GAZ DU SANG
total, effectué-par la méthode de Kjeldah, sur 5 centimètres
cubes de sang, leur donne :
} PODaS E-rea. 16 d'azote p..100.cc de'sang.
À 3.200 mètres . . . . 3gr. 14 — —
Soit une très faible diminution dans la teneur du sang en azote.
Dans de nouvelles expériencesde laboratoire, J. Tissot recherche, en 1902, l’action de la décompression sur la proportion des gaz contenus dans le sang. Il place un chien de 30 kilogrammes dans un appareil spécial qui lui permettra de déterminer exactement le degré de décompression. Divers échantillons sont prélevés, avant, pendant et après l'expérience. Le sang est ensuite recueilli sur une solution concentrée de sulfate de soude et d'oxalate de sodium qui diminue considérablement l'absorption de l'oxygène par les hématies. L'examen du sang est effectué au bout de 13 heures, dans le laboratoire de Chauveau.
Le tableau suivant donne les quantités de gaz contenus, aux
différents degrés de décompression, dans 100 centimètres cubes
de sang artériel du chien:
: PRESSION BA VOLUME TOTAL TEMPS CO? 0? AZ ROMÉTRIQUE DU GAZ cent. cent. cubes | cent. cubes | cent. cubes | cent. cubes 4 h. 45 minutes 15 41.17 16.26 1 59.1 4 h. 53 minutes » » » » » (Début de la décompression).
5 h. 55 minutes 54.5 36 00 18.74 1 41 56.15 6 h. 53 minutes 48.75 42 31 45229 2.03 59.63 (Rentrée de l'air).
7 heures 62 42.44 15.00 1.44 58 8 7 h. 15 minutes 75 44.6 15222 1.78 61.6
Ces chiffres permettent à J. Tissot de conclure ainsi :
«4° La quantité totale des gaz contenus dans le sang ne varie pas et est indépendante de la pression extérieure jusqu à une tension de 48 centimètres de Hg.
« 2° La quantité d'oxygène contenu dans le sang reste constante, ce qui siguifie que, jusqu'à la tension de 48 centimètres de Hg, ce gaz n'obéit pas, au niveau de l’épithélium pulmonaire, aux lois de la dissolution du gaz.
«Je n’ai pas retrouvé l'augmentation du volume total du gaz et surtout l'augmentation du volume d'oxygène (coïncidant avec la diminution de pression) que nous avons constatée, Hallion et moi, au cours de notre ascension en ballon. Mais l'absence de diminution du volume des gaz est le fait seul qui a une grande signification.
« L'augmentation de la quantité d'oxygène que l'on constate dansle deuxième échantillon de sang (18 ce. 74 pour 100 au lieu de 16,26) a eu pour cause la polypnée provenant d'une gène respiratoire antérieure de quelques minutes et provoquée par le mors et les liens qui fixent la tête. »
De nouveaux résultats sont fournis par les ascensions organisées en 1906 sous le patronage de l’Aéro-Club de France. Des échantillons de sang de chien sont recueillis à terre et à 3.000 mètres. Le dosage des gaz du sang est effectué par G. de Saint- Martin.
1° Ascension du 6 juillet 1904 (Lapicque). — Gaz secs mesurés à 0 degré et sous la pression de 760 millimètres, dégagés par 100 centimètres cubes de sang.
GAZ DU SANG 105 pe nt on.
Sang carotidien Sang carotidien
recueilli recueilli à terre avant le départ à 3.200 à 3.500 m. 2 h. après
CIE RS PRO 32 cc. 6 33. CC.13 CR ee age. 15 ce. 0 11-cc. 02 RAR Re PV ES L'ec:50 a ———— D — —— Total : 49 cc. 4 45 ce. 45
Hémoglobine dans 100 centimètres cubes (dosée au spectrophotomètre) :
13 gr. 10 1 gr. 58
2° Ascension du 16 juillet 1904 (Nictor Henri). — Gaz secs mesurés à 0 degré sous la pression de 760 millimètres dans 100
centimètres cubes de sang.
