Les Esprits errants sont-ils heureux ou malheureux
<c Plus ou moins selon leur mérite. Us souffrent des passions dont ils ont conservé le principe, ou bien ils sont heureux selon qu’ils sont plus ou moins démalérialisés. Dans l’état errant, l'Esprit entrevoit ce qui lui manque pour être plus heureux; c’est alors qu'il cherche les moyens d’y atteindre; mais il ne lui est pas toujours permis de
VIE SPIRITE
se réincarner à son gré, et c’est alors une punition. »
232. A l’état errant, les Esprits peuvent-ils aller dans tous les mondes?
« C’est, selon; lorsque l’Esprit a quitté le corps, il n’est pas, pour cela, complètement dégagé de la matière, et il appartient encore au monde où il a vécu, ou à un monde du même degré, à moins que, pendant sa vie, il ne se soit élevé, et c’est là le but auquel il doit tendre, sans cela il ne se perfectionnerait jamais. 11 peut cependant aller dans certains mondes supérieurs, mais alors il y est comme étranger; il ne fait pour ainsi dire que les entrevoir, et c’est ce qui lui donne le .désir de s’améliorer pour être « digne de la félicité dont on y jouit, et pouvoir les habiter plus lard. »
233. Les Esprits déjà épurés viennent -ils dans les mondes inférieurs?
« Ils y viennent souvent afin de les aider à progresser, sans cela ces mondes seraient livrés à eux-mêmes sans guides pour les diriger. *
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234. Existe-t-il, comme cela a été dit, des mondes qui servent aux Esprits errants de stations et de points de repos?
« Oui, il y a des mondes particulièrement affectés aux êtres errants, mondes dans lesquels ils peuvent habiter temporairement; sortes de bivouacs, de camps pour se reposer d’une trop longue erraticité, état toujours un peu pénible. Ce sont des positions intermédiaires parmi les autres mondes, graduées suivant la nature des Esprits qui peuvent s’y rendre, et ceux-ci jouissent d’un bien-être plus ou moins grand. »
— Les Esprits qui habitent ces mondes peuvent-ils les quitter à volonté’/
« Oui, les Esprits qui se trouvent dans ces mondes peuvent s’en détacher pour aller où ils doivent se rendre. Figurez-vous des oiseaux de passage s’abattant sur une île, en attendant d’avoir repris des forces pour se rendre à leur destination. »
235. Les Esprits progressent-ils pendant leurs stations dans les mondes transitoires?
« Certainement ; ceux qui se réunissent ainsi , c’est dans le but de s’instruire, et de pouvoir plus facilement obtenir la permission de se rendre dans des lieux meilleurs, et parvenir à la position qu’obtiennent les élus. »
236. Les mondes transitoires sont-ils perpétuellement, et par leur nature spéciale, affectés aux Esprits errants?
« Non, leur position n’est que temporaire. »
— Sont-ils en même temps habités par des êtres corporels?
« Non, la surface est stérile. Ceux qui les habitent n’ont besoin de rien. »
— Cette stérilité est-elle permanente, et tient-elle à leur nature spéciale?
« Non, ils sont stériles par transition. »
— Ces mondes doivent alors être dépourvus de beautés naturelles?
« La nature se traduit par les beautés de l’immensité qui ne sont pas moins admirables que ce que vous appelez les beautés naturelles. »
— Puisque l’état de ces mondes est transitoire, notre terre sera-t-elle un jour de ce nombre?
« Elle l’a été. »
— A quelle époque?
« Pendant sa formation. »
VIE SPIRITE
Rien n’est inutile dans la nature ; chaque chose a son but, sa destination ; rien n’est vide, tout est habité, la vie est partout. Ainsi pendant la longue série des siècles qui se sont écoulés avant l’apparition de l’homme sur là terre, durant ces lentes périodes de transition attestées par les couches géologiques, avant même la formation des premiers êtres organiques, sur cette masse informe, dans cet aride chaos où les éléments étaient confondus, il n’y avait pas absence de vie; des êtres qui n’avaient ni nos besoins, ni nos sensations physiques y trouvaient un refuge. Dieu a voulu que, même dans cet état imparfait, elle servit à quelque chose. Qui donc oserait dire que, parmi ces milliards de mondes qui circulent dans l’immensité, un seul, un des plus petits, perdu dans la foule, eût le privilège exclusif d’être peuplé? Quelle serait donc Futilité des autres? Dieu ne les aurait-il faits qu’en vue de récréer nos yeux? Supposition absurde, incompatible avec lasagesse qui éclate dans toutes ses œuvres, et inadmissible quand on songe à tous ceux que nous ne pouvons apercevoir. Personne ne contestera qu’il y a dans cette idée des mondes encore impropres à la vie matérielle, et pourtant peuplés d’êtres vivants appropriés à ce milieu, quelque chose de grand et de sublime, où se trouve peut-être la solution de plus d’un problème.
Perception», sensation» et souffrance» des Esprits.
237. L’âme, une fois dans le monde des Esprits, a-t-elle encore les perceptions qu’elle avait de son vivant ?
« Oui, et d’autres qu’elle ne possédait pas, parce que son corps était comme un voile qui les obscurcissait. L’intelligence est un attribut de l’Esprit, mais qui se manifeste plus librement quand il n’a pas d’entraves. »
238. Les perceptions et les connaissances des Esprits sont-elles indéfinies; en un mot, savent-ils toutes choses?
« Plus ils approchent de la perfection, plus ils savent; s’ils sont supérieurs, ils savent beaucoup; les Esprits inférieurs sont plus ou moins ignorants sur toutes choses. »