VEILLE, SOMMEIL, RAPPORT, VEILLE, | SOMMEIL, RAPPORT
Fille âgée de 3 à 4 ans. | 102,5 | 92,0 | 4,41 | 530,2 | 24,8 | 1,22 21,5 | 1,36 20,8 | 1,50
Garcon — 4LàS — 95,4 77,5 1,21 29,3
Femme — 26 à 27 — | 77,5 67,0 1,16 27,0
On conclut de ces observations que le sommeil apporte une modification plus sensible dans le nombre des inspirations que dans celui des battements du cœur. Il à, en général, pour effet de diminuer l’un et l’autre nombre; le premier, dans un rapport qu'on peut estimer de 7 à 6; et le second, dans le rapport de 4 à 3 environ. Il est bien important, dans ces sortes de recherches, d’avoir égard à l'état de l'individu et de ne pas l’observer quand il est agité par une marche un peu rapide, par des passions ou des idées qui le préoccupent ; encore moins s'il se trouve dans l'état de maladie. L'observation du nombre des inspirations est surtout difficile, et particulièrement quand l'individu observé sait qu'il est l'objet d'un examen. J'ai vu un orand nombre de personnes dans l'impossibilité de faire de pareilles observations sur elles-mêmes. Il faudrait aussi tenir compte de l'instant de la journée: le soir, par exemple, on se trouve généralement un peu plus agité que dans la matinée ; et les battements du cœur, ainsi que les inspirations, se font plus rapidement. Il n’est pas indifférent non plus d'observer une personne avant ou après ses repas. En m'observant avec soin, dans des instants de calme, mais à différentes heures du jour, j'ai trouvé, pour nombre moyen des battements du cœur, 66,2; et pour nombre moyen des inspirations, 15,8. Le premier nombre a varié entre les limites 74 et 56; cette dernière valeur. a été observée immédiatement avant le dîner, et la première à la suite d'une leçon publique, une heure environ après que je fusse rentré chez moi. Le nombre des inspirations a varié entre les limites 17 et 14,5.
MM. Leuret et Mitivié ont publié un travail intéressant sur la fréquence du pouls chez les aliénés à) : ils ont cher-
(1) Paris, Chez Crochard, 1832, in-8c.
ché à déterminer l'influence de la température et des phases de la lune sur cette fréquence; mais leurs obser- vations n'étaient peut-être pas assez nombreuses pour déduire une appréciation numérique suffisamment rigoureuse d'un élément aussi peu actif. En comparant, d'une autre part, les jeunes gens aux vieillards, ils ont trouvé que, contrairement à l'opinion reçue, le pouls des premiers est plus lent que celui des seconds ; ainsi, ils ont compté, en une minute de temps :
\, Chez les jeunes gens . . . 65 pulsations.
Chez les vieillards . :. . . ‘74 Chez les femmes aliénées. . 77
Les observations se faisaient le matin, pendant que les individus étaient encore au lit et conséquemment pendant que le pouls battait avec plus de lenteur que pendant le jour. MM. Leuret et Mitivié ont cru reconnaître aussi que le nombre moyen des pulsations est moins élevé en hiver qu'en été; et que les variations ne correspondent pas aux changements de température.
Je citerai maintenant quelques autres observations sur le rapport entre la taille et le nombre de pulsations chez l’homme, qui m'ont été communiquées pr M. Rameaux, professeur à la faculté de médecine de Strasbourg (1). Ce savant reconnaît que les tables de croissance que j'avais données pour les deux sexes, dans ma Physique sociale, s'accordent parfaitement bien, dans leurs indications, avec les résultats observés dans les pulsations chez l'homme.
« Les nombres moyens de pulsations varient avec la taille,
(1) Ces observations ont été communiquées par moi, d’après la demande de l’auteur, à l'Académie royale des sciences de Belgique, dans sa séance du 3 août 1839, pages 121 et suivantes du tome VI, n° 8, des Bulletins de la compagnie,
ajoute ce savant, et celle-ci est même le seul élément qui fasse changer les nombres lorsque les individus observés sont placés dans des conditions tout à fait semblables et quils ne diffèrent les uns des autres que par les dimensions. Mon but est de vous donner tout à la fois la preuve de l'existence de ces ‘variations et la loi qui les régit.
« J'ai soumis, il y a quelque temps, à l'Académie des sciences de l’Institut de France, un travail de physiologie qui m'est commun avec M. Sarrus, professeur de mathématiques à la faculté des sciences de Strasbourg et doyen de cette faculté. L'un des résultats auxquels nous sommes arrivés est relatif à la question qui nous occupe en ce moment; le voici :
« Soient, pour un animal d'une espèce donnée,
d — l'une de ses dimensions, nr = le nombre de ses pulsations ou celui de ses inspirations.
