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Comment expliquer la vie intra-utérine

a C’est celle de la plante qui végète. L’enfant vit de la vie animale. L’homme possède en lui la vie animale et la vie végétale, qu’il complète à la naissance par la vie spirituelle. *

355. Y a-t-il, comme l’indique la science, des enfants qui, dès le sein de la mère, ne sont pas nés viables; et dans quel but cela a-t-il lieu?

« Ceci arrive souvent, Dieu le permet comme épreuve, soit pour les parents, soit pour l’Esprit désigné à prendre place. »

356. Y a-t-il des enfants morts-nés qui n’ont point été destinés à l’incarnation d’un Esprit?

« Oui, il y en a qui n’eurent jamais un Esprit destiné pour leur corps : rien ne devait s’accomplir pour eux. C’est alors seulement pour les parents que cet enfant est venu. »

— Un être de cette nature peut-il venir à terme?

c Oui, quelquefois, mais alors il ne vit pas. »

— Tout enfant qui survit à sa naissance a donc nécessairement un Esprit incarné en lui. ?

« Que serait-il sans cela ? ce ne serait pas un être humain. >

357. Quelles sont, pour l’Esprit, les conséquences de l’avortement?

« C’est une existence nulle et à recommencer. »

358. L’avortement factice est-il un crime, quelle que soit l’époque de la conception?

« Il y a toujours crime du moment que vous transgressez la loi de Dieu. La mère, ou tout autre, commettra toujours un crime en ôtant la vie à l’enfant avant sa naissance, car c’est empêcher l’âme de supporter les épreuves dont le corps devait être l’instrument. »

359. Dans le cas où la vie de la mère serait en danger par la naissance de l’enfant, y a-t-il crime à sacrifier l’enfant pour sauver la mère?

« Il vaut mieux sacrifier l’être qui n’existe pas à l’être qui existe. »

360. Est-il rationnel d’avoir pour le fœtus les mêmes égards que pour le corps d’un enfant qui aurait vécu ?

« Dans tout ceci voyez la volonté de Dieu et son ouvrage ; ne traitez donc pas légèrement des choses que vous devez respecter. Pourquoi ne pas respecter les ouvrages de la création, qui sont incomplets quelquefois par la volonté du Créateur? Ceci entre dans ses desseins que personne n’est appelé à juger. »

Facultés morales et Intellectuelles.

361. D’où viennent à l’homme ses qualités morales, bonnes ou mauvaises?

« Ce sont celles de l’Esprit qui est incarné en lui ; plus cet Esprit est pur, plus l'homme est porté au bien. »

— 11 semble résulter de là que l’homme de bien est l’incarnation d’un bon Esprit, et l’homme vicieux celle d’un mauvais Esprit?

« Oui ; mais dis plutôt que c’est un Esprit imparfait, autrement on pourrait croire à des Esprits toujours mauvais, à ce que vous appelez démons. »

362. Quel est le caractère des individus dans lesquels s’incarnent les Esprits follets et légers ?

« Des étourdis, des espiègles, et quelquefois des êtres malfaisants. »

363. Les Esprits ont-ils des passions qui n’appartiennent pas à l’humanité?

« Non , autrement ils vous les auraient communiquées. »

364. Est-ce le même Esprit qui donne à l’homme les qualités morales et celles de l’intelligence?

« Assurément c’est le même, et cela en raison du degré auquel il est parvenu. L’homme n’a pas deux Esprits en lui. »

365. Pourquoi des hommes très intelligents, ce qui annonce en eux un Esprit supérieur , sont-ils quelquefois, en même temps, profondément vicieux?

« C’est que l’Esprit incarné n’est pas assez pur, et l’homme cède à l’influence d’autres Esprits plus mauvais. L’Esprit progresse par une marche ascendante insensible, mais le progrès ne s’accomplit pas simultanément en tous sens; dans une période, il peut avancer en science, dans une autre en moralité. »

366. Que penser de l’opinion d’après laquelle les différentes facultés intellectuelles et morales de l’homme sc-

raient le produit d’autant d’Esprits divers incarnés en lui, et ayant chacun une aptitude spéciale?

