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I. — APERÇU HISTORIQUE

J'ai appelé anaphylaxie (contraire de la protection) la propriété curieuse que possèdent certains poisons d'augmenter, au lieu de diminuer, la sensibilité de l'organisme à

leur action".

1. P. Porrier et Cu. Ricuer, De l'action anaphylactique de certains venins, Bull. de la Soc. de Biol., 1902, 170-172, et Trav. du lab. de Physiologie. N,

1902, 506-509. — Cu. Ricuer, De l’anaphylaxie ou sensibilité croissante des organismes à des doses successives de poison. Arch. di Fisiologia, X, 1904, 129-142. — Notizen über Thalassin. À. g. P., 14905, CVIII, 369-388. — Des poisons contenus dans les tentacules des actinies, congestine et thalassine, Bull. de la Soc.de Biol., 1903, 246-248. — Anaphylaxie par la mytilo-congestine, Ibid., 1907, (4), 358-360. — Mesure de l’anaphylaxie par la dose éméti-

sante, 1bid., 1907, (1), 643-645. — Des effets prophylactiques de la thalassine et anaphylactiques de la congestine dans le virus des actinies, Zbid., 190%, 302. — De l'action de la congestine sur le lapin et de ses effets anaphylactiques, Ibid, 4905, (1), 109-112. — De l'anaphylaxie après injection de congestine chez le chien. fbid., (4), 112-115. — Anaphylaxie après injections d'apomorphine 101d,, 1905, (1); 955-957

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Bien entendu, je ne fais pas allusion ici à la sensibilité des animaux tuberculeux à la tuberculine, découverte il y a longtemps, et bien étudiée; car alors le phénomène se complique de l’évolution microbienne : je ne parle que de l'anaphylaxie simple, c’est-à-dire d'un poison soluble intoxiquant gravement un organisme dans lequel ce poison soluble avait déjà été injecté. Je crois bien qu’en réalité les phénomènes observés sur les animaux tuberculeux après injection de tuberculine relèvent de l’anaphvylaxie. Mais on ne les a guère encore, même aujourd'hui, envisagés à ce point de vue.

I faut aussi laisser de côté les faits d'accumulation, signa- IGs par les médecins, après l'emploi de la digitale ou de l'arsenic. Car l'explication est probablement, sinon certainement, différente de l'explication de l'anaphylaxie par les toxalbumines. Cependant, en 189%, un physiologiste ilalien, Apueco, a observé qu'à 2 ou 3 Jours, ou même # jours de distance, la cocaïne, injectée à des chiens, trouve un animal de plus en plus sensible". Apueco ne peut décider avec certitude s’il s'agit d’une action cumulative où d’une sensibilité plus grande de l'organisme, quoiqu'il penche vers cette hypothèse. En réalité les expériences d'Anuccose comprennent fort bien, en admettant que toute la cocaïne, au bout de 3 ou % jours, n'est pas complètement éliminée. D'ailleurs la plus grande sensibilité observée par Apucco ne porte que sur la facilité plus grande avec laquelle se fait, pour une même dose de cocaïne, l'ascension thermique due aux contracions musculaires tétaniques de l'animal.

D'ailleurs, j'ai fait sur la cocaïne et l’apomorphine quelques expériences qu'on trouvera à la fin de ce volume.

Antérieurement à mes recherches on ne peut signaler que quelques observations éparses.

4. Action plus intense de la cocaïne quand on en répète l'administration à court intervalle. Arch. ilal. de Biol., 189%, XX, 32-43.

Kxorr!, injectant de la toxine tétanique à des cobayes, à dû renoncer à les immuniser par des injections répétées; car ils deviennent quelquefois plus sensibles, au lieu d'acquérir l'immunité.

Moi-même, sans comprendre le moins du monde le sens de l'expérience, j'ai vu en 1898 que des chiens recevant du sérum d'anguille supportaient mal cette injection et finissaient par dépérir”.

