‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 39 sur 83 · MÉTHODES DIVERSES POUR LES POSITIFS SUR PAPIER · texte numérisé non relu

MÉTHODES DIVERSES POUR LES POSITIFS SUR PAPIER

La préparation du papier positif est très-facile, le tirage de l'épreuve ne présente aucune difficulté sérieuse, et avec quelques précautions, on peut toujours et à coup sûr, arriver k un bon résultat.

Il est bon, toutefois, que le photographe soit suffisamment au fait des propriétés des agents chimiques qu'il emploie, afin qu'il puisse à volonté, les changer, les modifier, les supprimer.

Le sel ordinaire, le chlorure de sodium pur, le sel ammoniac, en un mot, tous les chlorures, ont pour propriété fondamentale de précipiter les solutions des sels d'argent. Quelque faible que soit le bain de sel, quelque faible que soit la proportion de sel dont le papier s'est

imprégné, quelque faibles que puissent être la solution de nitrate d'argent et la couche de chlorure d'argent qui se formera sur la feuille, le papier, ainsi préparé, mis en contact avec le négatif, donnera toujours une épreuve positive ; mais, cette épreuve sera-t-elle dans les conditions vouluesde force, de profondeur, de durée? Bien certainement, non. Quelques auteurs ont conseillé, cependant, des bains de sel d'argent faibles, en recommandant de ne laisser la feuille sur ces bains que deux ou trois minutes. Il nous semblo que c'est là une erreur, surtout si le papier est fort et bien satiné. Le dépôt de sel est, dans ce cas, trop superficiel, et le chlorure d'argent formé se présente lui-même en couche trop faible. Il faut donc immerger la feuille dans le bain de sel, et la laisser assez longtemps pour qu'elle en soit pénétrée, afin que le chlorure d'argent se forme dans la pâte ; ce n'est qu'à cette condition que Ton peut obtenir une bonne impression, des tons riches, et une image durable.

Si le chlorure d'argent est trop superficiel, on a des épreuves faibles, supportant à peine le fixage et s*affaiblissant avec le temps; si, au contraire, le chlorure d'argent a pénétré profondément dans le papier, les épreuves que l'on obtient spnt fortes et indélébiles. En résumé :

Plus il y aura de sel dans le papier (1), dans la proportion établie, plus il se formera de chlorure d'argent; plus il y aura de chlorure décomposé sous l'influence des rayons lumineux, et plus la résistance dans le iixage sera grande. Les bains de chlorure d'or donneront des tons plus beaux, et rendront indéfinie, la durée de l'épreuve.

On peut se convaincre, par l'expérience suivante, qu'une image est d'autant plus belle que la feuille contient plus d'argent. Mouillez plusieurs endroits d'une même feuille avec des solutions de nitrate d'argent, à différents titres, et vous verrez que les parties qui auront été humectées avec les solutions faibles, même lorsqu'elles auraient été longuement et complètement exposées à la lumière directe, conserveront un ton rougeâtre, tandis que les parties baignées des solutions fortes prendront rapidement, d'abord un ton bleu-noir, puis une belle teinte bronze métallique.

C'est principalement sur le papier albuminé que ces divers degrés de sel et d'argent (chlorure d'argent organique) se font plus vivement sentir. Ce beau ton

(1) Il ne faudrait pas exagérer la quantité de sel dans le bain , car un excès se traduirait, dans le bain d'argent, par un petit précipité blanc (chlorure d'argent), et, sur l'image, par des petites taches blanches comme des éraillures faites à coups d'épingle.

bleu-noir, condition indispensable d'une belle image, est très-facile à obtenir par les procédés que nous indiquons; il est très-dilïicile, et presque impossible, d'y arriver avec un papier albuminé peu salé.

Cela nous rejette bien loin de ces procédés prétendus économiques, si vainement préconisés, et qui font encore trop souvent le sujet de ces communications que les journaux accueillent avec tant de faveur.

