‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 133 sur 203 · Girelle placée dans une même solution · texte numérisé non relu

Girelle placée dans une même solution

Morte en 3 minutes.

3. Girelle placée à 10 h. 30 m. dans une solution contenant 3,7 de lithium.

A 10 h. 50 m., sur le flanc.

Trouvée morte à 2 heures.

4. Girelle placée à 10 h. 30 m. dans une solution contenant 1,85 de lithium.

Trouvée morte à 2 heures.

Vivante à 6 heures.

Trouvée morte le lendemain matin.

Fi 1. Ce nombre est un peu différent de celui qui se trouve indiqué dans la communiquée à l’Académie des sciences et citée plus haut, Mais il y a cu une petite erreur de calcul que je rectifie ici.

6. Girelle placée à 3 heures dans une solution contenant 0,45 de lithium. Vivante à 6 heures, | Trouvée morte le lendemain matin: |

7. Crenilabrus ocellatus placé à 3 heures dans une solution contenants 0,45 de lithium. | Vivant à 6 heures.

Trouvé mort le lendemain malin.

8. Crenilabrus ocellatus placé à 3 heures dans une solution contenant 0,27 de lithium,

Vivant le lendemain à 6 heures du soir.

9. Girelle placée à 10 heures dans une solution contenant 0,234 de lithium.

Morte à 2 h. 30 m.

10. Girelle placée à 10 heures dans une solution contenant 0,234 de lithium.

hithium.

Vivant le surlendemain.

Ces expériences nous donnent le tableau suivant, qu'il faut

Vivante Le surlendemain. | 11. Serran placé à 6 heures dans une solution contenant 0,16 de | comparer aux deux tableaux précédents.

Dose de Li. Durée par litre. de la vie.

Ron:

TA 0,3 Tax 0,3 ST MOINS le ns 4589. moins de 3 0,92. . . environ 9 0,45. . . environ 9 0,45. . . environ 9 (ya 4,30 0,27. . "indéfinie 2 0,234. . 5

0,234.. . indéfinie 0,162... . indéfinie

Par conséquent, la limite de toxicité du lithium est placée entre 0,27 et 0,234, c'est-à-dire, en chiffres ronds, de 0,25 environ.

D. — Chlorkydrate d'ammoniaque.

1. Serran placé à 2 heures dans une solution contenant 0,18 d’ammonium (AzH*).

Mort à 2 h. 25 m., avec des convulsions tétaniques f.

9. Serran placé à 2 heures dans une solution contenant 0,18 d’am- P ,

monium.

Mort à 2 h. 15 m., avec des convulsions tétaniques violentes.

3. Girelle placée à 2 heures dans une solution contenant 0,09 d’am- $ monium.

Mort assez rapide.

4. Girelle placée à 4 heures dans une solution contenant 0,0336 d’ammonium.

Vivante le surlendemain.

Vivante deux jours après.

5. Girelle placée à 9 heures dans une solution contenant 0,05 d’ammonium.

Vivante le surlendemain à 9 heures.

6. Girelle placée à 9 heures dans une solution contenant 0,067 d’am- - monium.

Morte à 6 heures.

RE

on

st

1. Girelle placée à 9 heures dans une solution contenant 0,06 d’ammonium. .

Vivante le surlendemain.

LL Mano

Le tableau suivant résume ces faits.

Dose d'AzH # Durée par litre. de la vie.

0 Lo RS 0,15 009. x. ?

0,067. . 9 006. :. indéfinie 0,05... — 0,034. . —

1. Il est à remarquer que les sels ammoniacaux placés dans les milieux où TOME If. 27

La limite de toxicité est donc entre 0,067 et 0,06, c’est-àdire de 0,064.

Ainsi, en prenant la limite de toxicité des quatre métaux alcalins : Hithium, ammonium, sodium, potassium, nous pouvons établir la progression suivante :

POIDS k LIMITE MÉTAL ATOMIQUE : DE TOXICITÉ 23 SOU NUE COUR 26,0 1 RACRNUMEN EEE 0,25 39 Potassium ee 7. | 0,20 18 AMMONIUM ESS 0,064

Il est vrai que l’on ne peut guère que par une hypothèse comparer l’ammonium à un corps simple. Mais les analogies dans la constitution des sels ammoniacaux etdes sels alcalins sont telles qu’elles permettent d'établir cette assimilation.

