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EMPOISONNEMENT

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Le nombre moyen des suicides, dans le département de la Seine, s'élèverait donc annuellement à 356; ce qui donne, pour une population de 860,000 âmes, 1 suicide par 2,400 habitants. Genève a donné le rapport de 1 à 3,900, pendant les années 1820 à 1826 inclusivement (1). Voici les moyens de destruction qui ont été employés, d'après 95 observations : 36 individus ont péri dans l’eau, 34 se sont brûlé la cervelle, 6 se. sont pendus, 5 sont morts empoisonnés, 2 ont péri par le poignard, 2 se sont précipités. Aïnsi, les moyens employés, pour le degré de préférence, sont à peu près les mêmes qu'à Paris.

Les moyens de destruction ne sont pas partout les mêmes ; ainsi, pour Berlin, d'après le docteur Casper, 039 suicides ont eu lieu de la manière suivante : 234 par

(1) Hertha, août 1828 ; et Bulletin de M. de Férussac, mai 1829.

strangulation, 163 par armes à feu, 60 par submersion, 27 en se coupant le cou, 20 par instruments tranchants, etc., 19 par chutes volontaires, 10 par empoisonnement et ? en s'ouvrant les veines (1).

On a pu reconnaître, dans tous les nombres qui précèdent, une effrayante concordance entre les résultats des diverses années qui se suivent. Cette régularité dans un acte qui paraît si intimement lié à la volonté de l’homme, se représentera bientôt d'une manière frappante dans tout ce qui tient au crime. Cependant la société peut se modifier dans un pays, et apporter ainsi des changements dans ce qui offrait d'abord une constance remarquable pour une période de temps peu étendue. D'après le docteur Casper.(2), on n’a compté, à Berlin, de 1788 à 1797, que 62 suicides, et 128 de 1797 à 1808; de 1813 à 1822, on en à compté jusquà 046. On a cru remarquer que les suicides se multiplient; cette conjecture est assez probable, s'il est vrai qu'ils sont un des effets de la civilisation, et si l’on considère que les lois cherchaïent à les réprimer dans quelques pays. Il faut craindre cependant les erreurs dans les nombres, provenant de ce que les recherches statistiques se faisaient autrefois avec beaucoup moins de soin qu'aujourd'hui.

M. le docteur Casper, dans ses études, a discuté avec attention les influences de l'atmosphère sur le nombre

(1) En étudiant ce qui se rapporte aux suicides, aux duels et à certains genres de crimes, on peut être disposé à croire que l’homme n’agit souvent que par une tendance à limitation. M. Chevreul, dans une lettre adressée à M. Ampère, Sur une classe particulière de mouvements musculaires, a présenté des considérations philosophiques d’un haut intérêt et qui montrent combien l’homme mériterait d'être étudié davantage sous certains rapports qu’on a peut-être trop négligés.

(2) Beitrage zur medicinischen Statistik, etc. In-8, Berlin, 1825. Voyez aussi les recherches du docteur Heyfelder, intitulées : Der Selbsmord, etc. In-8°, Berlin, 1828.

des suicides ; 11 s’est également occupé de l'influence des saisons, qui, malgré le peu d'observations que l’on possède, se manifeste d'une manière assez remarquable, comme on peut le voir dans le tableau qui suit : on y trouve inscrits les suicides pendant chacune des périodes de l’année.

SUICIDES. BERLIN. [HAMBOURG (1).| WESTMINSTER(2).| PARIS (3), MOIS. 1819-22. | 1816-92. 1812-24. | Gans.

Janvier, février, mars . . . 109 39 67 42 AVI RAT, Juin Ur ser à 155 31 55 58 Juillet, août, septembre . . 173 41 60 61 Octobre, novembre, décembre. 145 38 46 31

‘été paraît, encore ici, exercer une influence plus grande que les autres saisons sur le nombre des suicides, comme il en exerce une sur le nombre des aliénations mentales, et comme nous reconnaîtrons encore son action sur les crimes contre les personnes.

M. Casper trouve aussi que, toutes choses égales, les suicides dans les villes et les campagnes ont été numéri- quement comme 14 à 4. Quant à la différence des sexes, il a compté, pour Berlin, sur 727 suicides, dont 606 commis par des hommes et 121 par des femmes; ce qui donne le rapport de 5 à 1. D’après les Recherches statistiques sur Paris, le rapport serait, pour cette ville, de 2 à 1 environ. À Genève, il a été de 4 à 1 pour les sept années de 1820 à 1826.

Nous possédons peu de documents sur les âges, en ce qui concerne les suicides. Je ne connais guère que ceux

(1) Grohmann in Hufel, journal, I. c.

(2) Falret, 1. c.

(3) Esquirol, 1. c.

qui ont été donnés par M. le docteur Casper pour Berlin (1), et ceux qui ont été publiés pour Genève (2). M. Guerry a fait connaître le nombre des suicides pour Paris (3); mais seulement ceux qui concernent les hommes et qui ont eu lieu par suspension ou par le pistolet. Le tableau suivant présente l'ensemble des suicidés pour Berlin et Genève.

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