‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 59 sur 83 · VERNIS ROSE · texte numérisé non relu

VERNIS ROSE

de chlorure d'or alcalin (p. 197), jusqu'à ce qu'elle ait atteint le ton désiré; puis, on la remettra dans l'eau, etc.

Verni» rose

Lorsque par suite d'un virage incomplet, ou par un défaut du cliché, on n'a obtenu qu'une épreuve médiocre, heurtée, blafarde, on peut la réchauffer par une couleur artificielle, qui ne nuit aucunement à l'intensité des noirs. Cette couleur est celle du vernis rose, qui, en outre, a l'avantage de donner plus de consistance au papier, et de le préserver de l'humidité, qui est la cause principale de la destruction de l'image. On peut varier la teinte de ce vernis, en y ajoutant plus ou moins d'alcool à 40°. Il est même prudent de commencer par l'affaiblir, car on peut toujours replonger l'épreuve dans le vernis, tandis que lorsque le ton est trop rouge, il n'y a pas moyen de l'atténuer.

Posez l'épreuve sèche sur ce vernis, de la même manière que le papier sur le bain d'argent; retirez-la immédiatement, suspendez-la par un angle, elle séchera en quatre ou cinq minutes, et si le ton n'est pas trop rose, ce que la pratique vous indiquera, l'épreuve prendra un ton chaud de la plus grande beauté. C'est surtout da,ns Je cas d'une épreuve trop venue, d'un

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ton verdàtre, et dégradé par le chlorure d'or acide, que l'opérateur pourra apprécier tous les avantages de ce vernis. Grâce à lui, cette épreuve, montée, satinée, encaustiquée, ne laissera rien à désirer, et sera même incontestablement mieux fixée que toute autre.

Emarger, monter, satiner répreuve

Les épreuves, qui sont livrées sans passe-partout, doivent être émargées et collées sur carton bristol. — Lorsque Ton a un grand nombre d'épreuves à faire, il est bon d'avoir des calibres en glace de deux ou trois grandeurs, ou au moins une équerre en glace et une grande feuille de verre double dépoli, sur laquelle on coupe l'épreuve, et en général tout le papier photographique. — Pour bien coller une épreuve, on se servira de colle d'amidon, fraîchement faite, ou, ce qui vaut peut-être mieux encore, d'une solution dégomme à froid ; on couchera l'épreuve sur une feuille de papier buvard, puis on passera sur l'envers, avec une éponge fine, et non pas avec un pinceau, le moins de colle possible ; après quoi, on la placera sur un carton bristol, on la couvrira d'une feuille de même nature, et on la soumettra ainsi au cylindre, à une faible pression de la presse à satiner. Après le retour, on

enlèvera le bristol de dessus, on retournera l'épreuve, « on la couchera sur la pierre ou sur l'acier couverte du bristol protecteur, et Ton satinera par une pression plus forte du cylindre (i). Plus on rapprochera les deux cylindres, plus le satinage sera brillant. L'épreuve aura alors un lustre que l'encaustique viendra perfectionner.

de 4 l*ugel et Belloe

L'épreuve positive, vue dans l'eau a une bien belle apparence, et chacun a eu certainement le désir de lui conserver ce lustre humide qui lui donne tant d'éclat ;

(1) On trouve, dans le commerce, des cylindres satineurs de tous les prix et de toutes les dimensions, — surtout de tous les modèles. — Il n'en est qu'un, cependant, qui ait atteint un assez haut degré de perfection : c'est celui dont le mécanisme supérieur fait mouvoir deux petites roues d'engrenage qui agissent sur les deux grandes roues qui servent à abaisser parallèlement le cylindre supérieur. - Pour régulariser l'action, si l'on s'aperçoit qu'une lisière de l'épreuve est plus étirée que l'autre, il faut enlever le mécanisme supérieur (il n'est qu'engrené) puis, saisissant une roue dentée, on tourne à droite ou à gauche, pour abaisser ou relever le cylindre.

mais, en séchant, la transparence et la vigueur disparaissent, et avec elles les détails, les finesses et tout le charme de la couleur.

L'on a employé avec quelque succès les vernis et le laminoir; et, il faut bien le reconnaître, l'épreuve, vernie ou satinée, acquiert beaucoup plus d'éclat ; mais lèverais couvre l'épreuve d'une couche luisante, épaisse, pouvant jaunir avec le temps et faisant miroiter l'image d'une façon désagréable.

Le laminoir est préférable au vernis, et cependant il donne un aspect dur à l'épreuve, en écrasant trop le grain du papier; de plus, le laminoir est une lourde machine, et le portraitiste voyageur a dû y renoncer.

L'encaustique lustrée rend aux épreuves ce brillant si doux, si harmonieux, qu'elles ont perdu en séchant, et leur donne, en outre, une durée indéfinie sans altération.

Neuf années d'expérience nous ont appris que, même au contact de centaines d'autres épreuves enfermées dans un carton, les épreuves encaustiquées n'ont contracté aucune tache, pendant que les autres ont été maculées en plusieurs endroits ou ont sensiblement perdu.

Comment en serait-il autrement ! l'encaustique est

un composé d'essence de lavande (i), d'essence de girofle et de cire vierge, tous éléments de conservation et de réduction.

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