TOME I
030 E. DELBOSC.
Mais une réaction ne tarda pas à se faire; on cita des cas d'empoisonnement, et certains auteurs allèrent jusqu'à proscrire le nouvel alcaloïde. D’autres lui sont restés fidèles: ils ne croient pas la cocaïne coupable de tous les méfaits qu’on lui impute, et il leur suffit de l’employer avec prudence pour ne jamais observer d'accidents sérieux. Ainsi nous voyons notre maître, M. P. Reczus, s’en servir depuis trois ans et s’en servir toujours avec un égal succès : jamais de phénomènes toxiques inquiétants.
Est-ce à dire que la cocaïne soit absolument inoffensive ? Nous sommes loin de le prétendre; mais, avec M. Reczus, nous ne croyons pas légitimée la crainte exagérée qui pousse certains chirurgiens à ne pas se servir de ce médicament. C'est pour soutenir cetle opinion que nous entreprenons ce travail; notre but est en effet de prouver que la cocaïne n’est pas aussi dangereuse qu'on veut bien le dire. Ce fait ressortira, croyons-nous, de l’étude physiologique et clinique de cette substance.
Nous diviserons notre travail en deux parties :
1° Étude des effets physiologiques de la cocaïne ;
9° Examen et analyse des divers empoisonnements publiés
jusqu’à ce jour.