TRAITEMENT
L'étude pathogénique qui précède a montré que ces accidents se trouvaient sous la dépendance de phénomènes réflexes et de troubles du système nerveux. |
Il faut penser que tout ce qui peut interrompre l’arc réflexe, dans une partie quelconque de son trajet, va être utile. Ce qui importe, c’est de faire céder le phénomène douloureux et le phénomène moteur para-sympathique.
Il y aura donc deux possibilités : interrompre le réflexe soit à son origine périphérique, c’est-à-dire gingivale, soit à son stade central, bulbaire ou hypothalamique.
Au stade gingival, la simple friction de la gencive avec le doigt humecté d’une solution huileuse saturée de scuroforme à 1 % produira une cessation passagère certes, mais immédiate des ‘ troubles réflexes. ,
On pourra employer aussi une solution de xylocaïne ou mieux une pommade à base de xylocaïne et de hyaluronidase qui a l’avantage de donner une anesthésie plus rapide, sur une plus grande surface et d’une durée accrue.
Les produits agissent en produisant une anesthésie des terminaisons nerveuses gingivales.
Les incisions gingivales sont tombées dans le discrédit, car la petite plaie ainsi faite se cicatrise très vite en formant un tissu fibreux beaucoup plus difficile à traverser et aussi parce qu’on peut ouvrir la porte à l’infection dans un milieu septique comme celui de la bouche.
Pourtant, il nous semble que si l’incision à la lancette, au
vaccinostyl ou au thermocautère, qui est une manœuvre aveugle,
peut être combattue, on peut accepter et pratiquer le débridement sous la pression de l’ongle préalablement aseptisé.
En effet, en se basant sur la brusque disparition des accidents au moment où la dent perce spontanément, il n’est pas impossible qu’un pareil fait se produise après l’incision.
D'autre part, le débridement sous la pression de l’ongle permet de se rendre compte du degré d’évolution de la dent, du degré de maturité de la gencive. Si la muqueuse peut et doit être usée pour que la dent sorte, elle s’écrase facilement sous la pression de l’ongle, sinon elle est dure et ne se laisse pas entamer.
Au stade central, sur lequel il faudra agir chez les enfants particulièrement disposés aux manifestations générales, on mettra en œuvre des moyens thérapeutiques capables de régulariser la nutrition et les fonctions nerveuses. Chez les prédisposés connus, on aura intérêt à utiliser des modificateurs du terrain.
Parmi ceux-ci, citons le Diéthylacétate de calcium (ETHANION), actif par son ion caleium et son radical diéthylacétique, qui présente l’avantage ne n'être pas toxique.
On pourra employer aussi les remèdes favorisant l’assimilation du calcium, comme le gluconate de calcium, des sédatifs comme le bromure ou le gardénal.
Dans certains cas, l’utilisation des dérivés aminés de la phénotiazine rendra de grands services. En effet, à une action dépressive centrale neuro-végétative, ils joignent une action ganglioplégique portant surtout sur les synapses du parasympathi-
que. Citons parmi eux le Phénergan sous forme de sirop.
GONCEUSIONS
EL. — L'évolution de la première dentition est un phénomène essentiellement physiologique. Elle ne détermine, dans la majorité des cas, aucune manifestation pathologique.
Elle peut cependant occasionner, localement ou à distance, des troubles de nature et d'intensité variables.
IT. — Les considérations exposées dans les pages précédentes nous font admettre la pathogénie suivante : l’ascension coronaire et le travail dentaire provoquent l’irritation des terminaisons nerveuses gingivales et péri-vasculaires au niveau des dents en évolution.
Dans ces terminaisons nerveuses se trouvent des fibres du système organo-végétatif.
Les excitations sont transmises par des voies centripètes jusqu’au bulbe et au thalamus où elles retentissent sur les centres et les novaux du para-sympathique.
Si ceux-ci ont été mis en état de sensibilisation par un des facteurs de la prédisposition, il en résulte dans le territoire de chacun des nerfs dépendant de ces noyaux les différentes manifestations que nous avons étudiées (hypersalivation - feux de dents - poussées fébriles - troubles nerveux, digestifs, pulmonaires - arrêt du développement statural et pondéral).
Iif. — Par suite de l’étroite dépendance du système nerveux organo-végétatif et du système endocrinien, tout dysfonctionnement de l’un retentit sur l’autre.
Les modifications de l’excitabilité de la région hypothalamique, conséquence des excitations transmises par les voies centripètes, entraînent une perturbation des multiples régulations nécessaires au maintien de l’organisme et à l’harmonieuse évo-
lution de la première dentition.
ÉRAE Ve
IV. -— Les troubles liés à l’évolution de la première dentition ont la particularité d’apparaître brusquement lors de l’évolution d’une dent et de disparaître aussi brusquement avec l’éruption.
Ils se reproduisent avec les mêmes caractères lors d’éruptions ultérieures.
V. — Les accidents liés à l’évolution de la première dentition existent. Devant leur peu de gravité, nous proposons de les dénommer : INCIDENTS ACCOMPAGNANT LA PREMIERE DENTITION.
VI. — Il n’est permis, pour ces incidents, de retenir une étiologie dentaire qu'après avoir éliminé, par un examen métho-
dique et complet, toute autre étiologie.
SHÉNRAINE NAT:
En présence des Maîtres de cette Ecole, de mes Condisciples, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'Honneur et de la Probité dans l’exercice de la Médecine.
Je donnerai mes soins à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l’intérieur des maisons, mes yeux ne verront pas ce qui s'y passe; ma langue taira les secrets aui me seront confiés, et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime.
Reconnaissant envers mes Maîtres, je tiendrai leurs enfants et ceux de mes Confrères pour des frères, et s'ils devaient apprendre la Médecine ou recourir à mes soins, je les instruirais et les soignerais sans salaire ni engagement.
Si je remplis ce serment sans l’enfreindre, qu’il me soit donné de jouir heureusement de la vie et de ma profession, honoré à jamais parmi les hommes, si je le viole et que je me parjure, puissé-je avoir un sort contraire.
VUE , P. le Doyen : Vu, le Président du Jury, L'assesseur, X. J. DUBECQ R. SIGALAS.
Vu at permis d'imprimer.
Bordeaux, le 17 Novembre 1954.
Le Recteur,