TOTAL
Poissons
Pigeons
Cobayes
Or les doses toxiques moléculaires des chlorures isolés sont, d'après un des tableaux donnés plus haut (Tableau XII), «n moyenne, de 0,0115. On voit que c'est à peu près le chiffre auquel nous arrivons pour la somme des trois chlorures mé-
1. Je noterai que ces expériences avec les chlorures mélangés ont été faites ■en hiver; ce qui tend, comme nous l'avons dit, à augmenter la toxicité pour les pigeons et à la diminuer pour les poissons.
TOMK II. 31
langés, injectés chez le pigeon; et c'est, à peu de chose près,
ce que nous donne encore la somme de ces trois chlorures
pour les poissons et les cobayes.
Nous pouvons donc déduire de ces faits la loi suivante : D. Les sels alcalins agissent synergiquement; et, en les
mélangeant 1rs uns aux autres^ V effet 'produit est la somme de
leur action.
J. — Effets des injections successives.
Par suite de la lenteur des éliminations, si l'on fait une série d'injections successives, on observe parfois le phénomène de l'accumulation de la substance toxique dans l'organisme, quelque surprenant que paraisse ce fait avec des substances aussi diffusibles et aussi faciles à éliminer que les sels des métaux alcalins. Voici quelques expériences à cet égard : elles ont été faites sur les poissons'.
EXPÉRIENCK 1.
Le l*-- jouf. . 0,82 de Rb I
Le -S" jour. . 0,105 de Li Cl vie.
Le U^jour. . U,10;i — moil.
Expérience IL
Le 1" jour. . 0,39 de K Cl
Le 7'= jour. . 0,32 de K Cl mort rapide.
Le 1" jour. . 0,106 de Li Br
Le 6'= jour. . 0,071 — mort.
Expérience IV.
Le 1" jour. . 0,2o de Kl
Le 9° jour. . 0,25 — vie.
1. Mais, chez les poissons, les elîets du froid ont dû faire vai-icr beaucoup les résultats. En été les doses de Li Br et de Li Cl, par exemple, qui n'ont pas tué les poissons en hiver, eussent été rapidement mortelles.
Expérience V.
Le i" jour. .
0,42 de K Br
Le o" jour. .
vie.
E X p É R I E N CE
Le 1" jour. ,
. 0,b2 de K Br
Le 15" jour.
mort.
Expérience
Le d^r jour. .
, 0,40 de K Br
Le 15<= jour.
mort.
Expérience VIII.
Le i" jour. . 0,110 de Li Br
Le db«jour. . 0,082 — Li Cl mort.
Expérience IX.
Le d" jour. . 0,44 de Kl
Le 9"= jour. . 0,44 — mort au 12*= jour.
Expérience X.
Le 1" jour. . 0,50 de Kl
Le 6^ jour. . 0,50 — mort au 8^ jour.
Expérience XI.
Le 1" jour. . 0,163 de Li Br
Le 6" jour. . 0,163 — mort au Séjour.
Expérience XII.
Le l^'^ jour. . 0,150 de Li Br
Le 14® jour. . 0,150 — mort au 17^ jour.
lixPÉRIENCE XIII.
Le 1" jour. . 0,41 de Kl
Le 14« jour. . 0,41 — mort au 30« jour (?)
Encore que les faits ci-dessus exposés ne soient pas sans exception, on voit cependant bien cette accumulation des substances toxiques dans l'organisme des poissons. Ainsi, en
donnant, à 5, 6, 10 et même \o jours d'intervalle, la même dose au même poisson, on arrive à le tuer.
Par exemple (Expér. I), un poisson qui a survécu à la dose de 0.1 05 de Li Cl meurt à la suite de l'injection de la même dose faite neuf jours après. De même, dans les expériences VII et X. Les expériences II, III et VIII sont surtout démonstratives. En effet, la dose injectée six jours et quinze jours après est moindre que la dose primitive qui n'avait pas entraîné la mort.
Je neprétends pas ranger les sels alcalins parmi les poisons qui ne s'éliminent pas : je crois seulement que, chez les poissons, cette élimination est très lente, puisque, même quinze jours après la première injection, la même dose, et même une dose plus faible, nouvellement injectée, produit unefTet mortel.
Chez les pigeons, il ne semble pas en être de même ; mais l'expérience est assez compliquée, car l'épuisement de l'animal et la suppuration qui suit l'injection sous-cutanée rendent une conclusion formelle assez incertaine. Cependant l'élimination paraît être assez rapide. Ainsi un pigeon qui avait reçu, le 13 novembre, une injection de 0.34 de KCL, reçut le lendemain, vingt-quatre heures après, une injection nouvelle de 0.32 de KCL, et il survécut.
