‹ Physiologie de l'homme (volume 3)Chapitre 52 sur 65 · CHAPITRE je · texte numérisé non relu

CHAPITRE je

De la Sécrétion en général.

SUIVANT notre ordre aCcoutumé, par jeter un coup-d’œil rapide sur qui exécutent cette action , sécréteurs.

il faut commencer les parties du COrps à À Cest-à-dire sur les organes

ARTICLE Je, Anaiomie des Organes Sécréteurs.

Tout organe sécréteur peut être r

eprésenté par la penée , comme formé de deux systèr

nes vasculaires abouhés l’un à l’autre par leurs ramifications dernières : l’un

onsistant en vaisseaux artériels ou veineux > €t appor-

int le sang avec lequel doit être fait Je fluide sécrété l’autre , sécréteur Proprément dit, ins exportant le fluide sécrété aussitôt n en distingue de trois sortes chez Unes cxhalans, des follicules et des 1° Organes sécréteurs exhalans.

faisant, ou au qu’il a été fait.

l’homme, des orglandes.

ile , et qui versent , par des orifices librement ouverts leur surface, l'humeur que leur travail sécrétoire a ie. Ce sont des trois espèces d’organes sécréteurs s, plus simples. En effet, Jes deux systèmes vascures abouchés l’un à l’autre , que nous avons dits nstituer tout organe sécréteur , sont ici continus n$ former entre eux aucun organe intermédiaire. I} mble que ce soit le vaisseau Sanguin qui verse luième , à sa terminaison Capillaire , le fluide qui est sé-

été du sang. Seulement, comme à celte terminaison

. FLE

le sang ne le pénètre plus, on cesse de l'appeler en æ anguin , On l'appelle vaisseau echalant ;

lieu vaisseau s - | et cela est fondé , puisque, ne Se comportant pas de même |

en ces deux endroits , il doit nécessairement ÿ avoir une! structure différente. Du reste, comme les deux systès vasculaires sont ici capillaires , on p’a aucune notiGn, soit sur la manière dont se termine le système vascu” Jaire sanguin, soit sur Sa conversion dans le système sur l'organisation de celui-ci. Jadis on &

me

exhalant et fait beaucoup d’hypothèses sur cel objet : Boërhaave par exemple ; admettait une série de vaisseaux décrois| sans , ayant chacun un calibre proportionnel au volumt des globules des humeurs qui devaient les traverser

s ce n’est À qu'un effort d'imagination. On se re trouve ici dans les systèmes capillaires, et par consé quent dans la plus complète ignorance. Il n’y a de prot vé que la continuité et la communication entre les vais

seaux sanguins et les vaisseaux exhalans : elles sont dé

montrées par l'exhalation elle-même , par la facilité ave laquelle une matière injectée dans le vaisseau sanglil

sort par le vaisseau exhalant ; enfin , par celle avec l

Ile le sang lui-même pénètre dans ce dernier, COMM

on le voit dans les hémorragies , les inflammations.

Le nombre de ces organes sécréteurs exhalans € assez considérable dans l’économie de l’homme: €l e disions tout à l'heure , ils y ont la forr de spongiosité ou de membrane. Tels sont : le tissu mineuz , qui produit par exhalation un suc séreux Pi ticulier; le tussu adipeux , qui produit la graisse : membranes séreuses ; qui exhalent les sucs Séreux ; membranes muqueuses ; qui perspirent uné vapeur all mineuse; la peau, qui est le siége de la perspirat

mal

que

comme nous

cutanée et de la sueur; les membranes synoviales et médullaires, sources de la synovie et de la moelle , etc. Quoiqu’on ne puisse rien connaître de la texture intime des exhalans , il est sûr néanmoins que toutes ces parties diffèrent , puisqu'elles versent des fluides différens. Une autre preuve d’ailleurs, c’est que les injections cadavériques n’y pénètrent pas avec une égale facilité, que ces parties ne sont pas également sujettes aux hémorragles , etc.

Certains physiologistes rejettent cette première forme d'organes sécréteurs , Dumas, par exemple, qui veut que l’exhalation se fasse par les pores des derniers vaisseaux capillaires sanguins. Il s'appuie sur les deux expériences suivantes : une de Mascagny , dans laquelle une substance colorante injectée dans une artère a passé Loute entière dans les veines correspondantes, tandis que les vaisseaux exhalans n’ont transmis que la partie aqueuse de la matière injectée ; une autre, dans laquelle du sang intercepté dans une artère, entre deux ligatures, a été dépouillé , par transsudation sans doute , de sa partie la plus séreuse. Mais, sans entrer en débats sur les inductions à tirer de ces expériences , comme Dumas , par ces pores qu’il considère comme la voie des exhalations , n'entend pas des pores inorganiques , tels qu'on les concoit en physique , mais des ouvertures dont l’état est réglé par la vie, ce n'est là qu’une discussion sur un point d'organisation trop ténu , pour que nous ayons sur lui une notion sûre.

