Crourrr, Soc. de Biol., 2 février
4. GRASSET ct JEANNEL, Comptes rendus de l'Ac. des Se., 9 février 1885." Cu. Riouer et LancLoïs, Comptes rendus de l’Ac. des Se., # juin 1858.
LA COCAINE. 037
une combinaison chimique entre la cellule vivante et la substance toxique qui a diffusé du sang dans lestissus. Cette combinaison chimique, cause déterminante de la convulsion, s'effectue seulement à une température donnée, et est plus ou moins complète suivant la température.
Dès lors, il semble facile d'expliquer l’absence de convulsions pour les animaux à sang froid. « À priori, d'après MM. Cu. Ricuer et LanGLois, on peut supposer que la température est trop basse pour permettre les phénomènes convulsifs; mais des grenouilles échauffées à 30° ne présentent pas de convulsions: et, d'autre part, des chiens refroidis à 28° ont des convulsions, très atténuées, il est vrai, mais encore caractéristiques. »
Par conséquent, la température ne peut expliquer qu’une parte du phénomène; un autre facteur doit intervenir. M. Cu. Ricuer croit à la prépondérance du système cérébral qui, plus ou moins développé, va s’imprégner d’une plus ou moins grande quantité de substance toxique, etréagir d'autant mieux. En un mot, il y a une relation directe entre la dose convulsive et la masse cérebrale.
Quelques expériences faites sous la direction de M. Cu. Ri- CHET nous ont permis d'établir cette relation.
Un premier fait se dégage de nos recherches : la cocaïne n'est pas convulsivante pour les animaux à sang froid. M. Kogerr' aurait cependant obtenu des convulsions avec des grenouilles. M. Cu. Ricuur, dans ses nombreuses expériences, n'a jamais vu rien de semblable. J'ai, moi-même, injecté à des grenouilles des doses très variables de cocaïne : nombre d’entre elles sont mortes ; mais je n’ai pas eu une seule convulsion. Il faut croire que la cocaïne allemande ne se présente pas avec celte pureté, que des chimistes, sans doute intéressés. refusent, bien à tort, à la cocaïne française. En effet, un produit, absolument pur, introduit dans le tissu sous-cutané de
1. Koserr, Archiv für experimentelle Pathologieund Pharmakologie, 1882, p. 52.
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la grenouille, ne donnera jamais naissance à des mouvements convulsifs. De même pour les autres animaux à sang froid : les tortues et les tanches que nous avons injectées ne sont jamais entrées en convulsion.
Bien différents sont les animaux à sang chaud; pour eux, la convulsion est la règle; il suffit d'injecter une dose convenable de cocaïne. Cette dose varie avec la taille de l'animal. Pour avoir des résultats comparables entre eux, nous avons choisi un point de repère fixe, une unité invariable. Nous avons tout rapporté au kilogramme d'animal. Par suite, lorsque nous dirons avoir injecté 5, 10, 15 centigrammes de substance active, ce chiffre sera indépendant du poids total du sujet. |
Dans le cours de ces expériences, un fait nous a frappé tout d’abord. Avec deux animaux de même espèce, mais de poids différent, celui qui pesait le moins élait toujours plus sensible à l’action de la cocaïne; et cependant la dose de substance active était proportionnellement la même.
La raison, croyons-nous, est que le rapport entre le poids total du corps et le poids du cerveau est à l'avantage du sujet le plus petit.
Ce rapport est très important; et cette importance va être mise en relief par l’étude comparative des doses de cocaïne nécessaires pour produire des convulsions suivant l’espèce animale. Voici les résultats trouvés dansles auteurs, combinés avec nos propres expériences. Nous en donnons an résumé succinct sous forme de tableau :