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PRÉPARATION DU PAPIER POSITIF

§ 15. — Faites d'abord une solution salée dans les proportions suivantes :

Hydrochlorate d'ammoniaque. o gr.

Eau distillée 100

Mettez 4 à 5 millimètres d'épaisseur de cette solution dans un plateau.

Faites ensuite une autre solution d'argent contenant :

§ 1 6. — Azotate d'argent fondu blanc. 1 5 gr. Eau distillée 100

Vous en verserez dans un autre plateau la même épaisseur.

Ayez du papier un peu épais, 1 5 kilogr. la rame, que vous avez préalablement coupé à grandeur con-

venable et choisi exempt de taches de fer et d'impuretés.

Choisissez-en l'envers, et le marquez d'une croix. On le reconnaît facilement; c'est le côté qui porte sur la toile métallique servant à sa fabrication , et dont la trame reste imprimée dessus. Cette trame se voit en regardant le papier à un jour frisant.

Le meilleur papier pour cette opération est celui des frères Canson. — Le papier anglais est moins bon, et ne doit être employé que lorsqu'on veut obtenir des tons rouges.

Placez d'abord Tendroit du papier sur le bain de chlorure de manière qu'il ne passe pas de liquide sur l'envers, et l'y laissez 2 à 4 minutes ; puis, vous l'asséchez entre plusieurs feuilles de papier buvard rose, en frictionnant avec la main.

Préparez ainsi trois feuilles avant de commencer à les mettre sur le bain d'azotate d'argent, afin que toute trace d'humidité soit bien enlevée.

Vous prenez alors la première feuille préparée, et avec un gros blaireau un peu dur vous frottez le côté salé pour enlever toutes les impuretés qui pourraient y adhérer.

Je préfère le papier buvard rose ou blanc , parce qu'il me permet de voir les parties qui s'en sont détachées et de les enlever.

Mettez alors cette feuille sur l'azotate d'argent, du

côté salé seulement , et l'y laissez le temps de préparer une autre feuille sur le sel.

En laissant peu de temps sur l'azotate d'argent, on obtient des tons rouges ; en prolongeant au contraire son action, on a des tons plus noirs.

On égoutte ensuite le papier , et on le fait sécher en pendant par un angle.

Cette préparation doit être faite dans l'obscurité, à la lumière d'une bougie seulement.

Il faut avoir soin que le papier positif soit bien sec avant de mettre un cliché dessus , ce qui le perdrait en le tachant d'azotate d'argent.

Il vaut donc mieux préparer ce papier le soir pour s'en servir le lendemain. Si on le prépare au moment, il faut le bien sécher avec une lampe à espritde-vin.

Il ne faut pas non plus en préparer pour plus de huit jours à l'avance, le temps le faisant noircir, même dans l'obscurité.

Si on a un grand nombre d'épreuves positives à faire, on peut accélérer la préparation du papier positif en faisant d'abord subir au papier le bain de sel et laissant sécher en suspendant par un angle.

Cette opération peut se faire d'avance; quand il Ta subie, le papier peut se conserver très-longtemps avant de recevoir le bain d'azotate d'argent.

Dans ce , cas il est bon de ne mettre que 4 pour i 00 de sel dans le premier bain d'eau salée. Le bain

d'argent reste le même, et ne se donne que quelques heures avant de se servir du papier (1).

(1) Dans les jours de mauvais temps, on peut aussi employer le papier négatif non ciré et sec pour tirer les positifs. Une pose de quelques secondes au soleil et d'une minute à l'ombre suffit. L'épreuve se développe à l'acide gallique acidulé d'acide acétique , et se fixe à l'hyposultite de soude ayant servi aux positiveh.

L'image obtenue par ce dernier moyen est d'un ton roux; on la fait passer au ton noir en la soumettant à un bain de chlorure d'or acide (eau, 1,000 gr.; chlorure d'or, i gr.; acide chlorhydrique, 25 gr.}. En énonçant ce procédé, M. Blanquart-Evrard n'a pas indiqué cette dernière opération, qui m'est personnelle, et qui permet d'obtenir des tons plus chauds et plus francs.

Cependant je ne suis pas de l'avis de cet honorable amateur dans les conclusions qu'il tire sur ce procédé.

Je crois qu'il n'y a pas économie sur le procédé ordinaire de tirage, et je crois qu'il faut plus de temps et plus de gens habiles pour arriver à produire un certain chiffre d'épreuves par ce moyen, qui donne incontestablement des produits inférieurs.

Aussi je crois ne devoir en recommander l'emploi que dans des cas où le mauvais temps serait une cause qui rendrait impossible l'autre mode de tirage.

PAPIER POSITIF ALBUMINÉ.

§ 17. — Un des meilleurs services que rende l'albumine à la photographie est sans contredit son application à la préparation du papier positif, auquel elle donne un éclat et une vigueur que Ton peut difficilement obtenir autrement.

Prenez des blancs d'œufs, et vous y ajoutez 4 pour 100 en poids de cristaux de chlorure de sodium, ou mieux d'hydrochlorate d'ammoniaque ; vous les battez en mousse comme précédemment et décantez le liquide après une nuit de repos.

Vous versez de ce liquide dans une bassine, et y préparez d'un coté seulement le papier positif avec la même méthode que pour le papier négatif albuminé § 23, le laissant deux ou trois minutes ; vous le faites sécher, et y passez le fer chaud de la même manière.

Le papier ainsi préparé est extrêmement verni. Si vous désirez obtenir moins de luisant, ajoutez avant

de battre les œufs la moitié ou plus d'eau distillée contenant également cinq pour cent d' hydrochlorate d'ammoniaque.

On peut modifier ainsi à volonté le degré de brillant de l'épreuve. Le dosage de moitié eau , moitié albumine, est excellent ; il donne beaucoup de finesse et de fermeté sans avoir trop l'aspect d'une épreuve vernie, qui est peu artistique.

Il peut se conserver ainsi quelque temps avant d'être terminé sur l'azotate d'argent.

Ensuite vous mettez ce côté albuminé sur un bain d'azotate d'argent, — 1 5 parties d'azotate en poids contre 1 00 parties d'eau distillée, ■ — et l'y laissez s'imbiber environ 4 à 5 minutes.

Vous le faites sécher, le suspendant par un angle, et vous vous en servez comme du premier papier positif précédemment décrit (§ 16).

Ce papier donne beaucoup de profondeur aux noirs et un grand éclat aux blancs.

En le laissant peu de temps sur l'azotate — une minute environ — et se servant de papier Watman anglais, on obtient des tons rouge pourpré très-harmonieux.

Les papiers Ganson , et en général tous ceux qui contiennent beaucoup d'amidon, donnent des tons noirs.

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