2° Follicules. On appelle ainsi des organes sécréteurs déjà plus compliqués que les précédens, qui généralement ont la forme d’ampoule et de vésicule , et qui, situés dans l'épaisseur de la peau et des membranes mu-

queuses, sécrètent une humeur linifiante et destinée à lubréfier ces surfaces , qui sont toujours en contact avec des corps étrangers. Tandis que, dans les organes sécréteurs exhalans , le vaisseau sanguin qui apporte les matériaux de l’humeur sécrétée, était tellement continu au vaisseau sécréteur , qu'il paraissait l’être lui-même ; ici ces deux vaisseaux se disposent, au lieu où ils s’abouchent , de manière à former un organe qui est intermédiaire, et à l'artère qui a apportéle sang dela sécrétion, etau vaisseau où commence à se montrer l'humeur sécrétée. Cet organe intermédiaire , qu’on appelle follicule , est une espèce d’ampoule membraneuse et vasculaire, ayant une cavité intérieure dans laquelle se fait la sécrétion, et qui en versele produit, ou par un trou qui est dans son centre, ou par un petit canal très-court, qu’on appelle lacune. La texture de ces follicules est du reste aussi peu connue que celle de tout autre organe , et l’on peut seulement assurer d’eux , comme des organes exha- Jans, qu’il y a communication et continuité entre le sysième vasculaire sanguin apportant les matériaux de la, sécrétion , et le système vasculaire sécréteur fabriquant et exportant l'humeur sécrétée. Les preuves sont celles mêmes qu’on en a données à l’égard des exhalans; savoir : le fait même de la sécrétion , le passage d’une matière injeclée du vaisseau sanguin dans le vaisseau sécréteur, et la facilité avec laquelle ce dernier, dans les hémorragies et les inflarnmations, se laisse pénétrer par le sang lui-même.

Ce second genre d'organes sécréteurs est aussi fort répandu dans le corps humain : il est disséminé dans les deux surfaces de notre corps, qui sont exposées à des frottemens et à un contact continuel avec des corps étran-

gers ; savoir, la peau etles membranes muqueuses. Sous Le rapport de l'humeur qu'ils sécrètent, ils sont partagés en sébacés, muqueux, unguineux, cérumineux , etc. ; sous celui de leur situation, ils sont distingués en cutanés, ciliaires, auriculaires, muqueuæ : enfin , eu égard à leur disposition particulière, les anatomistes en admettent de trois espèces; les sémples ou isolés, comme ceux de la peau; les rapprochés et agglomérés, comme la caroncule lacrymale; et enfin les composés, comme les tonsilles, la prostate. Quoique ces divers follicules aient tous pour office la formatiou d’une humeur de linition , ils ne sont pas semblables entre eux: chacun en elfet sécrète une humeur différente; et d’ailleurs peuton méconnaître la diversité de leur organisation , quand on voit que les injections ne pénètrent pas avec une égale facilité dans tous, et que tous ne sont pas également susceptibles d’être le siége des hémorragies ?

5° Glandes. Enfin la iroisième espèce d’organe sécréteur est la glande , qui est caractérisée, en ce qu’elle verse l’humeur qui est le produit de sa sécrétion , à la surface de la peau ou d’une membrane muqueuse, par un ou plusieurs vaisseaux excréteurs distincts. C’est un organe sécréteur plus composé encore que le follicule : les deux systèmes vasculaires , constitutifs de tout organe sécréteur, se sont aussi, au point de leur abouchement , disposés de manière à former évidemment un organe intermédiaire , et au vaisseau artériel sanguin qui apporte les matériaux de la sécrétion, et au vaisseau excréteur qui exporte l'humeur sécrétée : et cet organe intermédiaire a une siructure intime encore plus compliquée.

