‹ Physiologie; (volume 4)Chapitre 110 sur 210 · Cl. Bernard, Loc. cit., p. 182 et suiv · texte numérisé non relu

Cl. Bernard, Loc. cit., p. 182 et suiv

4. Vallin, Arch. gén. de méd., 6e série, t. XV, p. 129, 1870.

5. Ch. Richet, Physiologie des muscles et des nerfs. Paris, 1882, p. 390 et 391. G. Vincent, Th. Bordeaux, 1887, p. 70-79.

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assez exactement aux chiffres indiqués par Cl. Bernard; chez les mammifères, la limite d'ascension thermique est de 45°; chez les oiseaux, elle est de 18°, 40; nous verrons plus tard que ces conclusions sont trop absolues; nous ferons remarquer seulement que, chez le lapin, la mort paraît survenir plus rapidement que chez les autres mammifères et que les cas de mort à 44° sont très communs chez cet animal; nous devons dire en outre que certains états physiologiques passagers semblent diminuer la résistance des animaux à l'hyperthermie ; Doré1 a vu, chez des femelles de cobayes pleines, la mort survenir à 43°, 8 ; peut-être la lactation est-elle aussi, comme la gestation, une cause de moindre résistance, mais aucune expérience n'a encore été faite sur ce sujet (voyez plus loin chapitre II).

Méthode d'expérimentation.

Le procédé que nous avons surtout employé pour produire l'hyperthermie est basé sur la propriété que possède le muscle de faire de la chaleur en se contractant; il consiste à électriser un animal par des courants d'induction forts et fréquents qui, passant à travers tout le corps, produisent un véritable tétanos électrique; ce tétanos électrique, absolument semblable au tétanos strychnique ou au tétanos traumatique, amène une ascension rapide et énorme de la température ; en moins de trente minutes, on peut observer une élévation de cinq degrés au-dessus de la normale; de plus, sans déplacer l'animal, il est très facile de le maintenir à une température déterminée; il suffit d'arrêter et de reprendre l'électrisation selon le besoin; parle séjour dans l'étuve ou l'expo-

1. Doré. Influence de l'hyperthermie sur les femelles en gestation. Thèse, Paris, 1883. pp. 10-23.

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sition au soleil, un pareil résultat est impossible à obtenir.

L'enveloppement dans l'ouate, la muselière, sont aussi des moyens très simples d'échauffer les animaux ou de retarder leur refroidissement; nous les avons utilisés dans la plupart de nos expériences, soit seuls, soit de concert avec les courants induits.

Dans nos recherches sur l'action combinée du cbloral et de la cbaleur, nous nous sommes servi des bains chauds, ne pouvant, à cause de la résolution musculaire qu'amène le chloral, avoir recours à l'électrisation.

Enfin nous devons dire que les accidents qui surviennent à la suite de l'électrisation générale du corps dépendent uniquement de l'hyperthermie. Si, par un moyen quelconque, on empêche celle-ci de se produire, la vie des animaux n'est nullement en danger; Ch. Richet1, à qui nous empruntons ces faits, a montré qu'un chien, électrisé pendant deux heures par des courants extrêmement forts, mais en même temps plongé dans l'eau, de manière à empêcher l'élévation de la température, ne présentait d'autre symptôme qu'une fatigue passagère, survivait et pouvait le lendemain servir à d'autres expériences; or nous n'avons jamais prolongé l'électrisation au delà de 7o minutes, sauf dans un seul cas où elle a duré 1 h. 30.

Toutes nos températures ont été prises dans le rectum au moyen d'un thermomètre coudé, très sensible, marquant les vingtièmes de degré, et maintenu en place pendant toute la durée de l'expérience.

A. — Influence de l'intensité de la température centrale. Expérienck I. — (28 mars 1888.)

Chien jeune, vigoureux, de forte taille, pesant 17kil,430 ; muselé et attaché à 2 h. 10 : l'animal gémit et s'agite.

A 2 h. 15 T. = 40°, (jo; Hesp. =24 1. Ch. Richet. Physiologie des muscles et des nerfs. Paris, 1882, p. 393.

BYPERTHERMIE ET GHLORAL. 363

A 2 h. 35, ou commence l'électrisation; ollr est continuée pendant 38 minutes jusqu'à 3 li. 13; voici la marche de la température :

heures, degrés.

2,40 41,40 Polypnée. Forte salivation.

2,4b il,":;

2,30 të

A ce moment on arrête. le courant, et on enlève la muselière, l'animal se refroidit assez rapidement.

heures. degrés.

L'animal est détaché et mis à terre; il paraît très fatigué et se tient difficilement sur ses pattes postérieures, qui traînent dans la marche et fléchissent quand il veut les appuyer sur le sol. 11 est pesé immédiatement ; son poids n'est plus que de 17 kilogrammes, la perte est donc de 430 grammes; comme il n'a rendu qu'une très faible quantité d'urine et de matières fécales, celte diminution de poids est due surtout à la salivation, qui a été très abondante, et à l'évaporation pulmonaire. Aussitôt pesé, le chien, laissé libre, se couche; il refuse de manger; mais boit volontiers un peu d'eau fraîche.

29 mars. — Dans la nuit, l'animal a eu de la diarrhée sanguinolente ; il n'aboie pas comme il en a l'habitude; cependant il paraît bien portant; il est gai, caressant, et marche sans peine; on ne fait pas plier son train postérieur, hier parésié, en pressant fortement sur ses reins.