« En réfléchissant, on reconnaît qu’elle est absurde. L’Esprit doit avoir toutes les aptitudes; pour pouvoir progresser, il lui faut une volonté unique; si l’homme était un amalgame d’Esprits, cette volonté n’existerait pas, et il n’y aurait point pour lui d’individualité, puisqu’à sa mort tous ces Esprits seraient comme une volée d’oiseaux échappés d’une cage. L’homme se plaint souvent de ne pas comprendre certaines choses* et il est curieux de voir comme il multiplie les difficultés, tandis qu'il a sous la main une explication toute simple et toute naturelle. C’est encore là prendre l’effet pour la cause ; c’est faire pour l’homme ce que les païens faisaient pour Dieu. Ils croyaient à autant de dieux qu’il y a de phénomènes dans l’univers; mais parmi eux les gens sensés ne voyaient dans ces phénomènes que des effets ayant pour cause un Dieu unique. »

Le inonde physique et le monde moral nous offrent sur ce sujet de nombreux points de comparaison. On a cru à l’existence multiple de la matière, tant qu’on s’est arrêté à l’apparence des phénomènes ; aujourd’hui on comprend que ces phénomènes si variés peuvent très bien n’ètre que des modifications d’uno matière élémentaire unique. Les diverses facultés sont des manifestations d’une même cause qui est l’âme, ou de l’Esprit incarné, et non de plusieurs âmes, comme les différents sons de l’orgue sont le produit d’une même espèce d’air, et non d’autant de sortes d’airs qu’il y a de sons. 11 résulterait de ce système que lorsqu’un homme perd ou acquiert certaines aptitudes, certains penchants, ce serait le fait d’autant d’Esprits qui viennent ou qui s’en vont, ce qui ferait de lui un être multiple sans individualité, et par conséquent sans responsabilité. Il est en outre contredit par les exemples si nombreux de manifestations par lesquels les Esprits prouvent leur personnalité et leur identité.

- Influence de rorganlnme.

367. L’Esprit, en s’unissant au corps, s’identifie-t-il avec la matière?

« La matière n’est que l’enveloppe de l’Esprit, comme l’habit est l’enveloppe du corps. L’Esprit, en s’unissant au corps, eqnserve les attributs de la nature spirituelle. »

368. Les facultés de l’Esprit s’exercent-elles en toute liberté après son union avec le corps ?

« L’exercice des facultés dépend des organes qui leur servent d’instrument ; elles sont affaiblies par la grossièreté de la matière. »

— D’après cela, l’enveloppe matérielle serait un obstacle à la libre manifestation des facultés de l’Esprit, comme un verre opaque s’oppose à la libre émission de la lumière?

« Oui, et très opaque. »

On peut encore comparer l'action de la matière grossière du corps sur l’Esprit à «elle d’une eau bourbeuse qui ôte la liberté des mouvements au corps qui s’y trouve plongé.

369. Le libre exercice des facultés de l’âme est-il subordonné au développement des organes?

« Les organes sont les instruments de la manifestation des facultés de l’âme; cette manifestation se trouve subordonnée au développement et au degré de perfection de ces mêmes organes, comme la bonté d’un travail à la bonté de l’outil. »

370. Peut-on induire de l’influence des organes un rapport entre le développement des organes cérébraux et celui des facultés morales et intellectuelles?

« Ne confondez pas l’effet avec la cause. L’Esprit a toujours les facultés qui lui sont propres ; or, ce ne sont pas les organes qui donnent les facultés, mais les facultés qui poussent au développement des organes. »

— D’après cela la diversité des aptitudes chez l’homme lient uniquement à l’état de l’Esprit?

