‹ Physio-Pathologie Nerveuse: Des Accidents Liés à l'Évolution de la Première DentitionChapitre 18 sur 24 · SAVE · texte numérisé non relu

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Or, nous avons vu qu’à ce niveau le trijumeau présente des connexions avec presque tous les nerfs craniens. De plus, on trouve au niveau du tronc cérébral, formés par de nombreux constituants, des ensembles comme la bandelette longitudinale postérieure, le faisceau central de la calotte et la substance réticulée, qui sont autant de voies d’association.

La bandelette longitudinale postérieure, formée de voies longitudinales qui sont propres au tronc cérébral, a pour rôle de relier entre eux les divers noyaux du tronc, qui agissent en synergie où qui sont appelés à répondre à des incitations réflexes entre tel noyau sensitif et tel noyau moteur.

Comme fibres ascendantes de cette bandelette longitudinale postérieure, nous citerons celles qui naissent des noyaux sensitifs du X, du IX, du VIT bis et du V. Ces noyaux donnent des cylindraxes qui, se mêlant aux fibres du ruban de Reil médian, portent jusqu’à la couche optique les impressions conscientes perçues par chacun de ces nerfs. Mais ils donnent aussi des fibres ascendantes courtes qui servent à l'établissement d’ares réflexes

situés à l’intérieur du seul tronc cérébral.

Nous pouvons dire avec P. BONNIER que le trijumeau s’étale: « comme les mains d’un pianiste sur le clavier des noyaux bulbaires, prêt à en tirer des notes isolées, des accords en svndro-

mes ou encore des arpèges. »

En outre, le trijumeau, par ses anastomoses périphériques, entre en rapport avec le facial, les nerfs de l’œil, le grand hypoglosse, le pneumogastrique et le sympathique.

Cette multiplicité des connexions anatomiques permet d’expliquer qu’il soit un des nerfs les plus réflexogènes de l’organisme. D'ailleurs, ne. l’utilise-t-on pas lorsqu'on veut interroger en clinique le système végétatif ; on recherche des réflexes sympathiques viscéraux tels que l’oculo-cardiaque, en comprimant les globes oculaires, le palato-cardiaque en grattant la voûte palatine ou le naso-facial par l’excitation de la muqueuse pituitaire.

{2 neurone constituant la voie trigéminale sensitive centrale

gagne par le ruban de Reiïil médian le thalamus du côté opposé. Or, ce dernier, véritable région associative, peut être le point de départ de nombreuses réactions parasympathiques, ainsi que l’ont montré DussER DE BARENNE et SAGER lors d’excitations expérimentales.

D’autre part, il est de notion classique que toutes les influences qui suppriment le contrôle du cortex cérébral sur les centres sous-jacents augmentent la vivacité des actions réflexes. Or, le cerveau de l’enfant se trouve dans des conditions analogues. L’encéphale de l’enfant est relativement peu développé à la naissance ; le faisceau pyramidal, voie frénatrice corticomédullaire, est inachevé ; il en est de même pour les faisceaux cortico-thalamiques qui, selon HEAD et HOLMES, représenteraient un dispositif inhibiteur des phénomènes sensitifs. En l’absence de cette influence inhibitrice, le thalamus deviendrait ultra-sen-

sible aux influx qui lui parviendraient.

En conséquence, on observe chez l’enfant, au-dessus de deux ans et demi, âge qui marque l’établissement du contrôle cérébral sur les centres inférieurs, une exagération physiologique de tous les réflexes à laquelle vient s’ajouter encore l’hyperréflectivité traumatique consécutive aux excitations provoquées par l’évolu-

tion de la première dentition. ,

Nous avons vu aussi la présence au niveau du bulbe d’une longue colonne végétative constituée par les centres effecteurs du parasympathique. Anatomiquement distincts, ces noyaux sont reliés entre eux par des connexions qui expliquent les associations fonctionnelles.

D'autre part, ils sont en rapport avec les noyaux d’origine

et la voie descendante du trijumeau.

Ils sont aussi sous la dépendance des centres végétatifs de l’hypothalamus, soit par l'intermédiaire de la substance réticulée, soit par celui du faisceau de Schutz, voie descendante incluse dans la bandelette longitudinale postérieure.

L’anatomo-histologie montre que les connexions entre les

différents neurones sont innombrables ; le système nerveux est

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un véritable réseau. Il en résulte qu’un influx sensible ou sensoriel, après avoir pénétré dans l’axe nerveux, peut atteindre, par des voies plus ou moins directes ou détournées, tous les éléments moteurs du système.

En outre, une excitation sensible ou sensorielle qui détermine une réaction localisée a provoqué, dans de nombreux autres territoires demeurés silencieux, un état sous-liminaire d’excitation. Il existe alors au niveau de chacun des neurones mis en cause une modification de leur potentialité réactionnelle. De plus, la mise en état d’équilibre instable de ces neurones les rend aptes à réagir plus facilement sous l’influence de la plus légère excitation.

Lors de la première dentition, les multiples excitations nées au niveau des dents en évolution sont transmises, par la voie trigéminale, jusqu’au bulbe. Elles vont y provoquer, par le phénomène de la diffusion, des impressions sensibles, que nous venons d’étudier, un état sous-liminaire d’excitation dans les multiples voies d’association et par leur intermédiaire au niveau des autres centres bulbaires, notamment les centres effecteurs du

para-sympathiques.

De par l’action de cette diffusion, la potentialité réactionnelle de ces centres s’en trouve modifiée et leur seuil d’excitation diminué.

Si l’excitation trigéminale est d’assez longue durée, les stimuli sous-liminaires de diffusion, s’additionnant suivant la loi de la sommation, provoqueront une excitation seuil nécessaire

pour déclencher la mise en action d’un ou plusieurs de ces

centres.

De même, au niveau du thalamus, les stimuli apportés par la voie sensitive centrale du trijumeau, irradient et pourront provoquer la mise en jeu des centres para-sympathiques non seulement thalamiques, mais aussi hypothalamiques.

Or, ces derniers, véritables centres régulateurs du système végétatif, tiennent sous leur dépendance les novaux bulbo-pré-

tubérantiels du para-sympathiques, De plus, nous avons vu

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