‹ Phocion: tragédie en cinq actes et en versChapitre 25 sur 48 · ACTE m, SGÊNE V, 3fi · texte numérisé non relu

ACTE m, SGÊNE V, 3fi

AGNONIDE.

Il ne trembla jamais, ^

Par ton orcjre on s^assemble.

Tu règnes aujourd'hui sur un peuple abusé ^ Qu*à perdre Phocion ta haine a disposé.

Sa vie est en tes mains. Je le sais. Mais la tienne ,

( lui montrant un poignard. ) Tu ie vois, A^onide ^ est aussi dans la mienne.

AGNONIDE.

Tu peux me Tarracher du droit des assassins.

PaOGION>>.

Sur celle de nîon père as- tu des droits plus saints? Si tu veux échapper au sort le plus funeste , Ainsi qu*un seul moyen , un seul moment te reste : Jure au nom de Pallas, jure par tous les dieux D'oublier à jamais un pix>jet odieux, D*abandonner le cours d*une indigne poursuite^ Jure , ou meurs à Tinstant.

AGNONIDE.

iE(!Oute y et frappe ensuite.

Je voulois de la ville écarter Phocion , Qui m*offen$e, oo me nuit en toute occasion.

Qui m*en feroit bannir s1l en étoit le maître. On sait qu*en même temps j'ai fait assez connoltre Que c*étoit un devoir de respecter des jours Qu'au service public il consacra toujours.

Tu veux trancher 1^ miens. Ton illustre vaillance

A d*un meurtre facile embrassé Tesp^rance.

Agnonide t'attend, et lu peux l'égorger.

Enfonce le poignard ^ sans craitite et sans danger» Pourquoi diffères-tu quand la victime est prête? Achève , frappe donc.

Je ne puis.

AGNONIDE.

Qui t'arrête r

TJ[ne honte insensée. En te perçant le sein Je sauvois Phocion ; tel étoit mon dessein; Tel étoit mon devoir. Une terreur soudaine.

Une indigne terreur me saisit et m'enchaîne»

Je le perds en laissant vivre son ennemi.

Dans un juste projet mon cœur mal affermi ' Se flattoit vainement de Teffort héroïque De braver sans frayeur Fopinion publique.

J*éprouve qu'il n'a pas assez de fermée Pour souffrir un soupçon qui n*est pas mérité ^ Qu*il ne possède point le sublime courage Qui sait se contenter de son propre suffrage. J'épierai cependant tes pas les plus cachés.

Aux jours dé Phocion les tiens sont attachés. Et s*il périt, crois-moi, ta peine sera promptis.^ La crainte de Texil , du trépas , de la honte , Je n*écoute plus rien. Quel que soit mon destin ^ Le tien ne sera pas plus long* temps incertain.

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