‹ Philosophie spiritualisteChapitre 70 sur 181 · Les Esprits conservent-ils le souvenir des souf · texte numérisé non relu

Les Esprits conservent-ils le souvenir des souf

frances qu’ils ont endurées pendant leur dernière existence corporelle?

« Souvent ils le conservent, et ce souvenir leur fait mieux sentir le prix de la félicité dont ils peuvent jouir comme Esprits. »

313. L’homme qui a été heureux ici-bas regrette-t-il ses jouissances quand il a quitté la terre ?

« Les Esprits inférieurs seuls peuvent regretter des joies qui sympathisent avec l’impureté de leur nature et qu’ils expient par leurs souffrances. Pour les Esprits élevés, le bonheur éternel est mille fois préférable aux plaisirs éphémères de la terre. »

Tel l’homme adulte qui méprise ce qui faisait les délices de son enfance.

314. Celui qui a commencé de grands travaux dans un but utile, et qu’il voit interrompus par la mort, regrettet-il, dans l’autre monde, de les avoir laissés inachevés?

« Non, parce qu’il voit que d’autres sont destinés à les terminer. Au contraire, il tâche d’influencer d’autres Esprits humains à les continuer. Son but, sur la terre, était le bien de l’humanité ; ce but est le môme dans le monde des Esprits. »

315. Celui qui a laissé des travaux d’art ou de littérature conserve-t-il pour ses œuvres l’amour qu’il avait de son vivant?

« Selon son élévation, il les juge à un autre point de vue, et souvent il blâme ce qu’il admirait le plus. »

316. L’Esprit s’intéresse-t-il encore aux travaux qui se font sur la terre, au progrès des arts et des sciences?

« Cela dépend de son élévation ou de la mission qu’il peut avoir à remplir. Ce qui vous parait magnifique est souvent bien peu de chose pour certains Esprits; ils l’ad-

VfE SPIRITE.

mirent, comme le savant admire l’ouvrage d’un écolier. 11 examine ce qui peut prouver l’élévation des Esprits incarnés et leurs progrès. »

317. Les Esprits, après la mort, conservent-ils l’amour de la patrie?

« C’est toujours le même principe: pour les Esprits élevés la patrie c’est l’univers 5 sur la terre, elle est où ils ont le plus de personnes sympathiques. »

La situation des Esprits et leur manière de voir les choses varient à l’infini en raison du degré de leur développement moral et intellectuel. Les Esprits d’un ordre élevé ne font généralement sur la terre que des séjours de courte durée ; tout ce qui s’y fait est si mesquin en comparaison des grandeurs de l’infini , les choses auxquelles les hommes attachent le plus d’importance sont •si puériles à leurs yeux, qu’ils y trouvent peu d’attraits, à moins qu’ils n’y soient appelés en vue de concourir au progrès de l’humanité. Les Esprits d’un ordre moyen y séjournent plus fréquemment, quoiqu’ils considèrent les choses d’un point de vue plus élevé que de leur vivant. Les Esprits vulgaires y sont en quelque sorte sédentaires, et constituent la masse de la population ambiante du monde invisible; ils ont conservé à peu de chose près les mêmes idées, les mêmes goûts et les mêmes penchants qu’ils avaient sous leur enveloppe corporelle; ils se mêlent à nos réunions, à nos affaires, à nos amusements, auxquels ils prennent une part plus ou moins active, selon leur caractère. Ne pouvant satisfaire leurs passions, ils jouissent de ceux qui s’y abandonnent et les y excitent. Dans le nombre, il en est de plus sérieux qui voient et observent pour s’instruire et se perfectionner.

318. Les idées des Esprits se modifient-elles dans l’état d’esprit?

« Beaucoup; elles subissent de très grandes modifications à mesure que l’Esprit se dématérialise; il peut quelquefois rester longtemps dans les mêmes idées, mais peu à peu l’influence de la matière diminue, et il voit les choses plus clairement; c’est alors qu’il cherche les moyens de s’améliorer. »

319. Puisque l’Esprit a déjà vécu de la vie spirite avant son incarnation, d’où vient son étonnement en rentrant dans le inonde des Esprits?