Plus tard BeurixG et Kirasaima, reprenant les expériences de Kxorr, ont observé que certains cobayes étaient d'une sensibilité croissante aux injections de toxine tétanique. Mais ils ont vu là quelque chose de tout à fait particulier à l'organisme du cobaye”. |

En réalité le phénomène avait été à peine soupçonné avant mes expériences de 1902.

Depuis cette époque de nombreuses recherches confirmatives ont été faites.

Arraus, à l'Institut Pasteur de Lille, a eu l’ingénieuse idée que CaLuETTE (comm. orale) lui a suggérée, d'appliquer à l’étude du sérum de cheval les faits de toxicologie générale que j'avais établis pour les poison des actinies, et il à trouvé que les secondes injections provoquent des accidents locaux rapides que ne provoque jamais la première injection. Dans le laboratoire d’Arraus, à Marseille, D. Brux a fait sur le même sujet de nombreuses et décisives expériences, consignées dans sa thèse inaugurale ?.

1. Experimentelle Unlersuchungen über die Grenzsen der Heilungsmügligkeil des Tetanus, Marburg, 1895, 18.

2. Cn. Ricuer et Héricourr. Effets lointains des injections de sérum d'anguille, Bull. de la Soc. de Biol., 29 janvier 1898, 137.

3. Ueber Verminderung und Sleigerung der ererblen Giflempfindlichkeit. Bert. klin. Woch., 1901, 157-163. ‘

4. Injections répétées de sérum de cheval chez le lapin. Bull. de la Soc.de Biol., 1903, 817-821. Arraus et Brerox. Lésions cutanées produites par les injections de sérum de cheval chez le lapin anaphylactisé par et pour ce sérum. Ibid. 1903, 1478.

5. Contribution à l'étude de l’anaphylaxie. Thèse de Montpellier, 1905. Voir aussi : R. LÉpPixe, sur l’anaphylaxie. Sem. Médic. 1% mars 1905.

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éclairés par les expériences des physiologistes, les méde-

eins ont à leur tour repris la question. Même, presque en même temps qu'ArrTuus, quelques jours après, Pirquer et à pe = . » . .

Scuicx' montraient que les enfants auxquels on injecte du sérum antidiphtérique, témoignent d’une sensibilité croissante. Marrax* a discuté avec soin, en la contestant d'abord, puis en l’acceptant, cette anaphylaxie des enfants après les premières injections de sérum. Turrier, tout récemment’, l’a observée après les premières injections de sérum antitéanique.

Barrezrr à étudié l’anaphylaxie par une méthode différente‘. Il à montré que l'extrait des globules de chien, qui est inoffensif pour les lapins normaux, devient toxique pour les lapins ayant reçu antérieurement des injections intrapéritonéales de globules.

Des physiologistes américains, Rosexau et ANDERSON”, ont étudié la sensibilité du cobaye (ayant reçu des mélanges de toxine et d’antitoxine diphtérique) à l'injection de sérum de cheval. Tarogarb Suiru avait montré que les cobayes deviennent très sensibles à l'injection de sérum de cheval, quand ils ont reçu, 10 ou 12 jours auparavant, des injections d'épreuve de sérum de cheval antidiphtérique, Rosenat et AnpersoN ont repris cette étude, en même temps que Orro, et ont prouvé que les cobayes meurent toujours après injection seconde de sérum de cheval, même à dose très faible. A. Besrenka et E. Sreinnarpr ont étudié la même

1. Die Serumkrankheït, 1 vol. in-S, Wien, 1905. — Zur Frage des Aggressins. Wien. klin. Woch., 1905, 431-434.

2, Lecons sur la diphlérie, Paris, 1906.

3. Bull. de la Soc. de chir. et Presse médicale, 1907, 336, 22 mai 1907.

4. L'anaphylaxie vis-à-vis des globules sanguine chez les animaux immunisés. Bull. de la Soc. de Biol., 1905, (4), 450-452.

5. A study of the cause of sudden death following the injection of horse serum. Bull. of Hygien. Laborat., avril 1906, XXIX, Washington.

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