ROLES RESPECTIFS DE LA GRAVURE
papiers et produits industriellement préparés, de telle sorte que le travail mécanique soit pour lui aussi réduit, aussi simplifié que possible. Il faut qu'il puisse obtenir les résultats qu'il désire sans machines spéciales coûteuses et embarrassantes, sans une difficulté opératoire trop grande, sans qu'il lui soit nécessaire d'une longue expérience des procédés pour atteindre à une grande habileté dans l'exécution, toutes choses requises par l'art de la gravure, qu'elle soit ou non héliographique.
Admettons, en effet, qu'il soit simple et aisé d'obtenir une planche parfaite sur cuivre et qu'il n'y ait plus qu'à tirer les épreuves : peut-on le faire soi-même, chez soi? Non, il faut nécessairement recourir à un imprimeur, et encore tout imprimeur n'est-il pas en état de tirer toute gravure ; il y a peu d'ouvriers capables d'exécuter ce travail avec toute la perfection désirable, et la province surtout en est fort dépourvue. C'est là déjà une grande considération, quand on songe que les héliogravures, par leur peu de profondeur et l'absence de traits, présenteront toujours une trèsgrande difficulté à l'encrage.
Mais il est d'autres motifs pour désirer à côté de la gravure héhographique un autre procédé stable plus facile, ce sont :
L'inutilité de se livrer à toutes les opérations délicates de la transformation en cliché galvanoplastique d'un cliché sur glace dont on n'aurait que quelques épreuves à tirer ;
La difficulté encore trop grande d'arriver à l'obtention d'une planche sur cuivre bonne au tirage, même pour des images où il n'y a que du trait.
Ces motifs sont suffisants pour appuyer notre conviction, que l'on doit laisser la gravure héliographique aux hommes spéciaux, et pousser à la vulgarisation d'une méthode pratique qui, tout en fournissant des images d'une égale stabilité, n'exige ni outillage coûteux et encombrant, ni notions scientifiques très-étendues, ni longue expérimentation des procédés, ni obligation de recourir à des ouvriers spéciaux et d'une habileté rare ; d'une méthode qui, quoique encore imparfaite pour certaines applications, n'en fournisse pas moins, pour d'autres, des résultats immédiats très-beaux, plus beaux même que ceux que l'on obtiendrait sur papier positif au chlorure d'argent.
C'est pourquoi, tout en faisant des vœux ardents pour le progrès de la gravure héliographique, nous croyons utile de recommander l'étude et la pratique des procédés d'impression directe que nous avons décrits, avec4;ousles détails possibles, dans ce traité.