DÉVELOPPEMENT DE L'IMAGE
§11. — L'image se développe à l'aide de l'acide gallique.
J'ai remarqué qu'il y avait inconvénient à faire la solution d'acide gallique d'avance, et qu'il était rare que l'on conservât ainsi les blancs de l'épreuve.
Je trouve un avantage immense à procéder de la manière suivante :
Je fais diviser mon acide gallique dans des petits paquets de papier de 0,50 centigr. chacun.
Au moment de développer une image , je prends un quart de litre ou un demi-litre de l'eau distillée qui a servi au lavage du papier négatif (§ 8 ), et qui se trouve contenir juste la quantité d'acéto-azotate d'argent qui est nécessaire pour donner une belle épreuve.
Je mets l'une ou l'autre de ces quantités dans une bassine, suivant la grandeur de l'épreuve, et j'y ajoute le contenu d'un ou deux paquets d'acide gallique. J'agite un instant le tout avec un pinceau , puis je plonge complètement, à l'aide du même pinceau, l'épreuve dedans, de manière qu'elle soit entièrement recouverte du liquide des deux côtés.
Il est nécessaire pour avoir une bonne image que le bain d'acide gallique soit abondant, le papier prépàré par cette méthode ayant une certaine difficulté à se recouvrir de liquide, s'il y en a peu.
Les quantités d'acide gallique que je viens d'indiquer sont plus que suffisantes pour bien développer l'image , et m'ont toujours fourni des résultats complets.
La solution d'acide gallique saturée, recommandée d'abord, a l'inconvénient très-grave d'abandonner des cristaux colorés dans la pàle du papier de l'épreuve, par le fait de l'évaporation du liquide pendant le temps du séjour dans le bain.
§ 1 2. — Suivez le développement de Tépreuve, qui s'aperçoit facilement à travers l'épaisseur du papier. Il faut la laisser ainsi de dix minutes à une heure ou deux, et quelquefois plus, jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à sa perfection.
Quand elle est bien vigoureuse , retirez-la promptement et mettez-la sur un autre plateau pour la laver à plusieurs eaux en frottant légèrement le dos avec un doigt pour enlever les dépôts cristallins qui peu-
vent le tacher. Il ne faut pas s'effrayer de la teinte grise que prend l'épreuve cirée pendant son séjour dans l'acide gallique; en transparence cette teinte disparaît, et l'on est étonné de la beauté des blancs et noirs.
Le ton que l'image prend sur l'acide gallique vous fera juger si le temps de l'exposition à la lumière a été convenable.
Si elle devient immédiatement noir gris partout , — examinée en transparence bien entendu , — c'est qu'elle a été exposée trop de temps à la lumière.
Si les grandes lumières, qui doivent être les plus grands noirs du négatif, ne deviennent pas plus foncées que les demi-teintes , l'exposition a encore été trop longue.
Si le temps d exposition a été trop court, au contraire, les lumières seules se marquent faiblement en noir, et l'image finit par ne plus se modifier et s'égalise partout.
Si ce temps a été convenable, on obtient une épreuve superbe, qui doit présenter des contrastes du noir au blanc bien arrêtés et bien transparents.
Une première épreuve peut donc servir à régler le temps de l'exposition à la chambre noire.
J'accélère singulièrement cette opération en chauffant l'acide gallique. J'ai pour cela un petit appareil bien simple.
Il se compose d'une bassine carrée en cuivre pleine d'eau, qu'une lampe à esprit-de-vin tient
entre 30 ou 40 degrés de température; dessus repose mon plateau à acide gallique. J'obtiens ainsi une température bien égale partout.
L'image ainsi obtenue ne serait pas permanente ; il faut la fixer promptement par l'opération suivante après l'avoir d'abord lavée à l'eau.
S'il se forme des taches produites par des dépôts d'oxyde d'argent , on les enlève en versant sur l'épreuve de l'acide acétique pur et en frottant légèrement avec un pinceau.