‹ Physiologie (volume 2)Chapitre 45 sur 203 · URINE RENDUE PAR MINUTE · texte numérisé non relu

URINE RENDUE PAR MINUTE

Exp.[. Exp.l. Exp.i. Exp.IX, Exp.ILI.

2° Injection de sücre. : 41°,8 Ze3 ADO 2009/4287 Injection d’eau. . . 0,6 0,5 DEAD AE: 0,06

Un autre fait est à remarquer : c’est que l’urine qui s'écoule après les injections d’eau est sanguinolente et alors albumineuse. Au contraire, même après l'injection de doses considérables de sucre, jamais le sang ne passe dans l'urine, tandis qu'il suffit d’une dose relativement minime, soit 200 grammes d’eau (20 grammes par kilogramme), pour provoquer cette hématurie.

Le fait avait été noté par Macenne; il avait vu, dit Craue BEerxarD ', l’albumine passer dans les urines toutes les fois qu'on injecte dans le sang une certaine quantité d’eau. « Dans ces conditions, l'urine devient albumineuse et même sanguinolente..…. Il faut admettre là une action particulière de l’eau sur les éléments du sang, qui, sans doute, doivent garder entre eux des rapports de quantité tels qu'on ne peut les faire varier, sans que ce liquide s’altère et change de nature. »

D'autres expérimentateurs, Kieruzr, Farc et Picot, ont aussi vu l’hématurie se produire; mais ils n'ont pas observé l’anurie consécutive à l'injection d’eau, et, même, Farc et Kieruzr ont cru pouvoir noter de la polyurie.

En réalité, ce n’est pas seulement sur le reinque l'injection d’eau a un effet tout différent de l'injection de sucre; avec l'intestin, le résultat est identique : l’expérience suivante en est la preuve :

Ayant mis à nu l'intestin et placé un tube dans chaque bout

4, Leçons sur les liquides de l'organisme, t. IT, p. 139.

pes

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de cet organe sectionné, nous ne vimes aucun écoulement de liquide se produire, bien que nous eussions injecté 1,050° d’eau distillée; au contraire, il y eut une production abondante de liquide après l'introduction, dans les veines du même animal, de 216° d’une solution de sucre concentrée.

A quoi faut-il attribuer ces phénomènes d’arrêt sécrétoire provoqués par les injections d’eau ? On pourrait supposer qu’il s’agit là d'une modification des éléments du rein ou de l’intestin, telle que ces organes, altérés dans leur structure, soient troublés dans leurs fonctions. Il n’en est rien cependant; car l'expérience IV nous montre que l'injection de la solution sucrée a pu provoquer l'écoulement d’un liquide intestinal abondant, malgré l'introduction préalable de 1,050®% d’eau distillée dans le système veineux. De même pour le rein : les expériences [, IT et IX montrent nettement la possibilité du rétablissement de la fonction rénale par le fait de l'introduction d'une solution de sucre, par exemple, dans le système cireulatoire, alors que la sécrétion urinaire avait été presque tarie par une ou plusieurs injections d’eau distillée.

Pour ce qui concerne l’hématurie, il faut en revenir à l’opinion de Craune BERNARD, qui voit dans ce phénomène la conséquence d’une lésion des globules et du plasma du sang ‘.

Quant à l’anurie consécutive aux injections aqueuses, nous en connaîtrons mieux la cause lorsque nous aurons exposé l’action des diverses substances sur la fonction du rein.

En résumé, nos expériences nous montrent que : 1° L'injection* d’eau à petites doses n'agit pas sur la sécré-

1. M. Marrer à trouvé que le sang des individus qui ont absorbé par la voie digestive des quantités notables d’eau présente des altérations globulaires : les globules sont déformés et crénelés. (Montpellier médical, 1819.)

2. Nous ne parlons ici que de l'injection intra-veineuse, et non de l'ingestion stomacale; nous ne confondons pas des expériences qui consistent à faire passer de l’eau distillée dans nne veine, avec l'introduction dans l'estomac de boissons abondantes, fussent-elles aqueuses, lesquelles ont toujours produit et produi-

tion urinaire : à doses moyennes (de 5 à 20 grammes par kilogramme de l'animal), elle ralentit la sécrétion ; à doses plus fortes (au-dessus de 30 grammes par kilogramme), elle arrête cette sécrélion ; ;

2° La sécrétion peut être rétablie par le sucre et les autres substances diurétiques ;

3° L’urine est sanguinolente et albumineuse après les injections d’eau;

4° Les sécrétions intestinales, très abondantes après l’injection de sucre, n’augmentent pas après Les injections d’eau.

Injections de sucre.

Des expériences antérieures nous avaient montré que l’injection intra-veineuse de quantités notables de lait provoque une polyurie abondante. Nous avons pensé alors que l’injection de sucre (lequel existe en quantité notable dans le lait, soit 40 grammes par litre) pourrait peut-être produire les mêmes effets, et l'expérience confirma nos prévisions.