Sang central Sang central
recueilli à terre recueilli à 2.500 mètres COPRERES AÉReR er 31 CCLA5 36 cC.u3 (GÉNIE 15 ce. 1PRcC ATLAS A COTE ACC HPLC: 0 SUITE DO CC-M0D 49 cc. 9
« Les dosages de l’hémoglobine faits sur les échantillons recueillis dans ce but,lors de la deuxième ascension, ne peuvent être utilisés en raison de l'incertitude existant sur le rapport exact du sang prélevé au liquide anti-coagulant. »
Ces examens montrent à G. de Saint-Martin que : « 1° La proportion de l'acide carbonique contenu dans le sang paraît n'être que médiocrement influencée par un changement brusque d'altitude. Par contre, les chiffres de l'oxygène et de l'azote s’abaissent régulièrement à mesure qu'on s'élève.
«2° Une ascension rapide, loin d'amener une concentration du sang central, a produit un effet manifestement contraire dans la seule observation double que nous avons faite. »
En ce qui concerne les variations de l’alcalinité du sang, Galeotti a observé qu'elle diminuait de 36 à 44 pour 100 de sa
106 MODIFICATIONS DU SANG DANS LES GRANDES ALTITUDES fl RE RE Re Re valeur à l'altitude de 2.000 mètres. La cause première de cette | | diminution de l'alcalinité serait la quantité moindre d'oxygène || inspiré.
A son tour Aggazzotti s'est demandé si l’on obtiendrait, sous la cloche de la machine pneumatique, une diminution de l’alcalinité du sang analogue à celle que l’on note dans les altitudes élevées. Cette alcalinité moindre a été retrouvée, et résulterait : pour Aggazzotti, de la diminution de l'acide carbonique dans le sang, ainsi que de la formation de produits incomplètement oxydés, en
raison de la faible teneur de l'air en oxygène.
La diminution de l'alcalinité du sang est d’ailleurs moindre que celle qu'a observée Galeotti aux grandes allitudes Cela tient à la lente accumulation des produits insuffisamment oxydés, qui déterminent ainsi des accidents d’anoxyhémie plus violents aux altitudes que pendant une rapide expérience sous la cloche de la machine pneumatique. 1
D'autre part Aggazzotti recherche s'il existe un rapport entre la réaction vraie et la réaction potentielle du sang à la pression : normale et dans l'air raréfié. Il constate que les modifications sont les mêmes, dans l'alcalinité potentielle comme dans l’alcalinité réelle. Pour ses études l’auteur emploie la méthode titrimétrique qui ne peut servir à déterminer la réaction vraie d'un
liquide, mais qui indique les variations de réaction du liquide.
En terminant cette étude des gaz du sang, nous constaterons qu'il existe une limite de tension de l'oxygène dans le sang, audessous de laquelle la vie n’est plus possible. Les effets de la dépression atmosphérique peuvent donc être retardés par l'aspiration d'oxygène. Dans le sang même, la quantité d'azote dissous diminue avec l'altitude. Par contre, et jusqu’à 3.300 mètres environ, l'oxygène et l'acide carbonique ne paraissent pas suivre les lois de la dissolution des gaz.
Lorsque des aéronautes s'élèvent en ballon, ils se trouvent placés sous l'influence d’un certain nombre de facteurs physiques dont les principaux sont la dépression barométrique, les variations de la température et de l’état hygrométrique de l'air. Existe-t-il, en présence de ces causes diverses, une modification de la pression artérielle ? Les expériences qui suivent vont nous indiquer les principaux résultats obtenus. Nous joindrons à cette étude nos observations personnelles sur ce sujet.
Pendant leur ascension dans le ballon Æ£ros, le 21 novembre 1901, Hallion et Tissot ajoutent à leurs expériences sur l'influence des variations rapides d’altitude la mesure de la pression artérielle aux diverses altitudes. « Comme il fallait s’y attendre, écrivent-ils, la pression dans l'artère fémorale, qui était de 15 centimètres cubes en moyenne sur le sol au départ, est restée invariable et était encore de 15 centimètres cubes à 3.500 mètres, bien qu’à ce niveau nous eussions déjà une dépression barométrique de 27 à 28 centimètres cubes de Hg environ. »
L'altitude n’influerait donc pas sur la pression artérielle qui resterait indépendante des variations de pression, et ne subirait pas les effets des phénomènes vasomoteurs.