T. = 39°,05; Resp.=24; Poids = 17 kil.

Au repas du soir, le chien a mangé comme à l'ordinaire. Les jours suivants, il n'a présenté aucun phénomène morbide; il a servi à plusieurs autres expériences ; un mois plus tard il était encore en vie.

Expérience II. — (7 avril 1888.)

Chien jeune, vigoureux, de forte taille; poids= 10Uil, 000 ; T. = 40°, 20; R. = 24.

304 RALLIERE.

Muselé, attaché et enveloppé dans l'ouate à 2 h. 13; l'animal est électrisé à 2 h. 20: il s'agite el pousse des hurlements plaintifs: sa température est portée en 70 minutes à 45°, 40 ; à ce moment (3 h. 28) l'ouate est enlevée promptement; le chien démuselé et détaché est refroidi immédiatement par des affusions froides; à 3 h. 4o la température est redevenue normale (39°, 40).

L'animal ne présente aucun phénomène convulsif; mais il est exténué, immobile, couché, et il semble indill'érent à ce qui se passe autour de lui.

A 4 heures, il se lève et tente de marcher ; il s'avance péniblement, sans assurance, et comme ivre, oscillant à droite et à gauche; son train postérieur est très faible; puis il se recouche et, après un instant de repos, il se remet encore sur ses pattes et fait quelques pas; il répète plusieurs fois le même manège, comme pour essayer ses forces.

A 4 h. 20, c'est-à-dire une heure environ après avoir été refroidi, l'animal paraît remis de sa fatigue et de sa torpeur; il court en tous sens dans le laboratoire ; il est gai et vient en remuant la queue quand on l'appelle.

Au repas de o heures il mange avec autant d'appétit qu'à l'ordinaire.

Le 8 avril. Chien vivant; dans la nuit une selle diarrhéique avec du sang; l'animal parait bien portant ; il est gai, caressant et tire fortement sur sa chaîne pour s'échapper; T. = 39°,2o.

Ce chien a survécu sans présenter d'autre accident que l'hémorrhagie intestinale déjà signalée et qui ne s'est pas reproduite; il a été utilisé pour d'autres expériences.

Expérience III. — (19 avril.)

Chien adulte, de taille moyenne, vigoureux, pesant 13kil,80O.

Attaché, muselé et recouvert entièrement d'ouate à 3 h. 10; T. = 40°,10 ; R. = 26. Électrisé de 3 h. 20 à 3 h. 49 ; sa température est portée à 45°, 6o ; à ce moment l'animal est démuselé, débarrassé de l'ouate et refroidi immédiatement avec de l'eau à 12° qu'on fait couler au moyen d'un tube en caoutchouc sur toute la surface du corps.

A 4 h. 10 la polypnée a cessé et la température est revenue à son chiffre normal (39°,75); l'animal extrêmement fatigué est immobile; il gémit et se plaint; par moments, un tremblement généralisé peu intense; ses membres restent allongés dans la position qu'ils avaient pendant l'expérience; lorsqu'on essaye de les plier, le chien se met aussitôt à aboyer fortement et à pousser des gémissements aigus, témoignant ainsi de la douleur qu'éveille cette manœuvre.

heures. degrés.

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Le chien tremble de lous ses membres; il continue à se plaindre, mais moins vivement; le moindre bruit fait autour de lui provoque des cris plaintifs et une grande agitation.

A '■> h. fcO, l'animal, qui jusque-là était resté immobile comme une masse inerte, essaya de marcher; il se tient assez facilement sur sesmembres antérieurs, mais son arriére-train semble paralysé et traîne sur le sol; T. = 32°.

20 avril. — Ce chien a succombé dans la nuit; l'autopsie, en dehors des lésions ordinaires qu'on trouve chez les animaux morts par hyperthermie (congestion générale des viscères, hémorrhagies intestinales, dureté du ventricule gauche, noyaux hémorrhagiques dans les poumons), a révélé, comme une particularité, une augmentation du liquide sousarachnoïdien qui avait d'ailleurs son aspect normal et sans trace d'inflammalion des méninges.

Expérience IV. — (7 mai 1888.)

Chien adulte, de taille moyenne, pesant 10 lui.; T. = 39°, 2o, R. = 24; muselé, attaché et enveloppé dans l'ouate à 10 h. 20; Électrisé de 10 h. 35 à 11 h. 55.

L'animal s'agite violemment.

Polypnée.

Animal très tranquille ; ne

songe qu'à respirer.

Grande agitation.

plus tranquille, quoi-

heures.

degrés.

ï:.;so.

que très inquiet

R. = 40; quelques convulsions.

Légère attaque clonique et

mort.

Le thermomètre, vingt minutes après la mort, marquait encore 45°. Il n'est pas monté au-dessus de 46°.

Autopsie pratiquée le même jour, à 3 h. 30 de l'après-midi.

Cerveau. Méninges légèrement hyperhémiées ; rien de particulier àla coupe des hémisphères et du bulbe.

Cœur. De volume normal; pas de liquide dans le péricarde; ventricule gauche d'une dureté ligneuse, vide; ventricule droit et oreillettes flasques et remplis de sang excessivement noir; veines caves gorgées de sang également très noir.

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