D'ailleurs, même en faisant abstraction du chlorhydrate d’ammoniaque, il n’en reste pas moins ceci, c'est que le sodium, dont le poids atomique est trois fois plus fort que le lithium, est cent fois plus toxique, et que le potassium, dont le poids atomique est cinq fois plus fort que celui du lithium,

n’est guère plus toxique que ce métal de 7 seulement Si

l’on représente par 1000 la quantité de sodium nécessaire pour être toxique, celle du lithium sera représentée par 10, celle du potassium par 8, celle de l’ammonium par 2.

I n'y à donc pas de relation absolue entre la toxicité de ces métaux et leur poids atomique.

Toutefois, on peut faire à ces expériences une objection

respirent les poissons déterminent de violentes convulsions. Aucun autre sel métallique ne provoque de pareils phénomènes. Chez les mammifères les sels ammoniacaux sont aussi tétanisants.

fondamentale, qui porte, non sur les faits eux-mêmes, Incon-

. testables comme le sont toujours les faits, mais sur l’interpré-

tation qu'on en doit donner.

Cette objection peut se formuler ainsi (et Vurpran me l'avait très nettement indiquée en présentant ma communication à l'Académie des sciences). « Rien ne nous affirme que les sels métalliques différents sont également absorbés et qu'ils n'agissent pas différemment sur l’épithélium des branchies. »

Ainsi, la cyclamine, d’après les expériences de VuzpiaN, fait rapidement périr des poissons qu’on place dans une solution de cette substance, et néanmoins elle est par elle-même peu toxique. Elle gonfle l'épithélium des branchies, et le poisson meurt asphyxié mécaniquement, mais non empoisonné par une substance toxique.

Il est certain que je ne puis pas donner la preuve formelle que le chlorure de potassium, le chlorure de sodium, le chlo-

rure de lithium, ete., sont également absorbés par les bran-

chies. Toutefois, 1l s’agit là de substances qui ont, au point de vue chimique, comme au point de vue physique, de très grandes analogies, qui sont à la fois très stables et très solubles, et que ces conditions permettent de supposer (c’est une vraisemblance, mais une très grande vraisemblance) que leur pouvoir endosmotique à travers l’épithélium branchial est assez analogue, ou du moins que la différence est moindre que le rapport de 1000 à 10, à 8, à 2.

En outre, — et c’est là une observation qui me paraît fondamentale dans la discussion de ces expériences, — même si l’on admet une action directe sur l’épithélium branchial, cette action directe peut être tout à fait assimilée à une action toxique. Les poisons, quand ils sont introduits dans le sang, vont porter leur action sur tel ou tel tissu ; les uns, comme le chloroforme ou le chloral, sur les she nerveux ; les autres, comme l’atropine, sur les plaques terminales du cœur ; d'autres, comme le curare, sur les plaques terminales ds

muscles ; d'autres encore, comme l’oxyde de carbone, sur les globules rouges du sang. Ce sont là actions chimiques exercées par le poison, selon son affinité, sur telle ou telle partie de l'organisme. Le chlorure de potassium, s'il altère l’épithélium de Ja branchie, est un poison de la branchie, de même que l’oxyde de carbone est un poison du globule sanguin. Il s'ensuit que, si l’on ne veut pas admettre que ces substances salines diffusent également dans le sang, mais bien qu’elles agissent localement sur les branchies des poissons, on n'en observe pas moins une hiérarchie toxique véritable. Dans ce cas la toxicité s'exerce non sur l'organisme tout entier, mais sur une partie de cet organisme, c’est-à-dire sur les branchies.

On peut donc, et j'y souscris très volontiers, dire que ce que j'ai appelé une différence de toxicité n’est peut-être qu'une différence d'action sur les branchies, Mais la branchie n'est-elle pas un tissu vivant? et l’action chimique d’un corps saturé, non décomposé et non décomposable, n’est-elle pas tout à fait identique à une action toxique?

M. Bzake, rappelant une expérience de Cr. BERNARD, a fait remarquer que le tannin, quoiqu'il soit en lui-même peu toxique, quand il est placé dans de l’eau où l’on a mis des poissons, détermine en peu de temps la mort de ces animaux, que, par conséquent, des substances peu toxiques comme le tannin peuvent entraîner rapidement la mort des poissons. Mais cette objection ne me paraît pas très fondée. En effet, le tannin est un acide, et sans doute 1l agit alors, non pas comme tannin, mais comme acide. L’acide sulfurique, après qu'il a été combiné à la soude, forme du sulfate de soude, qui, en injection intra-veineuse, est tout à fait inoffensif. Mais, si l’on a injecté dans le sang de l'acide sulfurique libre, on provoque même avec de faibles doses des accidents très graves. De même, le chlore, le brome, ete., quand ils sont sa turés par un métal (comme le sodium) sont inoffensifs, tandis qu’ils sont mortels même à petite dose quand ils sont à l'état

re LA d { ; ù :

libre, car leurs affinités chimiques énergiques font qu'ils se combinent avec les substances chimiques constituantes de nos (issus.