Il y aurait évidemment, sur ce point, de nouvelles expériences à entreprendre, et elles seraient d'autant plus intéressantes qu'elles permettraient de résoudre, au moins dans un certain sens, la nature de l'action toxique. S'il est vrai que les poisons alcalins ne s'éliminent pas, cela prouve qu'ils formeraient dans l'organisme une sorte de combinaison par substitution au chlorure de sodium qui serait difficilement dissociable, et qui, une fois formée, resterait dans l'organisme, probablement dans la trame du système nerveux, à l'état de composé de sel alcalin avec l'albumine, composé qui remplace la combinaison normale du chlorure de sodium avec l'albumine. Je me propose de reprendre ces faits à l'aide de celte méthode, qui donnera assurément des résultats intéressants.
K. — Effets généraux des poisons alcalins.
Tous ces sels alcalins semblent agir de la même manière, et, comme nous l'avons dit, porter leur action sur le système nerveux. Ces effets sont : affaiblissement général de l'organisme, titubation, hébétude, refroidissement, affaiblissement de la motilité et de la sensibilité, affaiblissement de la nutrition et diminution rapide du poids.
Il est presque impossible de dire sur quelle partie du fonctionnement des centres nerveux cette action toxique porte principalement. A vrai dire, toute l'innervation est atteinte, tout le système nerveux est empoisonné.
Tandis que ces sels, injectés dans les veines, sont des poisons du cœur, injectés sous la peau, ils sont des poisons de l'innervation. Aussi le contraste est-il frappant entre les doses énormes nécessaires pour être mortelles quand l'injection est sous-cutanée, et les doses relativement faibles qui suffisent quand l'injection est faite directement dans le système circulatoire. Je donnerai quelques chiffres relativement à l'influence des sels alcalins sur le poids général du corps, et on verra quelles chutes rapides ils provoquent.
Expérience I. — Pigeon de 312 grammes. Injection de 0,50 de Rb I.
Poids '.
grammes.
23 novembre. .
l^r décembre.
1. Dans les chiffres qui suivent, la première colonne indique le poids absolu du pigeon; la seconde, le poids relatif, en supposant qu'avant rexpérience son poids était de 100 grammes.
Expérience II. — Pigeon de 348 grammes (mis au froidj. Injection de 0, 0o7 de Li Br.
Poids.
23 novembre
mort.
Expérience III. — Pigeon de 343 grammes (mis à l'étuve). Injection de 0,060 de Li Br.
Poids.
grammes.
23 novembre .
1^'' décembre .
Expérience IV.
— Pigeon de 325
gramme
Ir
je
ction (
(Au froid.
Poids.
grammes.
23 novembre.
1" décembre .
mort.
Cette expérience est instructive; elle semble montrer que l'animal meurt, non par les effets immédiats et directs du
poison, mais par suite de l'affaiblissement du système nerveux, qui n'a su résister ni au froid ni à la dénutrition graduelle, rapide, qu'accuse bien la décroissance quotidienne du poids.
Expérience V.
Pigeon de 303 grammes. Injection, le 26 novembre, de 0,061 de Li Br. (Au froid.)
Poids.
grammes.
26 novembre .
l^r décembre
mort.
Cette expérience, comparée aux expériences II et III, est aussi des plus intéressantes, puisque trois pigeons ont reçu la même dose de Li Br. Les deux qui étaient au froid sont morts en perdant, l'un 24 0/0, l'autre 35 0/0 de leur poids. Le troisième, mis à l'étuve, a survécu, après avoir perdu un moment 31 0/0 de son poids ; puis il s'est remis de cette atteinte profonde, car il n'avait pas besoin comme les autres de résister au froid. On pourrait donc dire, dans une certaine mesure, que les pigeons empoisonnés en hiver par les sels de lithium meurent de froid.
Expérience VI. — • Pigeon de 273 grammes (mis à l'étuve). Injection de 0,072 de Li CL
Poids.
grammes.
8 décembre.
Expérience VII. — Pigeon de 28o grammes (mis à l'étuve). Injection de 0,0:i4 de Li Br ^
Poid^^.
grammps.
8 décembre .
Expérience VIII. — Pigeon de 294 grammes. Injeclion de 0,69 dé Kb Cl.
(Mis à l'étuve.)
Poids.
grammes.
8 décembre . .
Expérience IX. — Pigeon de 318 grammes. Injection de 0,032 de Li Cl.
(Au froid.)
Poids.
1. Comparer cette expérience à l'expéricQce II, où un pigeoQ est mort après avoir été soumis au froid, ayant reçu 0,037 de Li Br.
gramme?
8 décembre .
Poids, grammes.
Expérience X.
Pigeon de 320 grammes. Injection de 0,02o de Li Ci. (Au froid.)
8 décembre
lo —
Poids
p:amme
EspÉRiE.N'CE XI. — Pigeon de 2o4 grammes. Injection de 0,036 de Li
(Au froid.)
Poids.
8 décembre .
lo — .
. lOo
ExpÉRiE>'CE XIL — Pigeon de 300 grammes. Injection de 0,033 de Li Br.
(Au froid.)
Poids.
8 décembre .
gramme i .
Poids.
11 décembre. . 200 87
li — . . 240. .... 80