Les économies mal entendues sont une des plus grandes causes de la non-réussite de certaines opéralions, mais ce n'est pourtant pas, tant s'en faut, la seule et unique cause des insuccès. Certains opérateurs malheureux ne s'expliquent pas leur défaite, dont ils recherchent en vain la cause ; ils sont très-sûrs de leur manière d'opérer, ils ont pesé leur bain avec le plus grand soin. Il n'y a pourtant pas d'effet sans cause; à quoi donc cela tient-il?... Nous avons démontré, à propos du bain d'argent négatif, combien le système d'analyse et de pesage nous semblait défectueux; nous avons la même opinion à l'égard du bain positif. Le pèse-sel, quel qu'il soit, employé pour connaître la quantité de nitrate d'argent contenue dans le bain, n'est applicable qu'aux solutions neuves. Chaque feuille absorbe une. certaine quantité d'argent, et dégage une certaine quantité de soude ; or, comme ce sel exerce

son influence sur la densité générale du bain, il agit sur le pèse-sel lui-même, qui accuse ainsi une quantité de nitrate d'argent double de celle qui est réellement contenue dans le liquide. De plus, le papier albuminé abandonne toujours quelques parcelles d'albumine dans le bain, qui le rougissent, et qui obligent l'opérateur à le clarifier au moyen du kaolin. Cette opération est plus ou moins nécessaire, et doit être plus ou moins répétée, selon la nature du papier albuminé. Dans certains cas, l'albumine est si fortement coagulée, que le bain reste pur pendant fort longtemps. Il en est ainsi, également, quand elle est en cet état dans les conditions d'un bain à 25 ou 30 p. 0/0.

Chaque fois qu'on a clarifié le liquide, il faut ajouter, à cette solution affaiblie, une quantité d'argent équivalente à la perte qu'elle a subie par la préparation di| papier. Chaque feuille, ${+27, absorbant environ un quart de gramme, on pourra enrichir à temps le bain de 200 grammes d'eau et de 40 à 50 grammes de nitrate d'argent. Le titre du bain n'étant pas strictement déterminé, on n'a pas à se préoccuper de savoir s'il est à 15, 20, 25 ou 30 p. 0/0; il suffit de se rendre bien compte de son degré d'acidité ou d'alcalinité.

Les feuilles sensibilisées sur un bain alcalin prennent une copieur jaune presque aussitôt *près leur

uign

préparation; il faut modifier ce bain par deux ou trois gouttes d'acide azotique; les feuilles alors conserveront leur blancheur normale, et acquerront, au virage, un ton bleu-noir des plus harmonieux. Il n'en serait pas ainsi si l'on clarifiait le bain avec la solution concentrée d'acide citrique, qu'on a eu tort de conseiller. Quelques gouttes de cette solution suffiront en effet, pour coaguler et précipiter les parcelles d'albumine en suspension dans le liquide, mais elles produiront des tons rouges que le virage le plus énergique ne pourra modifier. Ces effets se produisent également sous l'influence d'un papier albuminé par une albumine battue avec quelques gouttes d'aeide citrique. Cette addition d'acide citrique a la propriété de donner à l'albumine une telle liquidité, que la feuille de papier peut être mise sur la solution sans plus de danger que si elle fût restée sur un bain d'eau simple, et de laisser à la feuille toute sa blanchir, qu'elle conserve bien plus longtemps que par tout autre procédé ; ce sont là de véritables avantages, mais qui, pourtant, ne compensent point le défaut de donner aux épreuves un ton rouge très choquant.

Nous résumons toutes ces observations, en disant que si la feuille ne prend pas, dans le châssis, un ton rouge-violet, ou violet-bleu, et que, malgré une expo-

sition prolongée, elle persiste dans un ton rouge-brun, l'épreuve virera difficilement dans le bain d or, on n'atteindra même jamais le ton voulu.

Ce ton, qui fait le plus grand mérite de répreuve, ne peut résulter que du concours des conditions suivantes : Cliché bien fait, papier albuminé convenablement salé et bain d'argent légèrement acide, au titre de 15 à 25 p. 0/0.

Un cliché opaque, une albumine salée à 2 p. 0/0, ou un bain d'argent faible, contenant un excès de nitrate de soude, sont autant d'obstacles pour obtenir un ton bleu-noir.

Aujourd'hui, que la préparation du papier albuminé est devenue une véritable industrie, et que le commerce fournit du papier albuminé parfait, il ne serait pas dans les intérêts des opérateurs de leur conseiller de se livrer à cette fabrication ; mais, il n'est pas inutile de leur faire connaître la meilleure méthode pour obtenir ce produit, afin qu'ils puissent être en mesure de bien apprécier les fournitures qui leur en sont faites, ou que, dans un cas de force majeure, ils soient capables de procéder eux-mêmes à Palbuminage.

