CHAPITRE VII
La volonté, comme toute autre force naturelle, a une cause. Libre arbitre ou nécessité; discussion du dilemme. Raison d'être et utilité de la doctrine du liln-e arbitre. La volonté n'est pas une faculté simple, indécomposable, uniforme dans son pouvoir, mais varie autant que ses causes varient : elle diffère en quantité et en qualité, selon la réflexion qui l'a précédée. Pris dans son acception populaire, le libre arbitre est une abstraction, transformée en entité métaphysique. Le dessein, dans la volition concrète, est le résultat d'une organisation mentale, graduellement effectuée : une nécessité physique, n'allant pas au-delà ni au-devant de l'expérience , mais s'y conformant. Notions erronées au sujet du pouvoir autocratique de la volonté. Examen de son pouvoir effectif : 1) sur les mouvements, et 2) sur les opérations mentales. I Sur les mouvements : a) elle n'a aucun pouvoir sur les mouvements involontaires, essentiels à la vie; b) elle est incapable d'eno-endrer des mouvements volontaires qui n'aient pas été préalablement acquis par l'exercice; c) elle n'a aucun contrôle sur les moyens, mais ne peut vouloir que la fin. II). Sur les opérations mentales • a) la formation des idées et de leurs associations est indépendante de la volonté; b) elle est impuissante dans les phases précoces du développement mental - chez le jeune enfant et chez le sauvage- c) elle n'est capable ni d'évoquer une série donnée d'idées ni de les chasser de l'esprit, excepté au moyen d'autres associations d'idées, qui échappent à son contrôle, et quelquefois ce moyen même lui est refusé. Le nombre des centres de reaction volontaire dans le cerveau est proportionnel au nombre des centres des idées. La volition est le produit des résidus, qu ont laisses les volitions précédentes de même nature. Le contrôle de la volonté est un cas particulier de la fonction inhibitou^ des centres nerveux supérieurs. L'action la plus libre de la volonté dépend
TABLE DES MATIÈRES. xj
Pages.
esseutiellement de l'association la moins entravée des idées, et de la force du caractère individuel. Le caractère n'est pas déterminé par la volonté, mais la détermine dans l'acte particulier. Rapport entre l'émotion et lavolition. Le caractère détermine les opinions aussi bien que la conduite. Modifications du caractère. L'histoire d'un homme révèle sou caractère. Différences de qualité et d'énergie de la volonté. Caractère du réformateur, et conditions d'une réforme couronnée de succès. Réformateurs considérés selon V extensitë ovi Vintensité de leur oeuvre. La volonté est la force la plus noble de la nature; sa plus haute fonction créatrice — inaugurant une nouvelle phase de développement dans la nature. 380