un homme ou d’une femme?
« Cela importe peu à l’Esprit ; c’est suivant les épreuves qu’il doit subir. »
Les Esprits s’incarnent hommes ou femmes, parce qu’ils n’ont pas de sexe; comme ils doivent progresser en tout, chaque sexe, comme chaque position sociale , leur offre des épreuves et des devoirs spéciaux et l’occasion d’acquérir de l’expérience. Celui qui serait toujours homme, no saurait que ce que savent les hommes.
PLURALITE DES EXISTENCES.
Parenté, Alla lion.
203. Les parents transmettent-ils à leurs enfants une portion de leur âme, ou bien ne font-ils que leur donner la vie animale à laquelle une âme nouvelle vient plus tard ajouter la vie morale?
« La vie animale seule, car l’âme est indivisible. Un père stupide peut avoir des enfants d’esprit, et vice versâ. »
204. Puisque nous avons eu plusieurs existences, la parenté remonte-l-elle au delà de notre existence actuelle?
« Cela ne peut être autrement. La succession des existences corporelles établit entre les Esprits des liens qui remontent à vos existences antérieures; de là souvent des causes de sympathie entre vous et certains Esprits qui vous paraissent étrangers. »
205. Aux yeux de certaines personnes, la doctrine de la réincarnation semble détruire les liens de famille en les faisant remonter au delà de l’existence actuelle.
« Elle les étend, mais elle ne les détruit pas. La parenté étant fondée sur des affections antérieures, les liens qui unissent les membres d’une même famille sont moins précaires. Elle augmente les devoirs de la fraternité, puisque, dans votre voisin, ou dans votre serviteur, peut se trouver un Esprit qui a tenu à vous par les liens du sang. »
— Elle diminue cependant l’importance que quelquesuns attachent à leur filiation, puisqu’on peut avoir eu pour père un Esprit ayant appartenu à une tout autre race, ou ayant vécu dans une condition tout autre.
« C’est vrai, mais cette importance est fondée sur l’orgueil ; ce que la plupart honorent dans leurs ancêtres, ce sont les titres, le rang, la fortune. Tel rougirait d’avoir eu
pour aïeul un cordonnier honnête homme, qui se vantera de descendre d’un gentilhomme débauché. Mais quoi qu’ils disent ou fassent, ils n’empêcheront pas les choses d’être ce qu’elles sont, car Dieu n’a pas réglé les lois de la nature sur leur vanité. »
206. De ce qu’il n’y a pas filiation entre les Esprits des descendants d’une même famille, s’ensuit-il que le culte des ancêtres soit une chose ridicule?
« Assurément non, car on doit être heureux d’appartenir à une famille dans laquelle des Esprits élevés se sont incarnés. Quoique les Esprits ne procèdent pas les uns des autres, ils n’en ont pas moins d’affection pour ceux qui tiennent à eux par les liens de la famille, car ces Esprits sont souvent attirés dans telle ou telle famille par des causes de sympathie ou par des liens antérieurs; mais croyez bien que les Esprits de vos ancêtres ne sont nullement honorés du culte que vous leur rendez par orgueil ; leur mérite ne rejaillit sur vous qu’autant que vous vous eflorcez de suivre les bons exemples qu’ils vous ont donnés, et c’est alors seulement que votre souvenir peut nonseulement leur être agréable, mais même leur être utile. »
(Similitudes physiques et momies.
207. Les parents transmettent souvent à leurs enfants une ressemblance physique. Leur transmettent-ils aussi une ressemblance morale?
« Non, puisqu’ils ont des âmes ou des Esprits différents. Le corps procède du corps, mais l’Esprit ne procède pas de l’Esprit. Entre les descendants des races, il n’y a que consanguinité. »
— D’où viennent les ressemblances morales qui existent quelquefois entre les parents et leurs enfants?