Pour l’apprécier, énumérons d’abord les élémens or-

ganiques qui le forment. 1° Le système vasculaire sanguin , qui apporte les matériaux dela sécrétion. Ge sysième , pénétrant l’organe dont il doit former une des parlies intégrantes , s’y ramifie à l'infini : tantôt, il pénètre par plusieurs branches à la périphérie de l'organe , comme aux glandes salivaires ; plus souvent, au contraire, il n’arrive à l'organe que sur un seul tronc, qui s'engage dans la glande par une scissure, qui d'ordinaire existe au côté qui est le moins exposé aux lésions extérieures, comme au foie, au rein : à ses extrémités dernières , il s’abouche avec les origines des systèmes vasculaires sécréteur et veineux. 2° Le système vasculaire sécréteur, autre élément fondamental de tout organe sécréteur, et qui fait et excrète l'humeur sécrétée : il naît par des radicules très-fins, aux lieux mêmes où se termine le sysième vasculaire sanguin , sans qu’on puisse voir cette origine, mieux qu’on n'a vu la terminaison du premier: et bientôt, ces radicules se réunissant en vaisseaux de plus en plus gros et de moins en moins nombreux; finissent per former ce canal excréteur par lequel l'humeur sécrétée est versée, et dont l'isolement fonde le caractère distinctif de la glande. Tantôt ce canal excréteur est simple, comme dans le pancréas; tantôt il est rune

comme dans la glande lacrymale; généralement il s’isole de la glande, au lieu même où le vaisseau sanguin y a

pénétré. 3° Des artères qui apportent à l’organe le sang dont il a besoin pour sa nutrition: souvent elles ne sont pas distinctes de celles qui apportent les matériaux de la sécrétion. 4° Des veines , qui tout à la fois correspondent, et à ces artères , et au système vasculaire sanguin , afin de rapporter de l’organe toute la portion de sang qui est resiée de sa nutrition et de sa sécrétion. Les artères en-

DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 597 trent dans la glande, et les veines en sortent par le même lieu qui a servi d'entrée et de sortie aux autres vaisseaux ; la terminaison des unes et l’origine des autres ne sont pas plus connues ici qu’en tout autre organe du corps: seulement les veines n’affectent pas ici deux plans , comme dans les autres parties. 5° Des vaisseaux lymphatiques. 6° Des nerfs, qui en partie proviennent de la moelle spinale, en partie des ganglions, et qui, formant un réseau autour des artères de la glande , les accompagnent dans l'intimité de l'organe , et s’y terminent comme eux. Bordeu croyait que ces nerfs étaient en très- grand nombre dans les glandes ; Bichat au contraire en doute, d’après la petite quantité de ceux qu’il a trouvés dans le foie , et présumant que Bordeu s’en est laissé imposer par la quantité de ceux qui sont dans la glande parotide, mais qui ne font que traverser cette glande sans lui appartenir. 7° Enfin, du tissu cellulaire destiné à lier tous ces élémens , à en être la trame; et quelquefois une membrane extérieure qui sert d’enveloppe à tout l'organe.

Tels sont les divers élémens organiques qui entrent dans la composition de toute glande. Maintenant, comment ces élémens se disposent-ils dans l'intimité de ces glandes , et quel tissu en résulte-t-il ? On dit généralement que les dernières ramifications du système vasculaire sanguin et des artères nutritives de la glande, forment avec les radicules du système vasculaire sécréteur, ceux des veines , et les dernières ramifications des vaisseaux lymphatiques et des nerfs , autant de petits lobules et de petits grains. Îl est certain, en effet, que lorsqu'on déchire ces organes, leur rupture présente une surface inégale , bosselée ; leur apparence est celle de lobes divisés en lobules , de lobules divisés en grains , etde grains

formés eux-mêmes de grains de plus en plus petits, le tout lié par un tissu cellulaire plus ou moins abondant, et plus ou moins disposé dans chaque glande à se laisser pénétrer par de la graisse. Chaque lobule est dit contenir une ramification dernière du système vasculaire sanguin et de l'artère nutritive, d’un nerf, d’une veine, d’un lymphatique et du système vasculaire sécréteur, plus toujours du tissu cellulaire pour unir ces divers élémens. Quand une membrane extérieure enveloppe tout l'organe , elle est généralement de nature cellulaire, et souvent elle forme dans le parenchyme de la glande une gaîne aux différens vaisseaux qui la pénètrent, Peut-être cependant la croyance d’une texture lobuleuse dans toutes les glandes est-elle trop généralement admise ? cette texture ne se laisse pas reconnaître en toutes ; et parmi les différences d'organisation que présentent les glandes , il en est qui paraissent avoir une texture tout-à-fail inverse. Du reste, ce qui a surtout été recherché dans la structure des glandes , c’est le mode d’abouchement des deux systèmes vasculaires que nous avons dit être constitutifs de tout organe sécréteur , et il y a eu deux principales hypothèses à cet égard. L'une est celle de Malpighi, qui dit que ces vaisseaux forment profondément, au point de leur abouchement, des follicules intermédiaires , et au système vasculaire sanguin, et au système vasculaire sécréteur. L'autre est celle de Ruisch, qui veut que ces deux sysièmes soient seulement continus , comme dans les organes exhalans, mais après que leurs ramifications successives se sont mille fois repliées sur elles-mêmes. Dans la première hypothèse, la glande n’est qu’un amas de -follicules ; et dans la seconde, elle n’est qu'une mem-