« Ce n’est que l’effet du premier moment et du trouble qui suit le réveil ; plus tard il se reconnaît parfaitement à mesure que le souvenir du passé lui revient, et cjue s’efface l’impression de la vie terrestre. ® (163 et suiv.)

Commémoration des morts. Funérailles.

320. Les Esprits sont-ils sensibles au souvenir de ceux qu’ils ont aimés sur la terre?

« Beaucoup plus que vous ne pouvez le croire; ce souvenir ajoute à leur bonheur s’ils sont heureux; et s’ils sont malheureux, il est pour eux un adoucissement. »

321. Le jour de la commémoration des morts a-t-il quelque chose de plus solennel pour les Esprits? Se préparent-ils à venir visiter ceux qui doivent aller prier sur leurs dépouilles?

« Les Esprits viennent à l’appel de la pensée ce jour-là comme les autres jours. »

— Ce jour est-il pour eux un rendez-vous auprès de leurs sépultures?

« Ils y sont plus nombreux ce jour-là, parce qu’il y a plus de personnes qui les appellent; mais chacun d’eux n’y vient que pour ses amis, et non pour la foule des indifférents. »

— Sous quelle forme y viennent-ils et comment les verrait-on s’ils pouvaient se rendre visibles ?

« Celle sous laquelle on les a connus de leur vivant. *

322. Les Esprits oubliés et dont personne ne va visiter les tombes y viennent-ils malgré cela, et éprouvent-ils

VIE SPIRITE. 147

un regret de ne voir aucun ami se rappeler à leur mémoire?

■ Que leur fait la terre? on n’y tient que par le cœur. Si l’amour n’y est pas, il n’y a plus rien qui y rattache l’Esprit : il a tout l’univers à lui. »

323. La visite au tombeau procure-t-elle plus de satisfaction à l’Esprit qu’une prière faite chez soi?

« La visite au tombeau est une manière de manifester qu’on pense à l’Esprit absent : c’est l’image. Je vous l’ai dit, c’est la prière qui sanctifie l’acte du souvenir; peu importe le lieu, si elle est dite par le cœur. »

324. Les Esprits des personnes auxquelles on élève des statues ou des monuments assistent-ils à ces sortes d’inaugurations, et les voient-ils avec plaisir?

« Beaucoup y viennent lorsqu’ils le peuvent, mais ils sont moins sensibles à l’honneur qu’on leur fait qu’au souvenir. »

325. D’où peut venir à certaines personnes le désir d’être enterrées dans un endroit plutôt que dans un autre? Y reviennent-elles plus volontiers après leur mort; et cette importance attachée à une chose matérielle est-elle un signe d’infériorité chez l’Esprit?

« Affection de l’Esprit pour certains lieux ; infériorité morale. Que fait un coin de terre plutôt qu’un autre pour l’Esprit élevé? Ne sait-il pas que son âme sera réunie à ceux qu’il aime, quand môme leurs os sont séparés? »

— La réunion des dépouilles mortelles de tous les membres d'une môme famille doit-elle être considérée comme une chose futile?

« Non ; c’est un pieux usage et un témoignage de sympathie pour ceux que l’on a aimés ; si cette réunion importe peu aux Esprits, elle est utile aux hommes : les souvenirs sont plus recueillis. »

326. L’âme, rentrant dans la vie spirituelle, est-elle sensible aux honneurs rendus à sa dépouille mortelle?

« Quand l’Esprit est arrivé déjà à un certain degré de perfection, il n’a plus de vanité terrestre, et comprend la futilité de toutes ces choses ; mais sache bien que souvent il y a des Esprits qui, au premier moment de leur mort matérielle, goûtent un grand plaisir des honneurs qu’on leur rend, ou un ennui du délaissement de leur enveloppe; car ils conservent encore quelques-uns des préjugés d’ici-bas. » -

Page 1