ACTE V, SCÈNE IL
Ont ordonne la fin d'une si belle vie.
CHARICLÈS
L*esclave et Tëtranger, sur la place accourus^
Par Tordre du sënat en ëloient disparus.
Avec ce calme heureux qui nait d'une âme pure.
Le héros de la Grèce oppose à Timposture,
Son amour pour les dieux, la patrie et les lois.
Et sa noble indigence, et ses nombreux exploits.
Bientôt en traits de flamme, il peint la calomnie,
Toujours victorieuse ^ ou toujours impunie ,
Et Toraleur jaloux qui brûle d*immoler
Le mërite importun qu'il ne peut ëgaler.
Vous eussiez des rhëteurs vu la troupe insolente
Baisser honteusement leur paupière tremblante.
L'accuse dont ils vont acjhever les destins,
Leur semble un magistrat foudroyant des mutins.
L'innocence triomphe ^ 6 trompeuse victoire !
Le crime avoit ourdi la trame la plus noire.
Des cris séditieux percent de toutes parts ,
Et Ton voit Alexandre au haut de nos remparts.
Votre époux froidement le regarde et s'ëcrip :
« Veut-on suivre pour moi les lois de la patrie,
» Ou me faire périr avec iniquité ? »
Avec justice, a dit ce peuple révolté ,
Qui , loin d'être effrayé de la grandeur du crime,
Dévore avec orgueil celte Illustre victime.
Ce meurtre solennel fait pâlir le sénat.
Ce n'est point un décret , c'est un assassinat.
Là ne s'arrête polatla fureur populaire :
Celui qui dévouant son existence entière |
Aux travaux du conseil, aux hasards des combats ^ Défendoil la patrie» ou calmoit ses débats, Celui dont le bras seul soutint la république , Phocion , n*aura pas de tombeau dans f Attique»
OLYMPE
Dieux !
CHARICLËS.
Pour comble d'horreur des monstres Inhumains Veulent qu'à la torture on présente ses mains ^ Et déjà s'avançoient....
OLYMPE
Arrête?^ Cette image A déchiré mon âme, et yalnpu mon courage.
Cet afTreux attentat ne s'est pas accompli. \
Le peuple , toutefois, d^allégresse rempli , |
Comme au jour fortuné d'une illustre conquête ^ De myrtes et de jQeurs se couronne i^ tète.
Voire époux ne répond à ^on inimitié Que par un long regard où se peint la pitié.
On Tentraine. Nos pleurs inondent ^on passage, Et la sérénité règne sur son visage.
Il s*avauce où Taltend le breuvage mortel, Non comme une victime amenée a l'autel , Mais ainsi qu'il oiarcholt lorsque, pleins de sa g}oir6, Nos murs retentissaient du bruit de la victoire,