Or, les quatre chlorures avec lesquels j'ai expérimenté sont absolument neutres : ils sont de plus extrêmement stables. On peut affirmer qu'ils ne se décomposent pas dans l’organisme’, etque, s'ils formentdes combinaisons avecles éléments qui constituent nos tissus, ces combinaisons sont passagères, dissociables, et tout à fait analogues par leur facile dissociation à celles que peuvent former dans l'organisme les poisons comme les alcaloïdes, par exemple, ou l’oxyde de carbone, ou le chloroforme.

Cette distinction entre les substances chimiques non saturées (comme le chlore libre) ou saturées (comme le chlorure de sodium) est quelque peu arbitraire. Car il est vraisemblable que le chlorure de sodium peut entrer dans des combinaisons avec les substances organiques. Mais ces combinaisons sont passagères, et non définitives. Aussi la différence est-elle considérable entre les substances corrosives, caustiques, qui se fixent sur les éléments chimiques des tissus, et les substances non corrosives ni caustiques, qui traversent l’économie en s’unissant par des combinaisons instables avec les éléments des tissus.

Quoi qu'il en soit, que l’on admette une action locale sur les branchies, ou une action générale sur l'organisme, il n’en reste pas moins établi que le sodium, le lithium, le potassium, et l’ammonium agissent suivant une hiérarchie différente de leur hiérarchie atomique. Les expériences qui établissent ce fail sont confirmées par trois autres séries de recherches que Je vais maintenant exposer.

1. Peut-être faut-il en excepter le chlorhydrate d'ammoniaque,

S III. — Expériences sur le cœur de la grenouille.

Puisque l’on peut dans une certaine mesure identifier l'action locale d’une substance à une action toxique générale, il m'a paru utile d'étudier l’action locale des divers sels métalliques sur le cœur de la grenouille.

Cet organe, par sa spontanéité dans le mouvement, offre en effet un objet d'étude extrêmement commode. La cessation du mouvement indique qu'il a été intoxiqué : la continuation du mouvement indique que sa vitalité n’a pas été atteinte.

Il est certain qu'on ne peut assimiler absolument ces deux phénomènes : d’une part l'arrêt du cœur survenant à la suite d'un contact direct avec la substance toxique, et, d'autre part, l'arrêt du cœur consécutif à l'injection sous-cutanée de la même substance, quand l'injection est faite loin du cœur. Cependant, si les expériences avec des solutions salines mises au contact du cœur sont toujours instituées d’après une méthode identique, il s'ensuit qu’on en peut déduire des conclusions très précises, et qu’on a toute une série d'expériences comparables.

Voici comment j'ai procédé. Le cœur d’une grenouille étant mis à nu, je fais tomber sur le ventricule quatre gouttes d’une solution d’un chlorure métallique. Si le cœur, au bout d'un quart d'heure, a continué à se contracter, je recommence la mème opération. Si, au bout d’un quart d'heure encore, à 12 h. 30 m., je suppose, le cœur continue à battre, je remets de nouveau 4 gouttes de la même solution; et, à 12 h. 45 m., encore # gouttes.

A 1 heure, c’est-à-dire une heure après le début de l’expérience, je lave le cœur avec quelques gouttes d’eau froide, de manière à enlever complètement toutes traces de substance toxique : et j'attends encore une heure pour conclure relativement à l’action du sel métallique.

C'est là le criterium arbitraire que j'ai adopté. Si, dans les

conditions que je viens d'indiquer, c’est-à-dire deux heures après le début de l'expérience, le cœur ne donne plus de battements spontanés, j'en conclus que la solution métallique n'est pas toxique.

On peut ainsi arriver à comparer la toxicité des divers chlorures métalliques. Je suppose qu'une solution contenant un poids À de métal arrête le cœur. L'expérience est tentée

Le sA 6 une seconde fois avec un poids de métal. Si le cœur ne

s'arrête pas, je refais une troisième expérience avec un

poids —. Si le cœur s’arrête, une autre expérience est faite

. A / CAN A avec un poids g par exemple, qui, je suppose, arrête le cœur.

| É A Le poids toxique du métal sera donc intermédiaire entre a

et = soit = A représentant la quantité de métal contenu à

l'état de chlorure dans un litre d’eau.

