CITRATE DE FER AMMONIACAL
§ 86. — Ce sel s'obtient par la dissolution de limaille de fer pur dans le citrate d'ammoniaque. On laisse digérer la limaille jusqu'à réduction de moitié, on reprend par l'eau, on filtre, puis on évapore jusqu'à siccité. Le résidu est le citrate de fer ammoniacal ; il se présente sous forme de lamelles d'un ton grenat très-intense.
Sa solution dans l'eau, légèrement concentrée, laisse sur le papier une très-petite pellicule sensible à la lumière. Le chlorure d'or, l'azotate d'argent, ou l'acide gallique en solution, développe l'image qui y est formée par la lumière.
Il faut, pour obtenir une copie positive d'un négatif, avec ce papier, de 3 à 4 minutes au soleil.
Ici encore c'est toujours la perte de l'oxygène qui détermine la formation de l'image ; le fer se trouve réduit à un moindre degré d'oxydation, et est précipité en noir par For, l'argent, ou l'acide gallique.
SULFATE DE PROTOXYDE DE FER (FeO. SO^),
(Équivalent 950,0 = Fe 350,0 + 40 400 + S 200.)
§ 87. — Ce sel se trouve en abondance dans le commerce sous le nom de couperose verte ou vitriol vert; mais il est impur. On le puriQe en le redissolvant dans l'eau et faisant bouillir cette dissoluiiou sur de la limaille de fer afin de ramener le sulfate de peroxyde qu'il contient presque toujours à l'état de sulfate de protoxyde, qui seul est convenable pour le développement de l'image sur collodion.
On filtre alors la liqueur, et on fait cristalliser en évaporant et laissant ensuite refroidir : les cristaux que l'on obtient ainsi sont assez purs.
Le sulfate de fer desséché n'est pas d'un aussi bon usage que le cristallisé ; il passe avec trop de facilité à l'état de sulfate de peroxyde.
Dans les laboratoires, on prépare ce produit en
dissolvant du fer pur et divisé dans de l'acide sulfurique étendu. On filtre ensuite la liqueur obtenue, puis on fait cristalliser le sel en évaporant et laissant refroidir.
Il suffira, pour se convaincre de l importance de se servir de ce réactif à l'état de pureté , de savoir que la plus petite quantité de sulfate de peroxyde qui y est contenue suffit pour retarder proportionnellement la sortie de l'image, puisqu'une quantité assez potable de ce dernier sel dans le premier le rend plus propre à fixer l'image qu'à la développer.
Aussi, je recommanderai toujours de mettre quelques gouttes d'acide sulfurique dans la dissolution de ce sel pour empêcher la formation du peroxyde.
SULFATE DE PEROXYDE DE FER (Fe'0% 3S0').
( Équivalent 2500,0 = Fe^ 700 + 0^2 1 200,0 + 600. )
§ 88. — Ce sel se prépare en versant dans une capsule de porcelaine de l'acide nitrique sur du sulfate de protoxyde de fer du commerce ; il est nécessaire de mettre un excès d'acide.
On évapore ensuite sous une cheminée qui ait un bon tirage à cause des vapeurs rutilantes d'acide nitreux qui se dégage; on pousse cette évapora tion jusqu'à siccité, mais non jusqu'à chasser entièrement l'acide nitrique dont la présence est nécessaire pour la solubilité du produit.
Le résidu ainsi obtenu doit avoir une teinte jaune ocreuse; il attire promptement l'humidité de l'air et donne également une solution jaune empâtée.
La solution de ce sel arrête immédiatement l'effet de la lumière sur les épreuves photographiques. Son
usage est surtout excellent pour les épreuves négatives sur coUodion, parce que son effet très-rapide ne retire en rien l'adhérence de la couche de collodion sur le verre.
Je ferai remarquer que son action prolongée finirait par détruire l'image ; quelques secondes seules suffisent.
L'étude de ces deux corps, les sulfates de protoxyde et de peroxyde de fer, qui ne diffèrent entre eux que par quelques atomes d'oxygène de plus, prouve d'une manière bien absolue que la présence de l'oxygène en trop grande abondance nuit à l'action photographique.
Il est par conséquent prouvé par là que plus un sel sensible est privé de son oxygène, plus il augmente de sensibilité.