‹ Physiocrates (volume 3)Chapitre 52 sur 92 · APPLIQUÉ A L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

APPLIQUÉ A L'INDUSTRIE

\Viiiil d'aller |)l(is loiii , nous drvons dire i^ft detii cnols» pour tes lecteur (|ui <:f Uir «•Kplicalkm Si'iait encore n^ceKsairt% que le nom de classe slfrile iic ! gttilic |X)iiU cbi^t! inutile, tmawi' mmm clusf^ nuiî^iblc:, coniuio Voat cru les ^sprïta ardents et supprliciek ; il âignifto sc^^ulenient chsse non productive , c*€st4* lUre classe qui ne U'availle pas iinmédiatemeni h multiplier les pniductiom Qatu^ relles, clasi^e qui ne fail pas à ses frais les avances de Fagri culture.

Là plupart des objets propres aux jouissances des hommes ne sont pas tis^ et consunitnés tels que la nature les a pi'oduits , ni sur les lieux de leur naisîiaiiGe ; mais ils ont besoin d't'^tre façonnés, transportés et in^me miuvent d^i^tre ni^^jodéti Jl y a donc, dans un grand État, des hommes agricoles qui font des dépenses et lies travaux pour faire produire ces objeLs a la terre ; il y en a d'autres qui les reçoivent encore bruts et informes de la main des cultivateurs , et qui les façonnent, qui leur donnent la forme, les taiUent, les polissent, les divisent, ou même joignent, arrangent êi combinent dans un même ouvrage plusieurs matières diverses; enfin, il en est d'autres qui les achètent dans un lieu, ou brutes « ou façonnés , qui les transportent dans un autre, et qui les revendent en gros et en détail , c'est-à-dire qui les négocient.

Certes, ce sont trois choses très utiles , que la culture , qui fait produire à la terre les matières brutes ; que la façon, qui les rend plus propres à la jouissance des hommes ; que le négoce, qui les met à portée de ceux qui les désirent et peuvent les payer ; mais ces trois choses ne sont pas les mêmes.

Les dépenses et les travaux agricoles se font avant la production, en vue de la production, immédiatement pour la production des matières brutes, imiquement poiu* cette production. On a donc raison de les appeler travaux productifs.

Façonner et produire sont deux : on ne façonne les matières brutes, qu'après qu'elles ont été produites ; rien n'est plus évident. Celui qui les façonne ne travaille point immédiatement pour qu'il s'en reprodtdse d'autres ; il ne fait de dé-

' Ces observations de Pabbé Bandeau sont celles indiquées dans la note de la p.ige 7i2 de ce volume.

EXPLlCATIOiN SUR LE VRAI SENS DU MOT STERILE 869

pcascs que pour lui-même , ou pour les formes que doit donner son art; il n'a point en vue la reproduction.

Faut-il des exemples dans une questîcm si claire ? Le manufacturier achète , en 1767, de la laine toute produite; il paie des ouvriers qui la façonnent; il ne s'occupe qu'à faire de bon drap et à le bien vendre. Mais le fermier qui a fourni cette laine , de sa tonte de 1767, s'occupe de son troupeau , pour lui faire produire d'autre laine nouvelle en 1768 ; il paye un berger pour le garder, il loge , nourrit et médicamente les brebis à ses dépens.

Quels sont les soins, quels sont les frais productifs de la laine qu'on doit tondre en 17687 Ce sont certainement ceux du fermier. Le manufacturier n'y pense pas ; il ne donne actuellement, en 1767, ni attention, ni dépense à la laine de 1 768 ; il est tout occupé à façonner celle de l'année présente. Que voulez-vous qu'il fasse sur celle de l'année prochaine, qui n'existe pas encore ? Il faut bien qu'il attende qu'elle soit produite pour la façonner.

Il n'y a rien de clair au monde, si ces observations ne le sont pas. Il faut donc prendre les matières premières au moment de la récolte. En partant de cette époque, il est évident qu'il y a eu ci-devant des avances et des travaux faits pour préparer, procurer , conserver cette récolte ; qu'il y a des hommes qui ont fait les frais de ces avances, de ces travaux. Voilà les avances productives, les travaux productifis, les hommes productif relativement aux objets qui résultent de cette récolte , en tant que matières premières, en tant que productions naturelles et encore brutes.

Postérieurement à la récolte, les manufacturiers, les ouvriers, s'emparent des matières, les taillent, les rognent, les |)lient, les arrangent de manière à les faire oottsonmier ou anéantir; les négociants les achètent, les portent , les vendent au consommateur, et celui-ci les use ou les détruit.

La production est donc le terme de division entre deux sortes de dépenses et de travaux ; les dépenses et les travaux agricoles ont pour but , pour fm, la production ; ils la précèdent, la préparent, la causent immédiatement, spécialement ; ils s'étendent jusqu'à elle inclusivement, et se bornent à elle. Au contraire, les travaux, les dépenses des manufacturiers et négociants, s'étendent depuis la production, mais exclusivement, jusqu'à la consonmiation ou l'anéantissement.

