‹ Physiologie; (volume 3)Chapitre 77 sur 168 · CH. RICHET ET P. RONDEAU · texte numérisé non relu

CH. RICHET ET P. RONDEAU

Mais c'est surtout avec les tortues que l'expérience nous a donné des résultats imprévus.

Nous avons montré à la Société de Biologie une torlue dont la tête et les pattes antérieures avaient été scellées dans du plâtre. Cette tortue vécut 80 jours, du 4 5 mai 1 882 au 8 août i 882.

Pendant tout ce temps elle resta vigoureuse, quoiqu'elle subit un amaigrissement progressif.

Le 8 août 1882, nous constatâmes qu'elle ne faisait plus de mouvements volontaires ni réflexes, c'est-à-dire qu'elle ne retirait pas les pattes postérieures quand on les pinçait.

Nous fîmes alors son autopsie, et nous constatâmes que son bec et sa tête étaient complètement scellés dans le plâtre, et avaient même subi un commencement de macération par suite de l'excrétion des liquides organiques au travers des narines et de la bouche. Cependant, entre le bec et les pattes existait un tout petit espace, qui devait jouer le rôle d'une sorte de chambre à air.

Lecœurbattaitcncore,quoiquefaiblement,maisilétaitpresque privé de sang.Tous les tissus étaient absolument exsangues.

Cette expérience est importante : car on ne peut pas admettre chez les tortues de respiration cutanée. Ces reptiles sont, dans les parties privées de carapace, munis d'une peau écailleuse trop épaisse pour que l'oxygène puisse la pénétrer en quantité appréciable. Il s'ensuit que l'explication donnée par W. EmvARDs est sans doute vraie pour les gTenouilles. mais qu'elle ne peut certainement pas trouver son entière application aux tortues, attendu que chez ces animaux il n'y a que la respiration pulmonaire qui puisse introduire de l'oxygène dans le sang.

Comme les pattes postérieures de la tortue étaient libres on pouvait supposer que les mouvements de ses pattes postérieures servaient à déterminer des expirations et des inspirations pulmonaires. Il a été en effet démontré par P. Bkrt*

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