La grande quantité de ce genre de papier que nous avons expédiée, l'année dernière, à nos clients, nous a naturellement donné l'occasion de faire, à ce sujet, des

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES if.fi

expériences multipliées, si bien que nous pouvons présenter les indications suivantes comme le résultat d'études approfondies.

L'emploi d'une glaire plus ou moins fraîche, ne nous a pas paru exercer une grande influence sur la qualité de l'albumine. Chaque blanc pesant, en moyenne, 30 grammes, nous avons toujours mis un gramme de sel par œuf. Si la plupart des œufs sont gros, il vaut mieux peser et mettre 5 p. 0/0 de sel. Tous les chlorures nous ont donné de bons résultats. Il va sans dire, toutefois, que les plus purs sont les meilleurs. Il est important de ne pas laisser de jaune. Cette matière se traduit, sur l'épreuve, par des taches ayant des couleurs vert bronze mordoré. Quelques germes échappés ne sauraient nuire, absorbés qu'ils seraient dans la mousse.

L'albumine doit être employée vieille, et être filtrée au papier, puis, laissée dans la cuvette destinée à cet usage, pendant plusieurs heures, afin de permettre au liquide de déposer un peu.

Le liquide doit être abondant, afin que la feuille ne vienne pas agiter le fond en laissant retomber le superflu.

L'opérateur, après avoir fait deux cornes au papier, le pose sur la surlace du liquide, en commençant de

son côté, suivant des yeux la ligne quïl trace au mouillage, et continuant ainsi, sans précipitation ni lenteur, afin d'éviter les cloches. S'il s'aperçoit qu'une bulle d'air s'est produite, qu'il se garde de relever la feuille pour la faire disparaître; car, pour éviter ce léger inconvénient, il tomberait dans un défaut irréparable, l'albumine laissant alors des traces, des ondulations d'une double couche. La feuille ne doit rester sur cette solution que tout juste le temps nécessaire pour s'emparer également, sur tous les points de sa surface, du liquide visqueux, c'est l'affaire d'une demi-minute. Un plus long séjour permettrait au liquide de pénétrer le papier, qui serait alors peu brillant, et donnerait des épreuves ternes.

La feuille se relève par les deux cornes. L'opérateur la tend , le plus possible, en écartant les mains, et en soulevant sans précipitation et sans temps d'arrêt. Une fois sortie du bain, il raccroche par les cornes, restées sèches, à deux épingles, recourbées, espacées, et destinées à cet usage. Le liquide qui découle des feuilles pendant le séchage, pouvant encore servir, on dispose des récipients pour le recueillir.

La température du laboratoire doit être, au moins, de 25 degrés, et si même, on a fait chauffer les feuilles avant l'albuminage, l'opération n'en vaut que mieux.

Nous insistons sur ces deux points, et plus particulièrement encore sur la durée du temps que doit rester la feuille sur le bain. Ceux qui ont parlé de deux et même trois minutes, n'ont jamais fait du papier albuminé, et les àlbuffiinistes qui auraient le malheur de prendre au sérieux de pareils conseils, se prépareraient d'amers déboires.

Les ficelles tendues, les lièges minces, ne sont que des engins incommodes, qui aboutissent au coulage. Pour enlever et suspendre la feuille, l'adresse, si nécessaire d'ailleurs, ne suffît pas; 11 faut encore un agencement et uti matériel convenables. Quant à la quantité d'eau à introduire dans l'albumine, un quart (et non me quantité égale, comme l'ont dit certains auteurs), suffit à annihiler le lustre, qui est un des mérites attribués à ce genre de préparations.

En résumé, la main la plus habile et la mieux exercée ne peut guère éviter de gâcher et de faire un rebut assez considérable. Cela explique, du reste, la cherté relative de ce produit, surtout quand le vfcndeur se fait un devoir de ne livrer que des feuilles parfaites, sans lignes, sans cloches, ni coulage.

Avant de nous livrer en grand à cette fabrication, il nous semblait très-facile, en consultant tout ce qu'on avait écrit et tout ce que nous avions dit, nous-mêmes,

m DU PAPIER POSITIF ET DES ÉPREUVES

à ce sujet, d'arriver à un bon résultat. Nous savons une fois de plus la différence de la théorie à la pratique, en voyant ce que cette école nous a coûté.