Sur des chiens, opérés comme nous l’avons dit plus haut, si l’on introduit dans la veine une petite quantité de sucre, aussitôt on voit l’urine s’écouler avec abondance. Ainsi (Exp. Ill), avant l'injection de sucre, on ne peut recueillir en 50 minutes que quelques gouttes d'urine, tandis que, après l'injection de 10° d'une solution concentrée de sucre de canne, on obtient un écoulement de 12 gouttes par minute.

Cette urine est limpide, non sanguinolente, non albumineuse, beaucoup moins fortement colorée que l’urine normale;

ront toujours de la polyurie. Cette distinction pourrait paraître superflue, si elle n'avait échappé à un rédacteur du Montpellier médical (1880).

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elle est même d'autant plus incolore que la polyurie est plus abondante. Elle contient toujours de très grandes quantités de sucre. À mesure que l’on injecte des doses plus fortes, la quantité d'urine augmente rapidement, au point qu'il devient pour ainsi dire impossible de compter le nombre des gouttes qui s’écoulent par minute (nous avons compté une fois 150 gouttes par minute). Pourtoutescesnumérations de gouttes et de quantité d'urine s’écoulant dans un temps donné, nous renvoyons aux expériences placées à la fin de ce travail. Disons seulement quelapolyurie, après lesinjections de sucre, est, dans quelques cas, telle, que, si l’on représente par 1 la quantité d'urine normale, la quantité d'urine sucrée éliminée dans le même espace de temps peut être représentée par 40.

Nous nous sommes demandés s’il existe un rapport entre le volume du liquide injecté et le volume du liquide sécrété. Il est facile de voir, dans l’expérience [, par exemple, que le volume du liquide sécrété dépasse de beaucoup celui du liquide injecté, déduction faite du chiffre normal de l’excrétion urinaire pendant ce temps. Ainsi, un chien, en une demiheure, avait éliminé 14° d'urine; on lui fait une injection de 19% d’une solution sucrée dans la demi-heure qui suit : il sécrète 54° d'urine, ce qui représente, déduction faite du liquide normalement sécrété, quatre fois le volume du liquide injecté. Il s'ensuit que, sous l'influence de l’excrétion rénale exagérée, 1l se fait une véritable déshydratation du sang. Cette déshydratation explique la soif intense manifestée par les animaux à qui on à fait seulement une injection intra-veineuse de sucre.

Nous avons aussi cherché les relations qui pouvaient exister entre la quantité de l'urine et celle de l’urée excrétée à la suite d'injections intra-veineuses de sucre interverti. À mesure que l'urine est plus abondante, elle contient, par litre, une quantité beaucoup moins grande d’urée; mais cette diminution est compensée et au delà par l'augmentation de la sécrétion urinaire. En rapportant le chiffre de l’urée à 1 kilo-

gramme du poids de l'animal par 24 heures, nous avons obtenu les chiffres suivants :

EXPÉRIENCES

Conan Et pie.

I Il II

Avant l’injection (moyenne). . . , 0,42 0,45 0,22 Après injection de sucre (moyenne). 1,74 0,81 0,90 Après la première injection. . . . (0,63 0,63 0,68 Après la deuxième injection. . . . 1,06 0,85 0,47 Après la troisième injection. . . . 2,45 0,07 0,95 Après la quatrième injection. . . . 2,44 0,78 0,20 Après la cinquième injection. . . . 2,40 Oo» 1,20

Ainsi la quantité totale durée excrétée augmente en même temps que l’eau éliminée par le rein avec le sucre. Ce fait démontre que la glycosurie, l’azoturie et la polyurie sont trois phénomènes simultanés dépendant tous les trois d’une même condition physiologique, à savoir la glycémie.

Pour le sucre comme pour les autres substances (ainsi que nous le verrons plus loin), le moment de la polyurie coïncide avec celui de l'élimination par le rein.

Lorsque l’expérience a duré longtemps, et que la quantité d'urine excrétée a été considérabte, les nouvelles injections de sucre ne déterminent plus qu’une polyurie très passagère, et la sécrétion diminue promptement.

Ainsi la sécrétion urinaire qui, à la suite d’injections successives de quantités variables d’une solution sucrée, avait atteint à différents instants, et par minute, 0,56 | 1,8 | 1,43 | 3 | 4,3, tomba, une demi-heure après la sixième injection, à 0,6 par minute.

Par conséquent, la déshydratation du sang atteint bientôt certaines limites qu’elle ne peut plus dépasser, et l'introduction de nouvelles quantités de sucre demeure alors sans action.

Toutefois, au début des expériences, l'écoulement est assez régulier et persiste assez longtemps pour permettre d’entreprendre avec avantage des recherches sur les modifications quelconques de la fonction du rein. Si l'on injecte dans le sang une autre substance, l'écoulement de l'urine, plus ra-

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