Qu'on nous dise à présent comment, dans notre langue, on pouvait et on devait caractériser des dépenses, des travaux, qui ont pour but, pour fm, pour dernier terme la production, autrement que par le mot productif? Comment pourrait-on caractériser des travaux , des dépenses , qui ne commencent qu'après la production, qui ont pour but, fiour un, pour dernier terme l'anéantissement, autrement que par le terme non-productifs ou stériles?

Qu'on cherche un autre terme dans la langue qui signifie non-productif, l'autenr du Tableau économique est tout prêt à l'adopter; ce ne sont pas les mots, ce sont les choses qui occupent son génie.

Tout ce qu'il a voulu bien nettement disûnguer, c'est deux espèces de travaux, deux espèces de dépenses , deux espèces d'hommes travaillants et dépensants ; l'une, qui est la première dans l'ordre des temps , qui prépare de loin la production, qui est cause antécédente et efficiente, cause prochaine, immédiate de telle

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pixxluction particulière, par eiempla dt la laine tOEtlue rti 1767 , on a toodïv m 1768 ; la secoudc » qui est certainement postérieure , dant les travaux et k§ dépecuies s'exercent sur le^ prodactions récoltéea, qui se borne auit façfpiis, ga trafic, qui a pour but les consommatiouâ.

Que ceux qui veulent tout embrouiller el tout C4ïinfoncln% ne prennent pomt cesdintluction» simples et lumineuses pour ba§e de leurs spéculatious, à k bmM lieure^ mais ils n'empêcheront pa» qu'elle^j soieut naturelles , ejucle^, éviiiailei^ et très utiles à la déduction d^ vérités économiques.

Classe ht^iUet dépejige ^tt^riïe, tra?aux stériles, se disent dont, non pa&OQfntiie nuisildeti» n\\ même comme inutiles; tout au contraire , rioi tt*est |ilui vtQeqoi le^ façons et le u^oce, mais c'est aux jouissances des hommes, h U amm^imaètion ipi% senent, jouissances et consommationâ qui au^aiitmtnt cJiiqae pnK ductiou udtuj die qui en est la matière.

J] est encore vrai que le e^msommateur paye, et que s^on^yemetit ravirai Ml agricoles; que l'argent de ce payement sert à faire de nouvelle a v an ces, denott- \m% travaux, d où K*sulte une nouvelle prtKluction : par eietufile, k*s manuJaC' luricrs vendent, en 1 767, le drap fabrique eu 1 766» avec leif laiiiest de Tm piol; de ce même argent. Us achèteront les laitier; de i 768, et les fermiers feront dé et m^ine argent les avances, d'où résultera la toute des laines iwur Tannée 1769. m n'a Jamais dit autre diQse;:c'est là ce qu'explique et fjgure hTahkm^c^nomtqm* Mi&iHf ejifiu, il faut commencer par quel<]ue cbo«se, quand oo veut eipfiquer ooGh ment les ridtei^ses iiiiissent, se distribuent et revivent sans cessi?. NatureilemÊUt . { mi pouvait, on devait même commencer par leur naissance, pr la récolté, coan&t < a fait Tau leur du 1 aldeau. i

t^ii partant de ce |>oint, de la récoite d'tme année telle que }a présente 1 7fi7. i rieu n'est plus vrai , plus ualurel que de dire : « Voyez ces fruits, ces matières df toute espèce que la nature vous fournit, et que les agricoles recueillent bruts de ses mains. Il y a eu ci-devant des dépenses et des travaux qui ont précédé, préparé, occasionné cette récolte, dépenses et travaux productifs de cette récolte 1767. Il se fera jusqu'à la consommation ou anéantissement de ces matières récoltées, aujourd'hui brutes, des dépenses et des travaux pour les façonner; ces dépenses, ces travaux , ne font plus rien à la production de 1767, ils sont non-prodactiù , ils sont stériles par eux-mêmes. »

Les ouvriers façonneurs et les trafiquants gagneront de l'argent en 1767 ; cet argent ne fera rien à la production de 1 768 : ne voyez-vous pas qu'on laboure déjà pour semer au mois de novembre prochain? Mais, en 1768, ils rapporteront cet argent aux cultivateurs, qui l'emploieront en avances et travaux agricoles, pour préparer et produire la récolte 1769. Oui, mais le rapporteront-ils pour rien cet argent? Non ; ils en achèteront leurs subsistances et les matières premières de leurs ouvrages, subsistances et matières premières produites en 1768 par les agicoies. Mais quand ils les auront achetées, ces subsistances, ces matières, à qui seront-elles ? A eux , ouvriers et fabricants. Fort bien : et l'argent qu'ils auront donné en échange, à qui sera-l-il? Aux agricoles. A meneille. Or, c'est cet argent, dites-vous, qui doit servir après aux avances productives de 1769. Ilicn de plus vrai ; mais c'est quand il sera revenu aux cultivateurs, quand il leur

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