Nous avons essayé, dans le but de faciliter et de simplifier cette opération, d'obtenir un liquide aussi peu visqueux que l'eau et aussi facile à employer, en introduisant quelques substances dans les blancs d'œufs. L'acide citrique donne bien ce résultat et produit un papier d'un blanc et d'un vernis superbes, mais comme nous l'avons dit également, il a le très-grave inconvénient que les épreuves qui en proviennent, sont d'un ton rouge, que nul virage ne peut modifier. Ce n'était donc pas encore là une véritable solution du problème. Enfin, notre dernière tentative nous a pleinement réussi, et nous sommes heureux de pouvoir l'offrir comme un procédé excellent :

Sur un cent de blanc d'œufs , versez une cuillerée à café de fiel, ajoutez un chlorure quelconque, et battez comme à l'ordinaire. L'aspect de l'albumine n'est plus le même; au lieu d'une mousse blanche et résistante, il se produit seulement une légère mousse de couleur, qui ne monte pas. Dix heures après cette préparation, il arrive que des grumeaux de glaire réduite se trouvent mêlés au liquide légèrement coloré. On a recoure alors à un filtre de papier.

Malgré sa coloration et sa limpidité excessive, cette albumine laisse à la feuille toute sa blancheur, et lui donne un vernis admirable.

Il peut arriver, quel que soit d'ailleurs le mode de préparation de l'albumine et le procédé d'albuminage, que sur l'épreuve, dans l'hyposulfite ou dans l'eau, il se produise une quantité plus ou moins grande de petites cloches, dont la grosseur varie de 2 à 5 millimètres ; il ne faut pas s'en inquiéter. Elles tomberont quand l'épreuve sera sèche, et s'attacheront de nouveau au papier qui n'en conservera aucune trace.

Pendant l'opération du virage, il faut, s'abstenir, rigoureusement, de toucher à l'hyposulfite, dont la moindre parcelle suffit pour produire sur l'épreuve des taches jaunes, sulfureuses, impossibles à détruire.

Nous résumons totit ce qui vient d'être dit, en cette formule :

Blancs d'oeufs frais, ou un peu vieux; (ad libitum).

Sel *à6p. 0/0.

Albumine filtrée au papier.

Déposée dans la cuvette.

Papier sec et chaud ;

Laboratoire à + 25° au moins ;

Baiu légèrement acide (nitrique) à 15 ou 25 0/0 d'argent.

La qualité du papier a également son importance.

Il est évident que toutes les conditions précédemment indiquées étant réunies* on obtiendra toujours un albuminage parfait avec certains papiers, tandis qu'aves d'autre^ !a surface sera teintée, ou peu brillante.

Le papier-saxe, et quelques autres papiers belges et français, quoique de bonne qualité, à un autre point de vue, se teintent et restent peu brillants. Le meilleur papier pour i'albuminage, depuis un an du moins, est le papier Blanchet et Kleber, de Rives.

Après un mois ou deux, le papier albuminé perd un peu de sa blancheur et de sa qualité. Cela tient, sans doute à ce que le sel abandonne peu à peu l'albumine pour se combiner à la pâte du papier. L'albumine, n'étant plus assez riche en sel, forme Sur le bain d'argent un aibuminate trop abondant, qui* au virage, donne des tons noirs durs, moins beaux.

il u tirage des épreuves positives

Le procédé du tirage des épreuves positives est si connu et a été si souvent exposé, que nous aurions pu nous dispenser de revenir sur ce sujet, si nous n'avions sur cé point, comme sur tant d'autres, à signaler de

graves erreurs. Il n'y a pas de petites questions pour un photographe qui a souci de ses œuvres. On a conseilléi tour à tour, l'exposition du cliché au soleil ou

à l'ombre* selon que ce cliché est trop dur ou trop uniforme, Nous serions tenté de donner un conseil inverse. C'est, en effet, le cliché trop uniforme qui aurait besoin d'être surpris^ pour ainsi dire, par les rayons directes du soleil, tandis que le cliché heurté demanderait une lumière diffuse, et même tamisée à travers un verre dépoli. Du reste, ce sont là des suppositions purement gratuites et des conseils stériles. Ce que l'expérience nous apprend, c'est que l'effet est homogène à la cause qui l'engendre, ce que le vulgaire entend fort bien quand il dit : « tel père, tel fils î » Donc à cliché dur» dure épreuve positive; à cliché faible et uniforme, épreuve noire sans détails.