DES ORGANES SÉCRÉTEURS EN GÉNÉRAL. 559 brane exhalante, nombre de fois repliée sur elle-même. Cette dernière hypothèse a long-temps prévalu , etmême on renchérit sur elle; F'errein et Winsloiw admirent des vaisseaux exhalans dans la structure du système vasculaire sécréteur ; V’ieussens professa qu’il y avait dans ce dernier trois degrés de vaisseaux décroissans. De nos jours, un médecin anglais a comparéles glandes à des estomacs; et M. Aicherand suppose en elles des cellules intermédiaires aux systèmes vasculaires sanguin et sécréteur, dans lesquelles le sang qui contient les matériaux de la sécrétion est d’abord déposé, et où les vaisseaux sécréteurs viennent ensuite faire et puiser l’humeur sécrétée. Tout cela est vain : la texture intime des glandes est aussi peu connue que celle de toute partie quelconque de notre corps, et d’ailleurs varie en chaque glande. I n’y a d’évident aussi, que la continuité du vaisseau sanguin et du vaisseau sécréteur ; elle est prouvée par les mêmes faits qui l'ont fait établir dans les organes exhalans et les follicules.

Il y à aussi un certain nombre de glandes dans le corps humain ; savoir : les glandes lacrymales , qui font leslarmes ; les salivaires, qui font la salive ; le pancréas, le foie, qui fontlesuc pancréatique et la bile ; les reins, qui sécrètent l'urine; les testicules, qui sécrètent le sperme ; etles glandes mammaires qui fabriquent lelait. Plusieurs anatomistes regardent encore comme glande, l’ovaire, qui chez la femme fournit l’œuf ou la substance quelconque par laquelle ce sexe sert à la génération. Beaucoup d’autres parties que la vieille anatomie qualifiait de glandes , comme la prostate, la thyroïde, ne méritent pas ce nom , et ne sont que des follicules composés, ou des ganglions lymphatiques ou sanguins.

Ces glandes, bien qu'ayant toutes la même organisation générale, et remplissant le même office, diffèrent entre elles, ainsi qu'il en était des différens organes exhalans et follicules. Comment pourroit-on en douter , lorsqu'on voit que chacune sécrète une humeur différente ? D'ailleurs , toutes ne sont pas également exposées aux hémorragies , ne se laissent pas aussi facilement pénétrer par les injections, et cela prouve une organisation diflérente. Enfin, comme ces glandes ont généralement plus de volume que les autres organes sécréteurs, on distingue mieux en elles les dispositions qu’affectent dans leur parenchyme leurs différens élémens constituans, et le genre de texture qu’ils y produisent, et on reconnaît à cet égard des différences entre elles : nous les indiquerons pour chaque glande en particulier. On ne sait si ces différences tiennent à un autre arrangement des élémens constituans de toute glande , ce qui est plus probable , ou à l'addition d’un élément nouveau exclusif à chacune.

Parmi ces glandes, il en est quelques -unes dont le canal excréteur verse aussitôt l'humeur aux lieux où elle doit agir, les glandes salivaires , par exemple ; tandis qu'il en est d’autres , le rein , le foie, où cette humeur est préalablement déposée dans un réservoir , d’où elle est retirée ensuite. Dans ce dernier cas, on peut séparer ce qui est de la sécrétion proprement dite, ou autrement de la formation de l’humeur sécrétée , de ce qui est de son excrétion , c’est-à-dire de son versement dans le lieu où elle doit remplir son office. Ce n’est pas que, dans toute glande , la série des vaisseaux sécréteurs , toujours fort repliés sur eux-mêmes et par conséquent fort longs, ne serve toujours un peu de réservoir à l'humeur de la

sécrétion ; toujours en effet cette humeur y séjourne un peu, et toujours on en retrouve un peu dans ces vaisseaux dans les cadavres. De même , fort souvent les membranes muqueuses Sur lesquelles sont versées les humeurs sécrétées , font pour ces humeurs l'office de réservoirs ; comme cela est, par exemple , pour les mucus qui COnStituent les matières du moucher , du cracher , etc. Mais enfin il est des appareils glanduleux dans lesquels ily à un réservoir spécial ; et c’est là une disposition particulière, qui permet plus qu'aucune autre, qu'on sépare la sécrétion etl'excrétion.