Assurément ces expériences n'indiquent rien d’absolu sur l'action des sels. Si l’on changeait les conditions expérimentales (dix gouttes au lieu de quatre, par exemple, ou bien injections toutes les cinq minutes, etc.), on obtiendrait des résultats tout différents. Mais ce qui ne donne rien d’absolu peut cependant permettre des comparaisons utiles, et c’est ainsi que je puis comparer l’action des chlorures des principaux métaux alcalins sur la fibre musculaire cardiaque.

À. — Expériences avec le chlorure de sodium.

1° { heure, 4 gouttes d’une solution contenant 39,3 de sodium.

A 1h. 15 m., 4 gouttes.

Le cœur bat très bien.

À 1 h. 30 m., 4 gouttes.

À 1 h. 45 m., 4 gouttes.

Le cœur continue à battre très bien.

A 2 heures, le cœur est lavé dans de l’eau froide, il bat très bien. À 3 heures, le cœur bat très régulièrement.

2° Même expérience avec une solution contenant 78,6 de sodium. Le cœur bat très bien à 3 heures.

3° Même expérience avec une solution contenant 78,6 de sodium. Le cœur bat très bien à 3 heures.

4° Mème expérience avec une solution contenant 78,6 de sodium. Le cœur bat très bien à 3 heures,

50 Même expérience avec une solution saturée de chlorure de sodium (c’est-à-dire contenant 104 grammes de métal).

A 1h. 45 m., le cœur s’arrête, mais, après qu’il a été lavé à l’eau froide, il reprend ses battements,

Par conséquent, une solution saturée de chlorure de sodium n'arrête pas définitivement la contractilité spontanée du cœur.

B. — Expériences avec le chlorure de hithium.

19 A L'heure, 4 gouttes d’une solution contenant 13,35 de lithium par litre.

À 1h. 15 m., 4 gouttes de la même solution.

À 1 h. 30 m., 4 gouites de la même solution.

Le cœur bat faiblement.

À 2 heures, le cœur bat encore : il est lavé dans de l’eau froide.

À 3 heures, le cœur bat bien.

20 À { heure, 4 gouttes d’une solution contenant 26,7 de lithium par litre. |

Le cœur s'arrête immédiatement. Quelques instants après, il reprend ses battements.

À 1h. 15 m., 4 gouttes.

Le cœur est irrégulier.

A 1 h. 30 m., 4 gouttes.

A 1{h.45 m., 4 gouttes.

A 2 heures. Le cœur est lavé dans de l’eau froide. Les battements sont très lents. Le cœur est tout à fait diastolique, et son extrême dilatation n’est interrompue que par de rares contractions.

À 3 heures, le cœur bat, quoique toujours avec lenteur.

3° Même expérience avec la même solution.

Le cœur bat encore à 3 heures.

4° Même expérience avec la solution.

Le cœur ne bat plus à 3 heures.

50 Même expérience avec une solution contenant 20 grammes de

… lithium par litre. s A 4 heure, à 4 h. 15 m., à 4 h. 30 m., à 1 h. 40 m., chaque fois

4 gouttes. à A 1 h. 53 m.,le cœur bat très lentement, alors qu’au début de l’expé-

- rience, les battements étaient très rapides. 4 À 2 heures, le cœur est lavé dans de l’eau froide. 1 A 3 heures il bat, quoique avec lenteur.

6° Même expérience avec une solution contenant 13,35 de lithium. A 1 h. 45 m., le cœur bat rapidement. A 3 heures il bat bien, quoique avec lenteur.

T Même expérience avec une solution contenant 26,7 de lithium. A 3 heures, le cœur bat, mais lentement.

8° Même expérience avec une solution contenant 26,7 de lithium. ; A 2 heures, le cœur est arrêté. Remis dans de l’eau froide, il ne bat plus à 3 heures.

Il résulte de ces expériences que, quand la quantité de Hithium a atteint 27 grammes par litre, tantôt le cœur s'arrête, tantôt il continue à battre. Cette différence tient sans doute à ce que, dans des expériences de cette nature, une précision rigoureuse ne peut guère être obtenue. Quand donc on arrive à la limite de la toxicité, les résultats portent, tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre. Toutes les fois qu'il en est ainsi, c'est qu'on est arrivé au chiffre limite. Cette limite qui était de 104 pour le sodium, peut donc être évaluée à 27 pour le lithium.

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