« Ce sont des Esprits sympathiques attirés par la similitude de leurs penchants. »
208. L’Esprit des parents est-il sans influence sur celui de l’enfant après sa naissance?
t II en a une très grande; comme nous l’avons dit, les Esprits doivent concourir au progrès les uns des autres. Eh bien ! l’Esprit des parents a pour mission de développer celui de leurs enfants par l'éducation ; c’est pour lui une tâche : s'il y faillit il est coupable. »
209. Pourquoi des parents bons et vertueux donnentils naissance à des enfants d’une nature perverse? autrement dit, pourquoi les bonnes qualités des parents n’attirent-elles pas toujours, par sympathie, un bon Esprit pour animer leur enfant?
« Un mauvais Esprit peut demander de bons parents, dans l’espérance que leurs conseils le dirigeront dans une voie meilleure, et souvent Dieu le leur confie. »
210. Les parents peuvent-ils, par leurs pensées et leurs prières, attirer dans le corps de l’enfant un bon Esprit plutôt qu’un Esprit inférieur?
« Non ; mais ils peuvent améliorer l’Esprit de l’enfant qu’ils ont fait naître et qui leur est confié : c’est leur devoir ; de mauvais enfants sont une épreuve pour les parents. »
211. D’où vient la similitude de caractère qui existe souvent entre deux frères, surtout chez les jumeaux?
« Esprits sympathiques qui se rapprochent par la similitude de leurs sentiments et qui sont heureux d'être ensemble. »
212. Dans les enfants dont les corps sont soudés et qui ont certains organes communs, y a-t-il deux Esprits, autrement dit deux âmes?
« Oui, mais leur similitude n’en fait souvent qu’un à vos yeux. »
L1VKE 11. — CHAP. IV.
213. Puisque les Esprits s’incarnent dans les jumeaux par sympathie, d’où vient l’aversion que l’on voit quelquefois entre ces derniers?
. « Ce n’est pas une règle que les jumeaux n'ont que des Esprits sympathiques; des Esprits mauvais peuvent vouloir lutter ensemble sur le théâtre de la vie. »
214. Que penser des histoires d’enfants se battant dans le sein de la mère?
« Figure! Pour peindre que leur haine était invétérée, on la fait remonter avant leur naissance. Généralement vous ne tenez pas assez compte des figures poétiques. »
215. D’où vient le caractère distinctif que l’on remarque dans chaque peuple?
« Les Esprits ont aussi des familles formées par la similitude de leurs penchants plus ou moins épurés selon leur élévation. Eh bien! un peuple est une grande famille où se rassemblent des Esprits sympathiques. La tendance qu’ont les membres de ces familles à s’unir est la source de la ressemblance qui existe dans le caractère distinctif de chaque peuple. Crois-tu que des Esprits bons et humains rechercheront un peuple dur et grossier? Non; les Esprits sympathisent avec les masses, comme ils sympathisent avec les individus; là ils sont dans leur milieu. »
216. L’homme conserve-t-il, dans ses nouvelles existences, des traces du caractère moral de ses existences antérieures?
a Oui, cela peut arriver; mais en s’améliorant il change. Sa position sociale peut aussi n’être plus la même; si de maître il devient esclave, ses goûts seront tout différents et vous auriez de la peine à le reconnaître. L’Esprit étant le même dans les diverses incarnations, ses manifestations peuvent avoir de l’une à l’autre certaines analogies, modi-
fiées, toutefois, par les habitudes de sa nouvelle position, jusqu’à ce qu’un perfectionnement notable ait complètement changé son caractère, car d’orgueilleux et méchant, il peut devenir humble et humain s’il s’est repenti. »
217. L’homme, dans ses différentes incarnations, conserve-t-il des traces du caractère physique îles existences antérieures ?
