‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 27 sur 65 · ARTICLE IV · texte numérisé non relu

ARTICLE IV

Du Sang artériel.

Puisque la respiration n’est, en quelque sorte, qu’un genre d'absorption, l’absorption aérienne, et qu’elle a comme toute absorption pour résultat un liquide, il semblerait que nous aurions dû, comme nous l'avons fait aux absorptions chyleuse et lymphatique, après avoir traité de l’action d'absorption en elle-même, exposer le cours du liquide qui en est le produit, faire connaître les causes qui ÿ président, et en général le caractère de sa circulation ; rechercher s’il éprouve quelques modifications dans son cours; et enfin terminer par l’histoire de ce fluide étudié en lui-même , dans ses propriétés physiques , chimiques et dans sa quantité.

Mais nous ne traiterons ici que de ce dernier sujet ; le reste nous occupera à la fonction de la circulation et aux fonctions suivantes. D'une part, le sang artériel fait dans la respiration , se rend par les veines pulmonaires dans les cavités gauches du cœur; celles-ci ensuite le projettent par l'artère aorte et ses ramifications dans les parenchymes des diverses parties où ce liquide doit être mis en œuvre. C’est la fonction de la circulation qui traite de cet objet. D’autre part, les causes qui président à cette circulation, tous les phénomènes qui y ont trait, se rattachent aussi à l’histoire de cette fonction. Nous devons donc y renvoyer. Quant à la question de savoir si dans ce cours le sang artériel reste identique, où va en-éprouvant des modifications successives , nous avons déjà prononcé en faveur de la première opinion; mais nous nous réservois d'en donner les preuves à la fonc-

tion des nutritions, lorsque nous rechercherons si c’est un même sang qui nourrit tous les organes; On aura alors toutes les données pour prononcer , puisqu'on connaîtra par la circulationla roule que suitle fluide et les influences qu'il peut recevoir en chemin. Ici donc, nous allons nous borner à faire l'histoire du sang artériel.

Pour s’en procurer , il suffit d’ouvrir une artère , et de recueillir le liquide qui en coule : c'est un fluide qui ressemble beaucoup physiquement et chimiquement au sang veineux , MAIS qui en diffère cependant grandement par ses usages , élani seul apte à nourrir les organes , eu à les stimuler à l'exercice de leurs fonctions. C'est de même un liquide rouge , d’une odeur fragrante d'ail , d’une saveur salée, d’une cheleur égale à celle du corps, visqueux ;, coagulable, d’une pesanteur supérieure à celle 'de l’eau distillée ; qui, abandonné à lui-même, se partage aussi en deux parties , un sérum et un caillot; et qui, enfin , est composé chimiquement des mêmes élémens que le sang veineux. Voici les seules différences physiques et chimiques qui le distinguent : il est d’un rouge plus vermeil , a une odeur plus forte, une chaleur plus élevée d’un à deux degrés ; une capacité pour le calorique plus élevée ; M. Davy, évaluant celle du sang veineux 903, estime celle du sang artérielg13; une pesanteur spécifique moindre; M. Davy, évaluant aussi celle du sang veineux 1092 , estime celle du sang artériel 1049 : il est enfin plus promptement coagulable, et contient moins de sérum. On avait dit aussi qu’il était plus aéré; mais il est probable , ou qu’on l’a dit, d’après une vue théorique déduite de la fonction de respiration , le sang d’une artère ne paraissant pas contenir plus d’air que le sang d’une veine; ou qu'on à jugé d’après le sang des-

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