OBSERVATION X
Observation X de la thèse de Callaiïs,
Meschio François, àgé de 69 ans, fumiste, entré le 12 juin 1896. Salle Lelong, n° 5 bis.
Antécédents héréditaires. — Père et mère morts à un âge avancé ; 4 frères et 3 sœurs bien portants.
Antécédents personnels. — Rien à noter.
Un fils de 38 ans toujours en bonne santé, une fille morte en nourrice.
Le malade entre à l'hôpital le 12 juin 1896.
Il raconte que son membre inférieur gauche est enflé depuis le mois de janvier, ce qui l’a obligé à rentrer à l'hôpital Andral dans le service de M. le Docteur Mathieu, le 17 mars 1896.
Voici les renseignements fournis sur le malade pendant son séjour à Andral.
A son entrée, il monte péniblement les deux étages, soutenu par son fils. Il n'éprouve aucune douleur, aucun trouble digestif, ni anorexie, ni diarrhée, ni constipation. Il ne se plaint que de l'œdème de sa jambe qui s'exagère beaucoup par la marche. Pas de fièvre. A l'examen, facies pâle, œdème de tout le membre inférieur gauhe, surtout marqué au niveau de la cuisse. La pression donne un godet. A droite, quelques cicatrices consécutives à des brûlures survenues il y à 45 ans environ.
Du côté du membre œdématié on sent un cordon veineux au : niveau de l'arcade crurale et au-dessous sur une longueur de 6 à 7
— 51 — es
centimètres ; sur le trajet de ce cordon la peau est rosée et on sent de l'empätement.
Rien au cœur.
Urines normales.
Le toucher rectal ne fait reconnaître aucune lésion du rectum ni de la prostate.
Aux poumons, submatité au sommet gauche et en arrière. avec obscurité de la respiration ; un peu de retentissement de la voix
On prescrit : régime lacté et repos absolu au lit. Néanmoins le malade se lève en cachette et l'æœdème augmente.
10 mai. — I/œdème à diminué peu à peu et finit par disparaitre. On permet au malade de se lever un peu. En montant sur un siège il ressent une vive douleur dans la région inguinale droite et est obligé de se coucher.
12 mai. — On note au membre inférieur droit un œdème sem blable à celui du côté gauche. On ne sent pas decordon veineux et l’on ne trouve rien pour expliquer l’œdème.
12 juin. — Le malade entre à l'hôsital Tenon :; il est sorti Ja veille d’Andral.
L'état est le u.ême qu'au mois de mai: les deux jambes sont æœdématiées jusqu'aux genoux ; rien aux cuisses.
Au niveau de la région inguinaie gauche on voit une circulation collatérale peu marquée.
AUX poumons, submatité au sommet gauche en arrière; respiration rude, et, après la toux, craquements secs. Au sommet droit, en avant, respiration rude et saccadée. Le malade n’a jamais eu d’hémoptysie et ne tousse presque pas. Expectoration peu abondante dans laquelle, à Andral on n’a pas trouvé de bacilles : nous
avons fait plusieurs examens et sommes arrivé au même résultat négatif.
Sensibilité intacte dans tous ses modes.
Réflexes normaux ; pas de troubles trophiques.
Rien du côté des organes des sens. -
La contractilité électrique est diminuée des deux côtés pour les extenseurs des jambes et pour les fléchisseurs de la cuisse ; elle est normale pour les autres musclos.
L'état général du malade est légèrement atteint, il est pâle etanémié, mais a conservé son appétit. Le pouls est à GO, mais faible ; ün donne au malade 0 gr. 50 de caféine par jour et on le maintientau litavecun bandage ouaté compressif des deux jambes.
17 juin. — L'état est le même: l’'œdème semble cependant avoir un peu diminué. Pas de douleurs : il n'y en a du reste Jamais eu de vives.