Si vous collez du papier dioptrique derrière le cliché* vous augmentez, au lieu de réduire, le défaut de ce cliché, qui transmet, en outre de ses propres imperfections, le grenu du papier à l'épreuve positive. Cela est d'ailleurs connu depuis l'enfance de la photographie, alors que le cliché était sur papier, et que l'expérience n'avait pas encore consacré toutes nos prescriptions.

Nous ne savons trop dans quelles intentions on a pu dire, à propos du châssis-presse : « Nous préférons un matelas de papier, et, mieux encore, une grosse étoffe de laine feutrée, comme un morceau de

couverture taillée de grandeur, et placée entre deux feuilles de gros buvard, à la double-glace employée par quelques personnes, car le papier pressé entre deux surfaces planes, est forcément plissé, s'il n'est lui-même parfaitement plan. »

N'y a-t-il pas une arrière-pensée dans ces sortes de conseils?... Qui ne sait que le papier est plan ou trèsfacile à rendre tel, quand il se trouve recoquevillé, et que ce n'est que lorsqu'il est humide qu'il peut se plisser entre deux glaces? Quel opérateur n'est convaincu de l'impossibilité d'obtenir une certaine iinesse sur une épreuve positive si le papier n'est pas parfaitement assujéti sur son cliché par deux corps rigides et plans? Personne ne s'aviserait de le tenter, pas plus qu'on n'essaierait de tirer une épreuve à travers l'épaisseur du négatif. Mais, dira-t-on peut-être, il y a, cependant, aujourd'hui des milliers de châssis primitifs qui fonctionnent et qui produisent des millions d'épreuves que le commerce accepte et fait écouler. Nous ne prétendons nullemènt contester la réalité de ce fait, mais il ne nous empêche aucunement de soutetenir qu'une carte de visite et un stéréoscope gagnent cent pour cent à être tirés avec des doubles glaces.

Nous ne pouvons que nous répéter encore dans cette circonstance, et déclarer de nouveau que la première

condition d'une belle épreuve positive, est d'être tirée dans un châssis à doubles glaces, et par une pression uniforme et soutenue ; comme la seconde condition est d'opérer, s'il est possible, avec une belle lumière directe, laquelle décompose mieux la couche sensible, et fait prendre à l'épreuve, lors du virage, des tons plus riches et plus profonds.

N©us recommandons également l'emploi d'un papier salé simple, ou salé et albuminé avec soin, soit 4 ou 5 p. O/O de sel dans l'albumine pure, baigné sur une solution d'argent à environ 20 p. 0/0, pendant quelques minutes. Celte opération doit avoir lieu loin de tout dégagement d'ammoniaque ou d'hydrogène sulfuré, si Ton tient à conserver la couleur et la qfialité première du papier.

Enfin, si à ces conditions réunies, on ajoute une surveillance bien soutenue, on fourra procéder avec la plus grande sécurité au virage et au fixage des épreuves, qui viendront alors sur un ton identique et plus vigoureux que ne le comporte un virage ordinaire. Ces opérations n'exigent pas les soins minutieux qui étaient nécessaires pour la fabrication du négatif, ni la science d'observation requise pour les opérations de cette première partie.

La plus simple et la meilleure méthode à suivre est

m DU TIRAGE DES ÉPREUVES P08ITIVES

de plonger chaque épreuve dans l'eau, k mesure qu'elle sort du châssis. Si l'endroit où le tirage se fait n'est pas à peu près obscur, on aura la précaution de couvrir la cuvette qui les contient. On changera l'eau de demiheure en demi-heure. Pour le virage, on en mettra dans une cuvotte la quantité voulue pour cinq ou six épreuves, que l'on plongera une à une dans ce bain, en ayant soin d'agiter sans cesse la cuvette et de changer les épreuves de position ; sans cette double précaution, le dépôt d'or s'effectuerait par places, les épreuves courraient grand risque d'être bicolores. L'opération marche plus rapidement dans un laboratoire chaud, mais il faut toujours attendre que répreuve, vue par transparmce, arrive franchement au ton bleu -noir désiré. On se hâte généralement beaucoup trop dans cette opération, qui doit être faite avec calme et une sage lenteur. Six à huit épreuves étant virées, on les mettra dans Peau, qu'on renouvellera deux fois,, pendant le virage d'un même nombre d'autres épreuves, et l'on continuera ainsi, de telle sorte, que le premier trempage de répreuve, au sortir du châssis, soit de quelques heures, et le second trempage, après le virage, d'une demi-heure k peu près. C'est encore le moyen le plus sûr de conserver la couleur obtenue, que le bain d'eau semble avoir la propriété de fixer. Dix qu vingt épreu-

ves étant ainsi préparées, on peut procéder au fixage, qu'il serait dangereux d'entreprendre pendant le virage, parce que, si, malgré les précautions les plus minutieuses, il restait quelques parcelles d'hyposulfite aux doigts de l'opérateur, des taches de sulfuratkm se produiraient infailliblement sur les épreuves.

