‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 126 sur 168 · Je trouve à cet égard le document suivant · texte numérisé non relu

Je trouve à cet égard le document suivant

M. Anderson Stuart (cité dans le Jahresberichle de Ilofmann et Schival/je, 1882, p. 24), étudiant la dose toxique de nickel pour l kilogramme d'animal, a trouvé les chiffres suivants :

Grenouilles. .

Pigeons . .

Cobayes . .

Rats

Chats. . . .

Lapins. . .

Chiens . . .

A côté de cette sensibilité des écrevisses, iJ faut placer la grande résistance des limaçons, résistance qui ne porte pas sur le lithium, mais qui ne porte que sur le potassium et le rubidium, et spécialement sur le rubidium.

S'agit-il là d'une résistance plus grande du tissu nerveux ou de certaines conditions particulières d'absorption? Je ne saurais le dire. Toutefois, comme les limaçons sont empoisonnés par les mêmes quantités de lithium que les autres animaux, cela prouve que la résistance de leur système nerveux n'est guère plus considérable. La différence entre le lithium et les deux autres métaux alcalins consiste surtout en ce que le lithium s'élimine mal. Or, les limaçons mettent très longtemps à mourir, ce qui permet, dans le cas de l'empoisonnement par le potassium et le rubidium, une progressive élimination.

Aussi pencherais-je à croire que, si le potassium et le rubidium ont besoin d'être injectés à forte dose pour tuer des limaçons, c'est que chez ces mollusques lamorl survient lentement, et que l'élimination graduelle a alors le temps de s'établir.

En laissant de côté les écrevisses et les limaçons, nous trouvons que les autres animaux se comportent tous à peu près de la même manière, la moyenne oscillant entre les chiffres de 0^'-,419 et de 0e%568.

Mais même ces variations peuvent être interprétées, et l'interprétation qui me semble la plus vraisemblable, c'est que les différences qu'on constate sont dues principalement à la pénétration plus ou moins rapide du poison, d'une part, et, d'autre part, à son élimination plus ou moins rapide.

Chez les poissons, l'injection pénètre très vite dans le sang ; l'absorption, sans être aussi prompte que chez les écrevisses, est très rapide. De sorte que le maximum d'effet s'observe presque immédiatement après l'injection, tandis que, chez les animaux à sang chaud, la pénétration de la substance est plus lente : sauf certains cas accidentels, c'est un quart d'heure, une demi-heure, une heure et même deux heures après l'in-

jection que s'observe le maximum d'effet. Les sels de potassium surtout, et spécialement les chlorures, sont très difiicilement absorbés, et, comme je l'ai dit plus haut, il est presque impossible de tuer un chien par injection souscutanée de chlorure de potassium.

Malgré ces nuances, c'est un fait remarquable que cette égale sensibilité d'animaux divers aux poisons alcalins. Il aurait pu exister des différences énormes, comme celles qu'on constate pour certains poisons végétaux — pour l'atropine, par exemple, qui tue un homme à la dose d'un centigramme, et qui, à la dose d'un gramme, ne tue pas un lapin. — Mais ce n'est pas cela qu'on observe, c'est l'identité de la sensibilité au poison pour des êtres vivants aussi divers que des poissons, des tortues et des pigeons.

L'intérêt de cette constatation est considérable. Comme nous le montrerons, ces poisons agissent chimiquement, et alors l'identité de la dose mortelle prouve l'identité de la constitution chimique des centres nerveux qui subissent l'action du poison. Chez les animaux d'ordres très différents, le système nerveux est donc constitué par les mêmes éléments chimiques, les mêmes éléments anatomiques, et il y a une toxicologie générale, comme il y a une physiologie générale.

Mais, si des animaux on passe aux végétaux, on constate ce fait remarquable que le potassium n'est pas un poison. Cela prouve que le potassium n'est pas un poison de toute ccllulevivante, mais seulement delà cellule nerveuse ^ L'ammonium est dans le même cas.

G. — Effets de la température extérieure.

Une condition qui, à ma connaissance, n'a pas encore été étudiée, et qui, cependant, doit être prise en sérieuse considération, c'est la température extérieure.

Mes expériences sur les chlorures ont été faites à la fin de

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