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PRÉPARATION PRÉLIMINAIRE DU PAPIER NÉGATIF

Cette préparation a pour bat de bouclier complètement, par rinlervention de la cire vierge, tous les pores du papier, et de le rendre plus apte à recevoir une réaction égale sous Tinlluence des différentes opérations.

Le papier prend ainsi l'aspect et la fermeté du parchemin, et, après la venue de Timage, il présente l'avantage de n'avoir pas besoin d'être ciré de nouveau pour obtenir l'épreuve positive.

§ 4. — Voici comment il faut s'y prendre pour cette opération : Ayez une grande plaque de doublé d'argent comme pour une épreuve daguerrienne; placez-la sur un trépied horizontalement; puis chauffez-la en promenant dessous une lampe à esprit-devin, ou mieux encore, en la plaçant sur un bainmarie ; puis en même temps avec l'autre main frottez dessus avec un morceau de cire vierge qui se fond.

Quand vous avez une belle couche de cire fon-

due, déposez-y votre papier, dont vous facilitez l'adhérence parfaite à l'aide d'une carte.

Lorsqu'il est bien également imbibé, retirez- le et le placez entre plusieurs feuilles de papier buvard bien égal , sur lesquelles vous passez un fer modérément chaud pour enlever l'excès de cire. Il est très-essentiel que la cire soit enlevée très-également et qu'il n'en reste que dans la texture du papier. Une feuille bien préparée ne doit offrir contre le jour aucun point luisant à sa surface , et doit être parfaitement transparente.

Le degré de chaleur du fer est suffisant lorsqu'une bulle de salive envoyée à sa surface frémit sans s'en détacher. Plus chaud ^ il gâterait la cire et tacherait le papier.

Il faut choisir de préférence pour cette préparation du papier très-mince; celui de Lacroix d'Angoulême et celui de Canson frères d' Annonay, de 6 à 7 kilogr. la rame, sont très-bons.

§ 5. — Une des qualités principales du papier ainsi préparé, outre que sa grande transparence permet d'apercevoir, à travers, les moindres bulles d'air qui peuvent rester entre lui et les préparations, est de permettre aussi de laisser l'épreuve se développer dans l'acide gallique pendant un temps très-considérable sans tacher ni l'épreuve ni l'acide. J'ai laissé ainsi des épreuves trois journées entières sans que rien fut gâté. Mais sa qualité principale est de permettre de préparer le papier à l'acéto-azotate

d'argent d'avance, et de pouvoir ainsi opérer avec un papier sec se conservant bon pendant plusieurs jours.

Cette préparation donne aussi des noirs très-intenses sur des papiers très-minces où l'on ne pourrait pas en obtenir autrement.

Le bain d'iodure de potassium pénètre complètement la cire , et lui retire son aspect graisseux par une sorte de décomposition , ce qui fait que toutes les préparations qui suivent ensuite s'y appliquent parfaitement et très-également. Il est nécessaire de laisser ce papier d'une demi-heure à une heure dans le bain d'iodure, suivant l'épaisseur du papier, afin que la cire soit bien décomposée. Plus le papier est épais, plus il faut de temps.

Après que ce papier a été passé à l'iodure de potassium, il prend une teinte violacée lorsqu'il est complètement sec. Cette teinte, qui est produite par une combinaison de Tiodo avec la cire, loin de nuire, est au contraire très-commode, parce qu'elle donne le temps qu'il convient de laisser le papier sur l'acéto-a2otate d'argent, ce temps étant juste celui nécessaire pour que cette teinte violacée disparaisse.

Les préparations qui vont suivre peuvent s'appliquer indifféremment sur ce papier ciré ou sur des papiers ordinaires. Dans ce dernier cas, il vaut mieux employer des papiers un peu épais, et ne s'en servir que par la voie humide.

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