« Uniquement n’est pas tout à fait exact; les qualités de l’Esprit, qui peut être plus ou moins avancé, c’est là le principe; mais il faut tenir compte de l’influence de la matière qui entrave plus ou moins l’exercice de ses facultés. »

L’Esprit, en s’incarnant, apporte certaines prédispositions, et si l’on admet, pour chacune, un organe correspondant dans le cerveau , le développement de ces organes sera un effet et non une cause. Si les facultés avaient leur principe dans les organes, l’homme serait une machine sans libre arbitre, et sans responsabilité de ses actes. 11 faudrait admettre que les plus grands génies, savants, poètes, artistes, ne sont des génies que parce que le hasard leur a donné des organes spéciaux, d’où il suit que, sans ces organes, ils n’auraient pas été des génies, et que le dernier imbécile aurait pu être un Newton , un Virgile ou un Raphaël s’il avait été pourvu de certains organes ; supposition plus absurde encore quand on l’applique aux qualités morales. Ainsi, d’après ce système, saint Vincent de Paul, doué par la nature de tel ou tel organe aurait pu être un scélérat, et il ne manquerait au plus grand scélérat qu’un organe pour être un saint Vincent de Paul. Admettez au contraire que les organes spéciaux, si tant est qu’ils existent, sont consécutifs, qu’ils se développent par l’exercice de la faculté, comme les muscles par le mouvement, et vous n’aurez rien d’irrationnel. Prenons une comparaison triviale à force de vérité. A certains signes physiognomouiques, vous reconnaissez l’homme adonné à la boisson ; sont-ce ces signes qui le rendent ivrogne, ou l’ivrognerie qui fait naître ces signes? On peut dire que les organes reçoivent l’empreinte des facultés.

IdttlUme, folle.

371. L’opinion selon laquelle les crétins et les idiots auraient une âme d’une nature inférieure est-elle fondée?

« Non, ils ont une âme humaine, souvent plus intelligente que vous ne pensez, et qui soulTre de l’insuffisance des moyens qu’elle a pour se communiquer, comme le muet soulTre de ne pouvoir parler. »

372. Quel est le but de la Providence en créant des êtres disgraciés comme les crétins et les idiots?

« Ce sont des Esprits en punition qui habitent des corps d’idiots. Ces Esprits souffrent de la contrainte qu’ils éprouvent, et de l’impuissance où ils sont de se manifester par des organes non développés ou détraqués. »

— 11 n’est donc pas exact de dire que les organes sont sans influence sur les facultés ?

« Nous n’avons jamais dit que les organes fussent sans influence ; ils en ont une très grande sur la manifestation des facultés, mais ils ne donnent pas les facultés ; là est la diftérence. Un bon musicien avec un mauvais instrument ne fera pas de bonne musique, et cela ne l’empêchera pas d’être un bon musicien. »

Il faut distinguer l’état normal de l’état pathologique. Dans l’état normal, le moral surmonte l’obstacle que lui oppose la matière ; mais il est des cas où la matière offre une résistance telle que les manifestations sont entravées ou dénaturées, comme dans l’idiotie et la folie ; ce sont des cas pathologiques, et dans cet état l’àme ne jouissant pas de toute sa liberté, la loi humaine ellemême l’affranchit de la responsabilité de ses actes.

373. Quel peut être le mérite de l’existence pour des êtres qui, comme les idiots et les crétins, ne pouvant faire ni bien ni mal, ne peuvent progresser?

« C’est une expiation imposée à l’abus que l’on a pu faire de certaines facultés; c’est un temps d’arrêt.

— Un corps d’idiot peut ainsi renfermer un Esprit qui aurait animé un homme de génie dans une précédente existence?

« Oui, le génie devient parfois un fléau quand on en abuse. »

La supériorité morale n’est pas toujours en raison de la supériorité intellectuelle, et les plus grands génies peuvent avoir beaucoup à expier; de là souvent pour eux une existence inférieure à celle qu’ils ont déjà accomplie, et une cause de souffrances ; les entraves que l’Esprit éprouve dans ses manifestations sont pour lui comme les chaînes qui compriment les mouvements d’un homme vigoureux. On peut dire que le crétin et l’idiot sont estropiés par le cerveau, comme le boiteux l’est par les jambes, l’aveugle par les yeux.

374. L’idiot, à l’état d’Esprit, a-t-il la conscience de son état mental?

« Oui , très souvent ; il comprend que les chaînes qui entravent son essor sont une épreuve et une expiation. «

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