RÉSULTAT
de
l'injection.
Péruvia . .
(En apparence guérie).
Mort en 2 h.
Jékara. . .
Mourant.
Mort immédiate.
Fernandez .
2 h. après l'injection.
Survie.
Fe mandez .
•24 h. après l'injection.
Mort immédiate.
Anda. . . .
Mourant.
Mort immédiate.
Santarema.
Mourant.
Mort immédiate.
Ainsi les deux séries d'expériences concordent. Si l'hémorragie est faite avant l'injection, l'injection de crépitine détermine la mort rapide (comme chez Gallapaga et Miramira). Si l'hémorragie est faite sur un animal injecté, elle amène la mort immédiate pour une perte de sang relativement faible.
Une autre expérience analogue, que je mentionne pour être complet, a été faite sur Périchole n" Tô. Mais l'injection de crépitine a été pratiquée par le bout périphérique de la carotide, et à dose considérable : O8'",03o par kilogramme.
Une heure après l'injection, l'animal est fatigué et faible. La sensibilité paraît très diminuée. Alors on lui fait perdre du sang; 2,5 p. 100 de son poids; mais cette hémorragie n'entraîne pas la mort immédiate.
En somme, ces diverses expériences sur l'hémorragie permettent de conclure non pas quantitativement, mais qualitativement, qu'il y a une protection de l'organisme par le sang. J'admettrais volontiers que l'oxygène joue un grand
rôle dans cette protection, puisque enlever du sang à un animai, c'est essentiellement diminuer la tension de l'oxygène dans ses tissus.
Partant de cette idée que le sang atténue dans une certaine mesure la toxicité de la crépitine, et que la substance est plus toxique quand elle portée directement au cerveau, j'ai l'ait l'expérience suivante, qui d'ailleurs n'a pas réussi.
A Ayapiia {n°ll) i'dii fait la ligature des deux carotides, ce qui diminue beaucoup la circulation dans le cerveau, et j'ai injecté 0,004 de crépitine par kilogramme.
Il n'y a eu aucun accident immédiat. L'animal est mort au 10" jour, tout à fait dans les mêmes conditions que si les carotides n'avaient pas été liées. J'avais d'ailleurs prévu le résultat, et c'est une expérience qu'il me paraît inutile de recommencer.
J'ai cherché à savoir approximativement à quel moment le poison disparaissait de l'organisme ; et comme la recherche chimique esta peu près impossible, j'ai pratiqué la recherche biologique.
Voici comment l'expérience a été instituée :
Fernandez (n° 75), chien de berger, vigoureux, de 22''^'^',55, reçoit dans les veines 350 centimètres cubes d'une solution de crépitine à 2 p. 1 000. L'injection est commencée à 1 h. 30 et finie à 2 h. 30. L'animal n'est pas très malade, a un peu de diarrhée sanglante. Alors à 4 h. 15 (de 4 h. 15 à 4 h. 25), soit en moyenne 2 heures après l'injection de crépitine, on fait passer directement le sang de Fernandez dans la veine jugulaire à'Améric (n° 78), petit chien de 6''°'', 140, morphine pour que l'opération se fasse facilement. On constate qu'^merzc a augmenté de 410 grammes. Il a donc reçu 410 grammes du sang de Fernandez.
Si le poison était resté dans le sang de Fernandez, en supposant, d'après les auteurs classiques, M p. 100 de sang, la dilution de la crépitine serait deOsi',35 pour 1 000 grammes de sang, et Amcric aurait reçu en quantité absolue 08'',145de
crépitine, soit par kilogramme 0,0234, ce qui est une dose mortelle en deux ou trois jours. Mais A^néric n'est mort que le 17® jour, ce qui correspond à environ 0,0013 (Cf. avec Trinité^ n° 30, morte au 17'^ jour). Par conséquent, même après 2 heures, une grande partie de la toxine avait disparu du sang de Fernandez, s'étant fixée sur le cerveau (?) ou ayant été éliminée par l'intestin (?). Même on peut dire que la quantité de toxine contenue dans le sang de Fernande z était moindre que si tout le poison s'était également réparti dans tous les tissus et humeurs organiques, puisque, s'il en eût été ainsi, Améric aurait reçu Osi',002 par kilogramme, ce qui probablement l'eût fait périr en moins de 17 jours.
Le lendemain, Vasco (n° 79), de 6,150 grammes, a reçu aussi le sang de Fernandez (430 grammes), il n'a pas été malade et a survécu.
Une expérience analogue a été faite en faisant passer le sang artériel de Périchole (n° 80) dans le sang veineux de Guayaqiiil (n° 81). Périchole avait reçu une heure auparavant 0ê'',4 de crépitine. Gomme elle pesait 11 ''«•', 4, c'est sensiblement 0,04 par 1000 grammes de sang; soit pour 275 grammes de sang 0,11 de crépitine : Giiayaquil pesant 6,175, soit Osi',018 par kilogramme; si la toxine est restée dans le sang, et si elle a diffusé dans tous les tissus également 0,0016.
Il semble donc résulter de cette expérience, ou que le sang neutralise et atténue l'effet de la toxine, ou que la toxine, presque aussitôt après l'injection, se fixe dans certains tissus et disparaît du sang.
Probablement, les processus évoluent parallèlement.
Il n'y a pas lieu d'insister, car des faits analogues ont été vus pour la toxine tétanique (Vaillard).
D'autres expériences enfin ont été faites sur des chiens anaphylactisés pour étudier l'effet de l'hémorragie sur l'anaphylaxie : je les exposerai plus loin.
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