Soient de plus d’, n', ces mêmes valeurs chez un autre individu de la même espèce, placé dans des conditions entièrement semblables et ne différant du premier que par les dimensions : on trouve que ces quantités sont liées entre elles par la formule n— »'V” + (1). Je n'ai pas besoin de vous dire quil s'agit de l’homme moyen.
« Je sais bien que pour vérifier l'exactitude de cette for- . mule il faudrait de nombreuses observations. Malheureusement je nen possède que 64; mais déjà l'on peut en tirer des renseignements très-sigmificatifs... Pour chaque oroupe, Jai pris les moyennes tailles, les nombres moyens de pulsations, et j'ai calculé, pour les mettre en regard, ces mêmes nombres moyens de pulsations. Pour chaque
(1) Dans le tableau numérique, on a fait n’'}/d'= k; et le coefficient k a été déduit de l’ensemble des observations.
genre de groupes, une colonne indique les différences entre les moyennes pulsations observées et les nombres de ces pulsations calculés par la formule.
« Les pulsations moyennes déduites directement de quatre observations successives se ressentent encore tellement des influences individuelles qu'il est impossible d’en tirer aucune conclusion. Mais à partir des groupes de 4 observations, et à mesure que les groupes deviennent numériquement plus forts, on aperçoit d'abord assez clairement, puis avec une évidence palpable, que le nombre des pulsations diminue à mesure que les tailles s'élèvent : les moyennes directes le prouvent, sans exception et sans réplique, pour les groupes de 16, de 20 et de 32 observations.
« On voit aussi que la formule représente assez fidèlement la loi de ces variations ; car à partir des groupes de 16 observations et à mesure que ces groupes en contiennent davantage, les moyennes directes et les moyennes calculées diffèrent de moins en moins, et les différences deviennent tout à fait insignifiantes pour des appréciations de cette nature.
« Quelle que soit la manière dont on groupe ces observations, la formule donne toujours un nombre de pulsations presque rigoureusement égal à celui de la moyenne directe. Il-faut pourtant que les groupes ainsi formés contiennent un nombre suffisant d'observations, et que chaque taille capable de faire changer notablement la moyenne taille soit convenablement représentée dans le groupe où elle entre. | |
« Si, parmi les observations, les unes étaient faites le matin et les autres le soir, il est bien évident que la formule ne pourrait pas servir à passer des unes aux autres : car on sait que les nombres de pulsations diffèrent beau-
coup dans ces deux circonstances, et ce puissant élément de variation estitout à fait indépendant de la taille.
«Je dois ces observations à la complaisance de M. Pingrenon, chirurgien-major de pontonniers. Elles ont toutes été faites le matin, sur des hommes de cette arme bien portants, placés dans des conditions semblables et dont on a exactement la taille. Souvent on a pris, pour chaque homme, la moyenne de plusieurs observations.
« Après avoir vérifié l'exactitude de la formule dans les cas pour lesquels elle «est faite, c'est-à-dire lorsque les individus observés ne diffèrent que par les dimensions, je montre comment la formule rend compte des variations du pouls aux différents âges et pour les deux sexes.
« J'ai supposé, pour cela, que le nombre moyen de pulsations, à l'époque de l'accroissement complet et pour le milieu du jour, est égal à 70; et je me suis servi des moyennes tailles que vous assignez aux différents âges et aux deux sexes (Physique sociale, t. IT, p. 26). Vous pouvez voir combien peu les nombres donnés par la formule diffèrent de ceux que l’on admet généralement... Il y a même cela de bien remarquable, c'est que les résultats donnés par la formule sont conformes à l’observation faite par MM. Leuret et Mitivié, que le pouls des vieillards est plus fréquent que celui des adultes (1).
« Tout ce que j'ai dit des pulsations peut se dire des inspirations, puisque la même loi régit ces deux phénomènes physiologiques, mais je n'ai aucune observation particulière à cet égard. » (Voy. plushaut, éabl. et fig. p. 123.)
(1) Les relations entre la grandeur des individus et le nombre des pulsations ainsi que des battements de pouls méritentune étude toute spéciale ; et l'on ne peut que regretter que l'attention des naturalistes ne se soit pas portée sur ce sujet digne, sous tänt de rapports, de l'attention des observateurs.
Tableau des tailles et des pulsations pour les deux sexes et les différents âges (1).