Le fixage doit se faire dans une grande cuvette, afin qu'on y puisse baigner à la fois plusieurs épreuves, et les changer de position. La quantité d'hyposulfite, pour cette solution, n'a pas besoin d'être rigoureusement déterminée; elle varie de 15 à 30 p. 0/0. Ce qu'il y a de plus important, c'est de maintenir le bain dans son état neutre pendant toute la journée, ce à quoi on arrive très-bien en y ajoutant une pincée de craie lévigée. Il ne faut pas manquer de mettre aux résidus, tous les jours, les bains d'hyposulfite qui ont servi au fixage d'un certain nombre d'épreuves.

On a dit que l'épreuve devait rester deux heures au moins dans le bain de fixage, surtout avec une solution à 24 p. 0/0; il nous paraît beaucoup plus simple de s*assurer si le chlorure libre, qui se manifeste dans la pâte par un poivré, a complètement disparu, en regardant le papier par transparence. C'est bien souvent à la précaution qu'on a prise de ne laisser l'épreuve dans le bain que le temps nécessaire, qu'on a dû la conser-

vation des demi-teintes les plus indispensables. Ce n'est que dans le seul et unique cas d'une épreuve trop forte, qu'il convient de la modifier en prolongeant le bain du fixateur.

Des cuvettes propres et beaucoup d'eau, c'est tout ce qu'il faut pour la dernière opération ; car nous n'avons pas besoin de mentionner le rouleau de verre pour extraire rhyposulfite de la pâte du papier, pas plus que les éponges et autres moyens qui ont été conseillés pour enlever à l'épreuve jusqu'à la dernière trace du bain fixateur. Ce sont là des procédés qui ne sont pas sérieux et des complications parfaitement inutiles. Une auge,^ un vase quelconque rempli d'eau souvent renouvelée, il n'en faut pas davantage pour chasser Y ennemi de sa dernière retraite, et pour assurer à l'épreuve une durée indéfinie.

Après avoir épongé l'épreuve entre quelques feuilles de buvard, on peut terminer de sécher devant le feu. Ce moyen a souvent pour effet de donner à l'épreuve une plus grande vigueur.

Pour coller les épreuves, la gomme nous paraît préférable à la dextrine, et l'amidon frais à la colle de pâte, surtout celle qui se trouve dans le commerce.

On ne peut se dispenser d'un cylindre-satineur, pour le montage du stéréoscope et de la carte de visite.

Ce cylindre peut être pourvu d'un seul régulateur, d'un abaisseur unique, ou d'un système double. L'inconvénient de ce dernier est d'obliger l'ouvrier à exécuter simultanément deux manœuvres, qui doivent être parfaitement régulières, ce qui arrive très-rarement. Il en résulte qu'un côté du cylindre étant plus abaissé que l'autre, il y a étirage sur une lisière de l'épreuve, tandis que l'autre est à peine satinée.

Un cylindre satineur, pour être bien régulier, doit porter un système d'engrenage supérieur, dont les roues, de différents diamètres, permettent à la manivelle régulatrice d'agir facilement sur une forte pression. Les roues motrices, l'inégalité de leurs diamètres, la longueur de la manivelle, doivent être combinées en vue de faciliter la manœuvre. La plaque d'acier doit être parfaitement polie, plane et parallèle, et les cylindres doivent être relativement gros. On entretient le mécanisme en huilant les trous pratiqués ad hoc, et en nettoyant l'acier et les cylindres avec un chiffon mouillé d'alcool. Cette dernière précaution est tout à fait indispensable quand on colle et on cylindre en même temps.

L'encaustique faite avec l'essence de térébenthine, a la double propriété de sentir très-mauvais et de jaunir l'épreuve. Nous ne savons si c'est cela qui lui a valu la recommandation de certains auteurs. Quant à nous, il

nous semble que l'essence de lavande, et toute essence quelconque, est préférable à la térébenthine, qui n'a d'autre mérite que le bon marché, en supposant que le bon marché des mauvaises choses ne soit pas toujours trop cher.

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