Signalons, à cette époque, la communication des D'S E. Reymond et Tripet qui, pendant une ascension, auraient observé un abaissement de la pression en rapport avec l'altitude, soit au sol et à 1.000 mètres, une pression de 17, 18 et 16 centimètres
ol
de Hg chez trois sujets, tandis qu'à 4.000 mètres elle ne dépassait pas 43 et 14 centimètres. « Le moindre effort, à 5.000 mè-
tres, faisait remonter aussitôt la pression jusqu'à 17, 19 et 91 centimètres. L'état de jeùne ou de digestion n’a pas influencé la pression, mais, à une altitude de 5.000 mètres, le moindre effort détermine une ascension brusque et momentanée de cette pression. » Ces chiffres présentent un écart supérieur à ceux que l'on a publiés au sujet de la pression artérielle dans les altitudes.
Les résultats constatés par Hallion et Tissot étaient en faveur de l'égalité de la pression en dépit des changements d'altitude. A son tour Camus se propose d'étudier au laboratoire les variations de cette pression artérielle lorsque la pression atmosphérique se modifie. Pour réaliser ces expériences, Camus se sert d'un appareil grâce auquel la pression sera réglée au gré de l'expérimentateur qui se trouve, ainsi que les instruments enregistreurs, en dehors de cet appareil.
« L'ensemble du dispositif se compose d’un cylindre où est enfermé l’animal en expérience, d’un régulateur de pression, d'une trompe à eau et d'un double manomètre enregistreur avec son cylindre.
« Le cylindre où est placé l'animal est en tôle et de dimensions un peu supérieures à la taille de l'animal. La fermeture est réalisée par une série d'étriers à vis, qui appliquent le couvercle sur la base du cylindre : une rondelle de caoutchouc interposée entre les deux pièces de l'appareil fait joint et permet d'obtenir une occlusion hermétique. Une glace épaisse de 10 centimètres de diamètre se trouve à la partie supérieure du cylindre et rend l'observation possible à l’intérieur.
«L'animal est fixé sur une gouttière qui est attenante au couvercle ; cette gouttière est hémicylindrique et glisse facilement à
l'intérieur du cylindre. Sur le couvercle existent trois ouvertures
of Ven PUR
qui sont hermétiquement fermées par des bouchons de caoutchouc percés de un ou deux trous. Quatre tubes de verre pénètrent par ces orifices dans le cylindre ; le premier communique avec l'appareil aspirateur, le deuxième avec le régulateur de pression, le troisième avec un manomètre inscripteur de la pression de l'enceinte et le quatrième avec un manomètre inscripteur de la pression artérielle.
« La trompe peut faire rapidementun vide relativement considérable, car l’ensemble est d'une faible capacité. L'appareil de réglage maintenant la dépression constante à une valeur déterminée, l'air circule autour de l’animal et à aucun moment les accidents du milieu confiné ne sont à redouter.
« Le régulateur est une cuve profonde de mercure surmontée d’une chambre à air fermée par un bouchon à deux trous ; par l'un des trous l’air qui surmonte le mercure est mis en rapport avec l'enceinte où se trouve l'animal, par l'autre trou glisse à frottement un long tube en verre que l’on enfonce à volonté dans le mercure ; c'est par ce tube que pénètre l'air qui arrive à l'animal dans des conditions déterminées de pression.
« Les deux manomètres à mercure donnent l'enregistrement de la pression dans l’enceinte et de la pression sanguine ; pour éviter une course trop étendue aux plumes, les deux branches sont de diamètres inégaux et les déplacements verticaux sont ainsi réduits au quart.
« Le liquide du manomètre artériel pénètre dans le sang, pendant la baisse de pression, mais cette rentrée qui est très faible et qui n'a pas d'influence appréciable quand la baisse de pression est lente, peut très aisément être évitée en maintenant le manomètre fermé pendant la descente de la pression atmosphérique, et en réglant à nouveau et la remise en rapport avec le sang de
l'artère.
« J'ai réalisé sur le lapin un certain nombre d'expériences de | durées variables et je n’ai jamais rencontré de difficultés pour |} l'inscription, j'ai poursuivi plusieurs expériences pendant plus de deux heures, et toujours le manomètre artériel a donné des tracés irréprochables. »
En examinant les résultats obtenus grâce à l'emploi de cet appareil, Camus constate surtout le parallélisme des courbes de la pression sanguine et de la pression atmosphérique. Les variations de la pression atmosphérique, qu'elles soient lentes ou rapides, de faible ou de grande intensité, n'arrivent pas à rompre ce parallélisme. Il y a dans cette action de dépression atmosphérique un phénomène purement physique, qui ne retentit pas sur l'organisme. En outre « l'action de la dépression atmosphérique ne se fait pas sentir directement sur la pression sanguine, mais très indirectement, par l'intermédiaire des modifications respiratoires. Ce n’est que lorsque les échanges sont troublés par suite d’une grande diminution de tension de l'oxygène, que les modifications dans le rythme respiratoire et cardiaque ainsi que dans le tonus vasculaire apparaissent et font varier la pression sanguine. »
Camus fait enfin remarquer que des pressions très basses produites brusquement,ne s'accompagnent pas de changements dans la tension artérielle parce que l'animal n'est pas encore incommodé par cette diminution de l'oxygène. On ne doit done pas craindre les accidents qu'auraient pu causer une ascension rapide ou une descente brusque d’une altitude très élevée.
