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AMIDON ET AUTRES MATIÈRES

SERVANT A l'eNCOLLAGE DU PAPIER NÉGATIF.

§ 90. — L'amidon pur dissous dans l'eau bouillante forme l'empois, qui devient insoluble dans l'eau froide après sa dessiccation. Je me sers de cette propriété de l'amidon pour donner un encollage parfait au papier.

L'amidon le plus parfait pour cette opération est celui que j'obtiens par la première cuisson du riz, et qui reste dissous dans l'eau de cuisson. Il contient en même temps des parties glutineuses qui le rendent d'un meilleur effet que celui produit par Tamidondu commerce.

En ajoutant à l'eau de riz décrite au § 6 un tiers de mucilage de graine de lin , on obtient un encollage encore plus fort.

L'amidon a une très-grande affinité pour l'iode,

et lui fait presque toujours abandonner la base à laquelle il se trouve uni. Cette combinaison colore l'amidon en bleu. On se sert de cette propriété pour reconnaître la présence de l'iode dans un liquide.

La cire vierge a pour l'iode à peu près la même affinité.

Une solution chaude de gélatine appliquée sur le papier en même temps que l'iodure et les autres sels laisse un encollage qui ne se redissout pas également à froid.

J'ai indiqué le premier ce mode de préparation en 1849, en donnant la colle de poisson, qui est la gélatine la plus pure.

L'albumine forme aussi un excellent encollage par la propriété qu'elle a de de devenir insoluble par la chaleur (70 degrés environ), par les acides et par Talcool.

L'inuline est aussi d'un excellent emploi pour préparer le papier, c'est une substance amylacée, que l'on extrait d'habitude de la racine d'aunée en faisant bouillir cette racine broyée avec de l'eau distillée et clarifiant avec du blanc d'œuf. L'inuline se dépose par le refroidissement sous la forme d'une poudre blanche. Cette substance étant presque complètement insoluble dans l'eau froide et se dissolvant en grande quantité dans l'eau bouillante forme un excellent encollage en en saturant à chaud la préparation d'iodure de potassium indiquée au § 8,

et y plongeant le papier pendant qu'elle est toute chaude.

L'infusion de racine de réglisse étant très-riche d'une matière sucrée, la glycyrrhizine , qui a la propriété de devenir insoluble par l'acide acétique et les autres acides, peut aussi s'employer au même usage et donner de la rapidité et de la finesse à Tépreuve.

Les résines, le camphre, le gluten fermenté dissous dans l'alcool, forment aussi d'excellents encollages par leur insolubilité dans l'eau.

Le collodion jouit de la même propriété. Cette malière s'obtient en plongeant du coton bien pur et fin dans un mélange de trois parties d'acide sulfurique concentré et deux parties d'azotate de potasse. Après dix minutes de séjour, on lave à grande eau , puis on sèche à une température de 80 degrés au plus. Le produit se dissout en partie dans l'éther contenant 25 pour i 00 d'alcool. Cette solution porte le nom de collodion , et est excellente comme encollage em ployée à l'état de saturation dans l'alcool où on a dissous l'iodure et le cyanure de potassium. Appliqué sur les glaces, le collodion donne un bon résultat pour le portrait (§ 29).

§ 91 . — En principe général, pour qu'un encollage soit parfait pour les papiers photographiques, il faut qu'il puisse se dissoudre dans le même liquide qui contient les préparations préliminaires , et qu'il devienne ensuite par la dessiccation insoluble dans les

autres préparations à subir. L'amidon, l'inuline, la glycyrrhizine , la gélatine, le mucilage de graine de lin, le sucre de lait, le sérum, l'albumine animale et végétale dissous dans l'eau , les résines , le camphre, le gluten fermenté et le coUodion dissous dans l'alcool, jouissant de ces propriétés, se trouvent donc excellents.

La cire vierge, devenant perméable aux liquides après un séjour de quelque temps dans un bain de sels alcalins, forme aussi un des meilleurs encollages, qui , en même temps , n'exclut pas les autres. Elle met le papier dans un état parfait pour recevoir les préparations, et lui permet d'en recevoir l'action pendant un temps très-considérable sans s'altérer ni se désagréger.

Le sucre de lait , que j'ai indiqué le premier depuis fort longtemps, jouit aussi d'une action trèsremarquable sur la formation des noirs de l'épreuve, et est en môme temps un bon encollage.

Le sucre de lait s'obtient en concentrant par la chaleur le petit-lait que l'on obtient dans la fabrication du fromage. La liqueur refroidie et abandonnée à elle-même dépose sur les parois des vases qui la contiennent des cristaux très-durs qui sont par couches épaisses. C'est surtout eu Suisse que se fait la plus grande fabrication de ce sel.

DEXTRINE.

§ 92!. — La dextrine est de l'amidon désagrégé par une dilution très-étendue d'acide sulfnrique, chlorhydrique ou azotique. Cette désagrégation se fait à une température de 100 degrés environ.

La dextrine se trouve à très-bon compte dans le commerce. Je m'en sers pour transporter sur papier les épreuves obtenues sur verre à l'aide du collodion (§ 34) et aussi pour former une colle très-commode pour fixer les épreuves positives sur une feuille de papier blanc. Cette colle est extrêmement bon marché , très-forte , facile à faire à tout moment, et ne se gâte pas. Il suffit pour la préparer de mettre quelques pincées de dextrine dans Feau froide, où elle se dissout parfaitement seule.

On s'en sert aussi pour diviser l'albumine et lui donner un peu de rapidité pour les épreuves négatives; mais il faut en être très-sobre, parce qu'un excès ferait écailler l'albumine.

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