PR UN LE 5)
D'après ces tableaux, nous voyons que la dose toxique moyenne de la congestine sur des chiens neufs est voisine de 0,4; sur des chiens ayant reçu préalablement de la congestine, elle atteint 0,22; sur des chiens ayant recu de la thalassine, elle est seulement de 0,90.
L'action antitoxique de la thalassine est donc bien éclatante et bien réelle. Elle est d'autant plus remarquable à observer, qu'elle s’est produite quelquefois sur des chiens qui n'avaient présenté, lors de l'injection de thalassine, que des phénomènes vagues et peu marqués.
Nous avons pu, comme nous le disions plus haut, : observer des différences de sensibilité au prurit d’un chien
à l’autre. Certains semblent beaucoup plus prédisposés que d'autres à ces manifestations. Cependant, l'animal qui a paru réfractaire ou peu sensible aux démangeaisons et au prurit, est bien vacciné contre la congestine. L'action immunisante de la thalassine n’est done pas corrélative du prurit; elle n’est consécutive qu'à l'injection intraveineuse de ce produit.
b) Étude physiologique de l'anaphylaxie. — Le phénomène physiologique fondamental qui caractérise l’action anaphylactique de l'actinotoxine est surtout la chute rapide et considérable de la pression artérielle.
Une solution d’actinotoxine titrant 0,8 d'azote par litre, ne provoque, à la dose de 2 ce., aucun abaissement notable de la pression sanguine.
Une nouvelle injection de 5 cc. de la même solution fait alors baisser à 0,12 environ. A partir de ce point la pression ne se modifie plus guère.
Sur le chien anaphylactisé au contraire, la même injection primitive de 2 cc. entraîne, au bout de 2 à 3 minutes, une chute de pression brutale de près de moitié. De 0",16, elle tombe à 0,10, même 0,08.
Une nouvelle injection de 5 ce. du même liquide, provoque chez le même animal la chute de la pression à 0,06, quelquefois plus bas. À partir de ce point, de nouvelles injections ne produisent plus de modifications de la pression.
Cet effet est indépendant du cœur, car il se produit avec une égale intensité chez des animaux ayant reçu de l'atropine. Elle est au contraire la conséquence de la congestion intense du territoire vasculaire de l'intestin.
c) Anaphylaxie avec congestine chauffée. — L'anaphylaxie a également lieu lorsqu'on s'adresse à des congestines chauffées.
Les chiens suivants reçoivent par kilog. les doses suivantes de congestine chauffée à 105° pendant 5 minutes.
LOIRE. de 7. , .o fl 0,013 Vit.
=> A A : Cl 0,016 — — PTE. Ne NOR 0,016 Mort.
Congestine antérieure.. TI 0,0082 =
é * As A ( H XVII 0,0022 Vit.
Thalassine antérieure. . | H XVII 0,0022
d) /nfluence d’injections antérieures de thalassine et de congestine. — Il était intéressant de se demander, dans le cas où un animal aurait reçu préventivement une injection de thalassine et une de congestine, quelle serait l'influence qui se ferait sentir le plus énergiquement. Nous avons fait quelques expériences à ce sujet et en particulier :
H XXIII, J V, N V. — Ayant été préalablement protégés par une injection de thalassine, reçoivent une forte dose de congestine et survivent. Un mois après, ils recoivent tous trois 08,006 de congestine, et tous trois sont extrêmement malades. Deux heures après l'injection,
J V a 320,5 et meurt dans la nuit. N V (39), meurt aussi dans la nuit. H XXIIT, meurt 24 beures après.
La thalassine ne protège donc plus.
e) Anaphylaxzie chez le lapin. — L'anaphylaxie a lieu aussi chez le lapin, ainsi que le montrent les chiffres suivants (la dose est indiquée en centigr. par kilog.).
Lapins anciens
Lapins Ayant reçu Dose
neufs. antérieurement. actuelle.
PA) Vit. 1,4 AT Meurt.
2,3 Æ 1,0 2,0 Ps 9,0 Meurt. 3,0 2,5 — 4,2 Vit. 4,0 2,6 —
Enfin, le tableau suivant résume la toxicité de la congestine pour un certain nombre d'animaux anaphylactisés ayant présenté une extrême sensibilité.
0,75 Mort immédiate. 0,60 Mort, 4 jours.
0,72 — 14 jour. 0,55 — — 0,69 — 412 — 0,45 — 10 heures.
0,69 — immédiate. 0,44 — immédiate, 0,66 Survit. 0,42—.— — 0,60 Mort, 3 jours. 0,33 — 4 jour.
L'anaphylaxie est donc encore absolument remarquable chez le lapin, puisque nous voyons des animaux neufs résister à une dose supérieure à 4 centigrammes par kilog. et des lapins anaphylactisés mourir avec une dose dix fois moindre, inférieure à 08,4 par kilog.
Ces phénomènes d’anaphylaxie, qui paraissent d’ailleurs absolument généraux, ne sauraient ètre assimilés à une accumulation de poisons. Le temps écoulé entre les deux injections, temps qui peut dépasser deux et trois mois, s'y oppose absolument d’une part. D'autre part, la somme même des injections est dans bien des cas encore insuffisante pour entrainer la mort. Il y a donc bien là un fait particulier et spécial, une immunité diminuée.