Cette théorie est en désaccord avec celle de Bartlett, de New- York, qui communique, en 1903, à la Société de Biologie, les observations qu'il a faites sur des lapins respirant un air raréfié. Bartlett admet que le mal des montagnes résulte d'un trouble mécanique de la circulation pulmonaire. Quand la pression at-
mosphérique diminue de moitié, on observe dans la circulation
des modifications analogues à celles que détermine l'insuffisance mitrale. :
En faisant respirer à des lapins, par une canule trachéale, de l'air raréfié, Bartlett constate que la pression dans l'aorte diminue d'autant plus que la pression atmosphérique est plus basse. Au contraire de Camus, il observe qu’en diminuant brusquement la pression atmosphérique, celle du sang s'abaisse davantage. Mais le baromètre indique un écart plus sensible, il y a dyspnée, et la pression sanguine augmente tandis que les pulsations du cœur se ralentissent, phénomènes indiquant l’asphyxie. Quand, enfin,on sectionne les deux sympathiques, la pression sanguine s'élève même pour une faible dépression de l'air, et elle reste haute quand on fait respirer l'animal à l'air libre.
Les conclusions de Bartlett sont contestées par Camus qui n'a jamais vu la pression sanguine modifiée directement par une variation de la pression atmosphérique. Il maintient la théorie du parallélisme des courbes, tant qu'aucun autre facteur que la diminution barométrique n'intervient.
Le défaut d'équilibre de la pression à l'intérieur et à l'extérieur des vaisseaux permet à Aggazzotti d'expliquer comment se forment les hémorragies dans les os du crâne des oiseaux, par suite de fortes raréfactions. Ces hémorragies se produisent quand la pression atmosphérique augmente à nouveau. À l'intérieur des os du crâne, il existe des lacunes dans lesquelles la pression est restée basse, et la pression sanguine suffit alors à déterminer des ruptures de vaisseaux, qu'empêcherait la perforation du tympan ou de la table externe des os du crâne. Aggazzotti compare ces hémorragies à celles des ventouses : un petit nombre de vaisseaux sont dans un milieu à basse pression. Le reste demeure à la pression normale. Ces faits peuvent donner l'explication de certaines
hémorragies signalées dans le mal en ballon.
De son côté, Bardel étudie la relation des températures, con-4} centrations moléculaires, pressions osmotiques animales entre: | elles et l'atmosphère. Cette communication est intéressante au | point de vue de la pression artérielle dans les ascensions. Voici les faits sur lesquels sa théorie est appuyée :
« Soit T la température absolue d’une solution aqueuse physiologique ou non, A son abaissement cryoscopique, H sa pression osmotique en centimètres de mercure.
Une solution aqueuse de pression osmotique H — 76, à la température absolue T =: 273 ou 0 degré centigrade, se congèle à — 00639. |
Les variables A, T, H des solutions aqueuses sont liées entre | elles par la condition suivante, quelles que soient les valeurs qu'elles puissent prendre :
AT 0,639 x 273
jo — = 2219. — constante:
H 76 D'où l'on tire la mesure de l’une, en fonction des deux autres : 2, 21806
2° La température T — *
3° La concentration moléculaire A —
AE Joe
Cette dernière expression est remarquable ; c’est une méthode
4° La pression osmotique H —
nouvelle, rapide et rigoureuse, de détermination de pression
osmotique au moyen de deux mesures faciles à exécuter.
Chez les êtres vivant dans l'atmosphère, l'expression 2° A est toujours égale à la pression barométrique du moment de l'expérience H.
50 AT ; 53 — — H = H. La pression osmotique animale égale la
pression atmosphérique.
- D'un autre côté, les mêmes relations que 1, 2, 3, 4 existent
les grandeurs correspondantes H',T, 24° de l'atmosphère. ur = = 2,275 — constante.