« Le corps est détruit et le nouveau n’a aucun rapport avec l’ancien. Cependant l’Esprit se reflète sur le corps ; certes, le corps n’est que matière; mais malgré cela il est modelé sur les capacités de l’Esprit qui lui imprime un certain caractère, principalement sur la figure, et c’est avec vérité qu’on a désigné les yeux comme le miroir de l’âme; c’est-à-dire que la figure, plus particulièrement, reflète l’âme; car telle personne excessivement laide a pourtant quelque chose qui plaît quand elle est l’enveloppe d’un Esprit bon, sage, humain, tandis qu’il y a des figures très belles qui ne te font rien éprouver, pour lesquelles même tu as de la répulsion. Tu pourrais croire qu’il n’y a que les corps bien faits qui soient l’enveloppe des Esprits les plus parfaits, tandis que’tu rencontres tous les jours des hommes de bien sous des dehors difformes. Sans avoir une ressemblance prononcée, la similitude des goûts et des penchants peut donc donner, ce qu’on appelle, un air de famille. »
Le corps que revêt l’âme dans une nouvelle incarnation n’ayant aucun rapport nécessaire avec celui qu’elle a quitté, puisqu’elle peut le tenir d’une toute autr souche, il serait absurde de conclure une succession d’existences d’une ressemblance qui n’est que fortuite. Cependant les qualités de l’Esprit modifient souvent les organes qui servent à leurs manifestations, et impriment sur la figure, et même à l’ensemble des manières, un cachet distinctif. C’est ainsi que sous l’enveloppe la plus humble on peut trouver l’expression de la grandeur et de la
dignité, tandis que 6ous l’habit du grand seignenr on voit quelquefois celle de la bassesse et de l’ignominie. Certaines personnes sorties de la position la plus infime prennent sans effort les habitudes et les manières du grand monde, il semble qu’elles y retrouvent leur élément, tandis que d’autres, malgré leur naissance et leur éducation, y sont toujours déplacées. Comment expliquer ce fait autrement que comme un reflet de ce qu’a été l’Esprit?
Idée* Innée*.
218. L’Esprit incarné ne conserve- t~il aucune trace des perceptions qu’il a eues et des connaissances qu’il a acquises dans ses existences antérieures?
« Il lui reste un vague souvenir qui lui donne ce qu’on appelle des idées innées. »
— La théorie des idées innées n’est donc pas une chimère?
« Non , les connaissances acquises dans chaque existence ne se perdent pas ; l’Esprit, dégagé de la matière, s’en souvient toujours. Pendant l’incarnation, il peut les oublier en partie momentanément, mais l’intuition qui lui en reste aide à son avancement; sans cela ce serait toujours à recommencer. A chaque existence nouvelle l’Esprit prend son point de départ de celui où il était resté dans sa précédente existence. »
— Il doit ainsi y avoir une grande connexion entre deux existences successives?
« Pas toujours aussi grande que tu pourrais le croire, car les positions sont souvent bien différentes, et dans l’intervalle l’Esprit a pu progresser. * (216.)
219. Quelle est l’origine des facultés extraordinaires des individus qui, sans étude préalable, semblent avoir l’intuition de certaines connaissances, comme les langues, le calcul, etc.?
PLURALITE DES EXISTENCES.
« Souvenir du passé ; progrès antérieur de l’âme , mais dont lui-même n’a pas la conscience. D’où veux-tu qu’elles viennent? Le corps change, mais l’Esprit ne change pas, quoiqu’il change de vêtement. »
220. En changeant de corps, peut-on perdre certaines facultés intellectuelles, ne plus avoir, par exemple, le goût des arts?
« Oui, si l’on a souillé cette intelligence, ou si l’on en a fait un mauvais emploi. Une faculté peut, en outre, sommeiller pendant une existence, parce que l’Esprit vent en exercer une autre qui n’y a pas de rapport; alors elle reste à l’état latent pour reparaître plus tard. »
221. Est-ce à un souvenir rétrospectif que l’homme doit, même à l’état sauvage, le sentiment instinctif de l'existence de Dieu, et le pressentiment de la vie future?
« C’est un souvenir qu’il a conservé de ce qu’il savait comme Esprit avant d’être incarné; mais l’orgueil étouffe souvent ce sentiment. »
— Est-ce à ce même souvenir que sont dues certaines croyances relatives à la doctrine spirite, et que l’on retrouve chez tous les peuples?
« Cette doctrine est aussi ancienne que le monde ; c’est pourquoi on la retrouve partout, et c’est là une preuve qu’elle est vraie. L’Esprit iucarné, conservant l’intuition de son état d’Esprit, a la conscience instinctive du monde invisible, mais souvent elle est faussée par les préjugés, et l’ignorance y mêle la superstition. »