‹ Phosphorides cutanées: Contribution expérimentale à l'étude de cette affectionChapitre 23 sur 25 · PATES · texte numérisé non relu

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On peut donc dire que des précautions furent prises ; mais il est bien évident qu’elles ne furent pas suffisantes, puisque deux cas sérieux de dermite ont pu être observés.

Il semble qu’on aurait dû complètement isoler le « moulin ». Une opération plus néfaste encore pour l’ouvrier est celle qui consiste à mettre le sesquisulfure de phosphore en bidon, à le peser et à procéder à un dernier tassement. Remplacer la main-d'œuvre par des procédés mécaniques serait évidemment une solution idéale ; devant l’impossibilité de cette réalisation, il semble qu'on pourrait obtenir un isolement des poussières par des appareils clos (hottes, châssis, avec ouverture pour les maïns) permettant ainsi de réaliser avec ün minimum de danger, l’opération de l’embarrillage et d’entraîner les poussières dans des cheminées d’aspiration menant à des collecteurs de poussières dont les modèles sont nombreux (recueille-poussières de Jouany, de Maniguet, cyclone Ransone, Sturtevant, etc.).

L’ouvrier devrait posséder une combinaison absolument close, bien ajustée aux poignets, aux chevilles et même au cou. Si les accidents oculaires devenaient plus nombreux, il faudrait, en outre, prescrire des lunettes à coquille.

Malgré toutes ces précautions, de nouvelles dermites de ce genre pouvant surgir, il importe de savoir comment traiter cette affection.

Il faudra tout d’abord prescrire l’interruption du travail et le repos. Contre les conjonctivites, on instituera, dès la première heure, un traitement local qui

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consistera dans un lavage soigné de la conjonctive, avec de l’eau boriquée tiédie, suivi de linstillation d’un collyre au bicarbonate de soude dans le cul-desac ou de son application avec un pinceau sous les paupières retournées.

On évitera, pour lutter contre ces éruptions cutanées, les applications de corps gras qui, nous l’avons vu, favorisent la production des lésions. On s’en tiendra aux oxydants doux additionnés d’alcalins non caustiques. MM. Nicoras, GATÉ et ROUSSET ont em-

ployé avec succès la solution suivante :

Permanganate de potasse ........ 2 gs PiICArbOnAlG Aer Sonde ER CMETA 25 gs PTS RD ne D ee net 1.000 cc.

On peut également faire des applications de chlorure de chaux bien sec. IT importe enfin de lutter contre la douleur par une thérapeutique analgésiante, de favoriser la diurèse et de surveiller l’état général.

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Conclusions

1. — Le sesquisulfure de phosphore, utilisé dans la fabrication des nouvelles allumettes, est susceptible de déterminer, chez les ouvriers qui le manipulent, en dehors de conjonctivites fréquentes, une dermatose assez spéciale, qu'ont décrite les premiers MM. J. Nicozas, J. GATÉ et J. RoUssET.

2. — Il s’agit d’une dermatose d’abord localisée aux parties découvertes, puis rapidement diffuse. Sur un fond d’érythème se développe une multitude de vésiculettes qui, rapidement, deviennent des pustules par transformation purulente de leur contenu. Par endroits, les téguments ont un aspect nécrotique, gangréneux. Les muqueuses sont congestives. La douleur est de règle, la soif est intense. Rapidement, en vingtquatre heures, les pustulettes se vident de leur contenu et la desquamation s’amorce. La dermatose tourne ainsi à l’érythrodermie exfoliatrice généralisée, qui dure plusieurs jours, avec, en fin de compte,

restitutio ad integrum complète.

3. — Des analyses chimiques qu’ils ont pratiquées avec M. Morerz, MM. Nicoras, GATÉ et ROUSSET concluent à la présence d’une quantité notable des com-

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posés phosphorés dans l’épiderme desquamé et à l'élévation du taux de ceux-ci dans les urines.

4, — MM. Nicoras, GATÉ et ROUSSET ont pu, par application sur la peau saine, dans des conditions variées, de sesquisulfure de phosphore, reproduire chez l’homme sain des lésions absolument superposables à celles constatées en clinique.

5. — Les auteurs ont étudié, au point de vue anatomo-pathologique, les lésions déterminées par le

sesquisulfure de phosphore au niveau des téguments.

6. — Ces différentes recherches (chimiques, expérimentales, anatomo-pathologiques), leur ont permis d'étudier le problème de la pathogénie des phosphorides cutanées et d'envisager d’une façon rationnelle la prophylaxie et le traitement de cette dermite professionnelle.

7. — Nos recherches personnelles ayant pour objectif la reproduction expérimentale chez l’animal des lésions cutanées déterminées chez l’homme par le sesquisulfure de phosphore, ont consisté dans l’application locale et dans des conditions expérimentales variées, de ce produit, sur le tégument de divers animaux :

a) Chez le lapin, par application du produit sur la peau épilée, on obtient un érythème rapide avec, au bout de quelques jours, épaississement de la peau et desquamation. Il y a de plus, au niveau du point d'application, une repousse plus rapide et plus intense des poils que dans les points voisins,

Le mélange du produit à un corps gras (huile d'olive), son application en milieu humide, ne modifient pas sensiblement les résultats.

b) Chez le cheval (produit sec, produit mélangé à un corps gras, produit en milieu humide), pas de réaction cutanée appréciable au moins immédiate. Ce n’est qu’au bout de 27 jours, l’application n’ayant duré que 24 heures, qu’on constate un épaississement des téguments avec desquamation par larges squames. En augmentant la durée de contact du produit (4 à 6 jours), on obtient une réaction cutanée plus rapide (13 à 8 jours).

c) Sur le cobaye, résultats plus rapides (48 heures à 3 jours). Il s’agit ici d’un érythème suivi de desquamation. L’humidité paraît activer les lésions.

De toute façon, comme chez l’homme, la durée d'application chez tous les animaux en expérience, l'addition de corps gras et d’eau chez le cobaye, paraissent intervenir dans la rapidité et l'intensité des réactions cutanées ; mais les téguments des animaux expérimentés restent bien moins sensibles que la peau humaine au sesquisulfure de phosphore et les lésions réalisées restent toujours discrètes.

i Va : LE PRÉSIDENT DE LA THÉSF,

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