‹ Photographie rationnelle. Traité complet théorique et pratique. Applications diverses. Précédé de l'histoire de la photographie et suivi d'éléments de chimie appliquée à cet artChapitre 61 sur 83 · ET DE QUELQUES DIFFICULTÉS · texte numérisé non relu

ET DE QUELQUES DIFFICULTÉS

Les taches, qui résultent presque toujours de l'inexpérience , de la maladresse ou de la malpropreté des opérateurs à leur début, sont un des écueils contre lesquels ils viennent le plus fréquemment échouer. Les taches de petite dimension sont pourtant de peu d'importance quand on sait y remédier. Les taches noires, qui sont blanches au positif, peuvent disparaître au moyen du pinceau et d* encre de Chine, de teinte neutre, de laque carminée ou de vermillon, en composant la nuance identique à celle de l'épreuve , plus claire même d'abord, sauf à y revenir, et en rebouchant soigneusement. Les taches plus légères, qui se font dans le négatif se retouchent sur le collodion même, avec les mêmes couleurs que pour le positif. Un cliché taché ainsi peut n'en être pas moins irréprochable comme

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éclairement, comme relief, et donner d'excellentes épreuves positives. Il serait donc très-fâcheux de le rejeter pour si peu. Il n'en serait pas de même, et nous n'en dirons pas autant d'un cliché, irréprochable d'ailleurs sous le rapport de la pureté de la couche, mais qui serait trop faible ou mal éclairé.

Nous avons dit que les taches noires du cliché provenaient des grains de poussière qui tombent sur la couche collodionnée, quand on retire trop brusquement le volet du châssis dans la chambre noire, ou des poussières du bain ou du collodion, et que ces légers détritus se métallisaient au contact de l'agent révélateur. Il suffit ici d'indiquer la source du mal pour en signaler le remède.

Les taches plus claires que le fond viennent des peilicules du collodion, nageant dans le bain d'argent et restées sur la couche iodurée; elles se traduisent par une sorte de clairière découpée sur la forme même de ces pellicules. Il y a aussi des taches de même nature, mais estompées et de formes diverses, qui sont dues à un décapage imparfait. Une couche trouailléo comme par des milliers de coups d'épingles arrive à cet état par une poudre en suspension dans le collodion, sulfate de potasse, coton mal lavé, etc. Pour éviter ce grave inconvénient, il faut filtrer ou décanter le col-

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lodion avec le plus grand soin , et ne pas agiter le flacon en eollodionnant, afin de laisser le dépôt au fond du vase.

Lorsque la tache occupe une grande place vers l'angle par lequel le /^llodion a pris son issue , tfest que la couche de collodion était trop humide quand la glace est tombée dans le bain. Cette grande tache affecte presque toujours la forme d'un nimbus, et forme, au positif, une sorte de nuage noir, sans contours arrêtés.

Si la glace est mal collodionnée, ou que, dans sa manœuvre, l'opérateur ait ramené trop brusquement la glace dans la ligne verticale, le collodion moutonne, et la couche prend alors l'aspect d'un ciel pommelé , d'un vrai cirrootmulus plus ou moins opaque.

Quand le collodion ou le bain d'argent est sophistiqué ou sali par l'inexpérience ou la malpropreté de l'opérateur, la couche présente , même avapt d'être placée dans la chambre noire, l'image bien dessinée du cirrus ou queue de chat des marins.

Enfin, si le collodion est trop dense, ou si l'opérateur l'a laissé s'écouler trop longtemps par la diagonale, la couche présente des stries ou des rides, qui donnent au positif l'aspect d'une gravure grossière, fortement hachée, Ces hachures sont l'effet du liquide

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sirupeux, qui se fige très-rapidement et se fixe sur ces rides.

Il y a bien encore des taches qui ressemblent à des stratus ou coups de balai, et rendent les couches plus ou moins nuageuses ; mais elles proviennent également des bains ou des collodions adultérés, et l'opérateur devra s'en apercevoir en sortant la glace du bain, car il ne faut pas confondre ce genre de taches avec celles qui pourraient provenir des bains révélateurs; ce dernier cas arrive rarement; cependant, il arrive fréquemment aux opérateurs peu soigneux de voir sur leurs clichés des traces de substances désiodantes jusque dans les bains révélateurs; on conçoit aisément les troubles et les déboires qui doivent en résulter.

Toutes les taches qui peuvent se produire» et dont l'énumération complète serait impossible, rentrent dans une des catégories que nous venons de signaler, Les laboratoires mal tenus, l'incurie ou la malpropreté des opérateurs, sont les sources les plus fécondes de ces prétendus obstacles, qu'avec du soin et de la vigilance il est si facile d'éviter.

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