A.U SÉRUM DE CHIEN
CREPITINE MÉLANGÉE
AU SÉRUM DE CHUiN.
Doses.
Noms.
Doses.
A7ïda
Brésil
Assaku. . . .
Condor. . . .
Trinité. . . .
Urugaya . . .
Mort.
Manguina . .
Péruvia . . .
Crépita.. . .
Maraja. . . .
Amazonio . .
Survie.
On pourrait expliquer le fait par l'existence d'une antitoxine naturelle, comme d'ailleurs il en existe contre un certain nombre de toxines. C'est en effet l'explication la plus simple, mais elle est quelque peu hypothétique. La fixation de la toxine sur les globules ne peut être invoquée, puisque, dans la majorité des cas ci-dessous rapportés, le sérum ne contenait que peu de globules. Les solutions injectées étaient plus diluées (ce qui est une légère faute expérimentale), car je mélangeais la dilution de toxine au millième avec le sérum, de sorte que la crépitine était injectée au 1/2000 et non à 1/1000. Est-ce que la dilution a une action? L'alcalinité du sérum exerce-t-elle quelque influence? Je ne le crois guère, mais cela est possible. En tout cas, je mé propose, dans des expériences ultérieures, après avoir démontré le fait que le mélange avec le sérum normal diminue la toxicité de la crépitine, d'en étudier la cause.
S'il est vrai que le sang normal diminue la toxicité du poison, il s'ensuit que la dose mortelle sera diminuée, si l'animal a subi une hémorragie abondante. C'est une autre méthode, intéressante, qui permet de savoir s'il y a réellement dans le sang une action protectrice.
Je rappellerai d'abord l'expérience faite sur Ambi^osio (n° 38), chien de 18^9, qui reçoit le 8 mai 0g'',00024 de crépitine, dose extrêmement faible, et qui meurt le 11 mai, au 3'' jour. Il avait, 11 jours auparavant, perdu 304 grammes
i22 CHARLES RICHET.
de sang, 1,7 p. 100, hémorragie assez faible, comme on voit. Il a été dès le début assez sensible au poison pour vomir pendant l'injection même, ce qui est fort rare avec la crépitine.
Un autre chien, Gallapaga (n" 71), de 9 kilogrammes, perd 390 grammes de sang, soit une proportion de 4,3 p. 100, hémorragie qui n'entraîne jamais la mort chez un chierr normal. On injecte, aussitôt après, 0,001 de crépitine; alors il est tout de suite dans un état misérable, et meurt 1 h. 1/2 après l'injection.
Dia7ie (n" 72), de 9'', 3, subit à 11 heures une hémorragie de 484 grammes (soit 5,2 p. 100). A S heures, on lui injecte 0,001 de crépitine; et elle ne paraît pas malade immédiatement.
Mais l'expérience a cependant donné sur Diane un résultat intéressant. La dose de 08''^001 n'est pas mortelle en soi, et cependant Diane en est morte, en un temps relativement court, le S*" jour.
Une quatrième expérience est très décisive aussi dans ce sens.
Miramira, chienne caniche de 10'', 9, subit à 5 h. 20 une hémorragie de 505 grammes de sang (soit 4,4 p. 100 de son poids). Après l'hémorragie, elle est assez faible, mais peut marcher, se tenir debout, et la respiration est régulière. Alors, à 5 h. 27, on lui injecte 08i',0064de crépitine : elle ne paraît pas d'abord très malade. Mais, à 6 heures, elle est très affaiblie, l'afTaiblissement fait des progrès et elle meurt à 9 h. 1/2. Elle n'a donc survécu que 4 heures à l'injection de la toxine, car évidemment ce n'est pas d'hémorragie qu'elle est morte, puisque cette perte de sang de 4,4 p. 100 n'est pas mortelle. Ce n'est pas non plus de la toxine, puisque cette dose de toxine ne tue jamais un chien normal aussi rapidement.
Cependant, même après une hémorragie très forte, une dose très forte de crépitine ne détermine pas toujours la
mort immédiate, comme chez Gallapaga. Marano subit une hémorragie de 4,6 p. 100 de son poids, et on lui injecte alors la dose énorme de 08'',033 par kilogramme. Après cette injection, il peut se tenir debout, marcher, et ne semble avoir d'autres phénomènes qu'une très grande fatigue. Il meurt dans la nuit.
On peut réunir ces faits dans le tableau suivant :
NUMÉROiS.