ORATEUR
Tu sais comme y appuyé des armes de Cassandre, Four monter à ta place, il t*en a fait descendre. \
Factieux orateurs > j*ai fait ce que )*ài dû; J*ai soutenu TEtat^ et vous Tavez perdu.
Jja guerre du pouvoir me promettoit le faite ^ £t la paix vous plaçoit au-dessus de ma téie ; J*ai conseille la paix. Sous mon autorité , Il fut permis de vaincre avec impunité, li'équité rëgoa seule, et dans ces temps prospère^) On n*ëtoit point banni du tombeau de ses pères. Mettant le plus haut prix au sang de nos guerriers. Je n'ai point prodigué ce sang pour des lauriers. Grâce au ciel, j'ai gagné des batailles célèbres, Que ne suivirent point vos oraisons funèbres. Voilà ce que jVrfait, vous qui poussiez Hqs pas Dans les champs de la mort, vous n'y paroissiez pas. Vous osez m^Bccuser ; c^est moi qui v6us accuse (i). O peuple infortuné ! vois qui de nous t'abuse. Par eux Philippe instruit de tes moindres secrets, Lies fit taire ou parler suivant ses intérêts, Philippe y qu'ils aidoient à subjuguer la terre., Te dictoit par leur bouche ou la paix ou la guerre. Organe de la fourbe et de la trahison ,
(i) En prononçant ce dernier hémistiche , il monte sur un tribunal très'peu élevé.
3a PHOCION,
Leur funeste industrie égara ta raison.
D*un autre séducteur aujourd'hui rinfluence
Dëchaiiie contre moi leur vénale éloquence.
Si je succombe aux traits de cet art suborneur,
Je ne perds que la vie , et tu perdras Thonneur.
Celui de Phocion nVst pas en ta puissance ;
Tu peux m'ôter le jour, et non pas Tinnocence.
Citoyens, j*entendrai mon arrêt sans dffroi ;
Car je le crains pour vous beaucoup pluâque pour moi.
Et n'appréhendez pas qu*à votre impatience
Toppose une trop longue et vaine résistance.
Demain , sans plus tarder, je suis pré! ; aujourd'hui ,
Laisses-moi vous offrir un salutaire appui,
Laisse&moi vous sauver des flammes^ du pillage ,
Ecarter de vos murs l'opprobre , Tesclavage ,
Et de ma vie ensuite éteignez le flambeau ;
Je ne demande plus qu*un jour, et qu'un tombeau.