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Les nombres donnés par M. d'Hargenvilliers se rapportent aux hommes qui, par leur grandeur, étaient jugés pro- . pres au service : ceux qui tombaient au-dessous de la taille exigée n'étaient point mesurés, et sur 100,000 hommes on en comptait 28,620 tombant au-dessous de la taille. On en comptait, d'une autre part, 2,490 qui dépassaient la limite au-dessus de laquelle les mesures n'étaient plus exigées. C’est ce que montre le tableau précédent.
Les tailles au-dessous de celles du service ordinaire n'ont pas été déterminées par les autorités françaises : nous avons pu les rétablir par la connaissance de la marche des autres nombres autour de la moyenne. Nous avons pu rétablir également les nombres au-dessus des tailles ordinaires qu'on avait négligé de prendre. Ces nombres diffèrent très-peu de celles véritablement obtenues. Comme on pouvait s'y attendre, aux deux limites où cessaient les mesures, il devait se présenter des doutes en plus et en moins, comme on le remarque d’ailleurs.
Dans l'exemple que nous venons de prendre, la série
! des observations n'était pas continue. On avait groupé
, ensemble tous les individus tombant, pour la taille, audessous de 1,570, comme aussi tous ceux qui s'élevaient au-dessus de 1,759. Néanmoins les sept groupes intermédiaires ont été suffisants pour établir les rangs qu'ils devaient occuper dans notre table. La distance des groupes à été trouvée de 5,8 unités de notre échelle ; et cette distance équivaut pour les tailles à 0",027. Pour 21 rangs ou unités de l'échelle, on aurait 0",898 ou un décimètre environ; par conséquent l'écart probable serait un peu inférieur à un demi-décimètre. Si l’on observe que la taille moyenne est de 1”,62 environ, on reconnaîtra que. l'écart probable forme 1/33 de la quantité à mesurer.
Notre table (page 50) nous a permis de reconnaître comment étaient groupés, quant aux tailles, les 28,620 individus ayant moins de 1*,570, et qui avaient été réunis en somme, de même que les 2,490 individus qui avaient plus de 1*,759. Nous reconnaissons ainsi qu'à l’âge de 20 ans, re individus seulement sur 100,000 ont, en France, plus de 1",921; et 14 tombent au-dessous de la taille de 1,297. | | 2
Prenons maintenant un exemple où les nombres sont complets, et où l’on a pu mesurer tous les individus qui faisaient partie de trois grandes levées qu'on vient de faire en Italie.
En étudiant les phénomènes périodiques de la nature, et surtout ceux qui concernent la taille de l’homme, on comprend que les lois qui gouvernent l'espèce humaine, tant au moral qu'au physique, méritent une attention spéciale. On aurait tort de regarder ces phénomènes comme des produits de l'imagination, plutôt que comme des faits régulièrement constatés. Il est vrai qu'on s’effraye d'abord en voyant l’homme, la plus noble créature, devenir en quelque sorte un chaînon de grandeur déterminée dans
l'ensemble des êtres vivants, sans s’apercevoir que si l'homme n'occupe qu'une place imperceptible dans l’ordre matériel, il gagne, de l’autre part, une place immense dans l'ensemble de la création, en découvrant les lois régulatrices de l'espèce qu'il avait ignorées jusque-là.
Ces craintes sur la perte que ferait l’homme physique, si faible en comparaison des avantages immenses qu'il éprouve intellectuellement quand il pénètre les vastes combinaisons de la nature et l’ordre parfait qui règne dans toute la création, firent, au premier abord, rejeter la recherche des lois qui étaient supposées régler la taille humaine (1), le poids de l’homme, la longueur du pas, la vitesse de la course, les battements du pouls et du cœur, etc. Dans la première édition de ma Physique sociale, Je ne crus pas devoir m'arrêter devant ces obstacles, qui devaient nécessairement tomber. Plus d’un quart de siècle s’est écoulé depuis, et dans plusieurs des nations les plus éclairées, il s’est trouvé des hommes d’un haut mérite qui ont bien voulu examiner les Lois dont je parle. J'ai pu citer déjà les essais qui ont été faits par plusieurs officiers supérieurs de l’armée américaine (tome [*, p. 130 et suiv.) sur les tailles de plus de 43,000 hommes de l'armée des Etats-Unis ; et les mesures, prises avecun:soin particulier sur un aussi grand nombre d'hommes, ont donné des résultats plus précis que ceux que j'avais trouvés en Belgique, et que ceux qui avaient été réunis en Angleterre et en Écosse, pour vérifier également mes premières assertions.
(1) Il s’agit non-seulement de la taille, mais de toutes les parties du corps humain qui conservent entre elles la même unité; par exemple, la circonférence du corps humain, comme le pourtour de la poitrine, ainsi que je Le fais voir dans ce qui suit. Un troisième volume supplémentaire, sur les différentes proportions de l’homme, renfermera tous ces détails et toutes ces mesures, que je dois au concours obligeant d’un grand nombre d'artistes et de médecins qui ont bien voulu m'aider dans mes nombreuses recherches.
Un essai pareil vient d'être fait en Italie par M. Bodio, professeur titulaire de statistique au musée de Venise : ce savant a donné une nouvelle confirmation de la loi qui concerne les tailles. Parmi les phénomènes relatifs à l’homme, la taille est peut-être l'élément qui devait inspirer le plus de doute, à cause des inexactitudes auxquelles elle expose. |
Je rappellerai quelques considérations que M. Bodio ma communiquées obligeamment ; je crois qu'il sera plus avantageux de l'entendre expliquer lui-même la marche qui a été suivie pour arriver aux résultats qu’il présente, résultats, du reste, parfaitement d'accord avec ceux que j'ai trouvés primitivement et avec ceux qui ont été obtenus en Angleterre, en Écosse, aux États-Unis Qi), et partout où l'essai des mesures a été pratiqué avec soin. « J'ai tâché de construire, dit M. Bodio, une courbe marquant la taille de nos jeunes conscrits;, j'ai adopté la méthode que vous avez indiquée dans votre mémoire Sur l'appréciation des documents statistiques et en particulier sur l'appréciation des moyennes; j'ai suivi même intégralement votre table de possibilité. Voici les données élémentaires : je les ai extraites des publications officielles du ministère de la guerre (2).
« Les moyennes résultantes des opérations du recrute-
(1) Voyez, au premier volume de cet ouvrage, pages 130 et suivantes, un exemple sur la taille de l’homme adulte, pris dans les Etats-Unis, et conforme à celui que nous donnons ici pour la France, pour l'Italie et pour la Belgique. Nous le présentons avec quelques détails et comme un spécimen de ces sortes de recherches.
(2) Nous venons de recevoir aussi de notre savant confrère, M. Maestri, directeur des travaux statistiques en Italie, un volume précieux : Statistica del regno d’Italia : Populazione. Firenze, 1868. Cette publication entre dans les détails les plus développés sur le mouvement de la population en 1866, et présente d’une manière claire et méthodique les principaux éléments de la vitalité, qu’il compare avec soin à celle des principales nations de l'Europe.
ment des années 1863, 1864 et 1865 sont faites sur les Jeunes gens nés en 1843, 1844 et 1845 (levées anticipées). à
« Voici pour chaque centimètre de hauteur, à partir de 1,82, les jeunes gens calculés pour 100,000 mesurés. La taille moyenne qui en résulte est 1",62.