Telles sont les trois formes d'organes sécréteurs qui existent chez l’homme: il est évident qu’elles ne sont que des degrés successivement de plus en plus compliqués d’une même organisation ; elles se retrouvent dans tous les animaux supérieurs. Dans les animaux qui n’ont pas d'appareil vasculaire distinct, les insectes par exemple, les organes sécréteurs sont de simples tuyaux qui baignent dans le fluide général, et fabriquent avec lui humeur de la sécrétion qu'ils font passer dans leur

intérieur.

ArTicce Il.

Mécanisme des Sécrétions.

Tout organe sécréteur , avons-nous dit , résulte de l’abouchement par leurs ramifications dernières de deux systèmes vasculaires , dont l’un apporte le sang avec lequel est faite l'humeur sécrétée , et dont l’autre élabore ce sang, fait aveclui l'humeur sécrétée, et l’exporte. nl résulte de là que, pour pénétrer le mécanisme de la sécrétion , il faut suivre le plus loin possible dans l'intérieur de l'organe sécréteur le sang ; afin de parvenir

au lieu où se fait la conversion de ce sang dans l'humeur sécrétée, et de voir comment se fait cette conversion.

D'abord , aucun changement ne survient dans le sang, avant son arrivée dans l'intimité du parenchyme des organes sécréteurs. En vain quelques physiologistes avaient conjecturé que, dans son trajet du cœur à l'organe sécréteur, ce fluide avait subi quelques élaborations préparatoires spéciales. À l’article de la nutrition , nous avons prouvé le contraire ; etmême, si l’on excepte les sécrétions de la bile et de la perspiration pulmonaire pour lesquelles il y a débats, comme nous le verrons, il est sûr que c’est un même Sang qui arrive aux divers organes sécréteurs. Ce n’est pas cependant que , dans chaque organe sécréteur , il n’y ait des dispositions particulières de l'artère qui apporte les matériaux de la sécrélion ; et en même temps ces dispositions sont trop constantes pour n'être pas importantes. Ainsi, l’état grêle , flexueux de l'artère qui porte le sang au testicule, contraste avec l’état tout opposé de l’artère qui va au rein. Mais ces dispositions n’influent que sur le degré de rapidité avec lequel le sang arrive à chaque organe , et non sur la nature de ce liquide ; et, si le volume , l’artère d’une glande , sa longueur, sa distance du cœur, ses flexuosités influent sur la sécrétion , ce qui paraît être, ce n’est pas en modifiant préalablement la nature du sang, mais en faisant varier son mode de circulation, qui en est plus lente ou plus rapide.

Ge n’est que lorsque le sang à pénétré le parenchyme de l’organe sécréleur, qu'il est changé dans l’humeur sécrétée. En effet, si d’un côté l’on poursuit dans l’organe sécréteur le vaisseau Sanguin qui y apporte les matériaux de la sécrétion , on voit que, tant qu’on peut l’y

distinguer, c’est toujours du sang qu'il contient. Si d’autre part, en suivant dé même le vaisseau sécréteur , on cherche à remonter jusqu’à son origine, on voit aussi que, tant qu'on peut le distinguer , c’est toujours l'humeur sécrétée qu'il charrie. C’est donc entre ces deux systèmes vasculaires, et par conséquent à leur point d’abouchement que s’est faite la conversion du sang dans l'humeur sécrétée, ou autrement la sécrétion. Or, ce lieu d’abouchement est dans l'intimité de l’organe sécréteur. Seulement , on conçoit que, puisque on n’a pu pénétrer le mode d’union des deux systèmes vasculaires à leur point d’abouchement, on ne peut pas pénétrer davantage quel est précisément le lieu où se fait la sécrétion : on ne peut le désigner que d’une manière vague par le mot de parenchyme où de système capillaire de l'organe sécréteur.

Ainsi, par une action quelconque du parenchyme de l'organe sécréteur , le sang qui pénètre ce parenchyme y est changé dans l’humeur sécrétée. Mais quelle est cette action de laquelle dépend la sécrétion ? d’abord , elle est moléculaire , ne tombe pas sous les sens , et par conséquent elle ne peut être décrite , et n'est manifestée que par son résultat. Ensuite, l’essence de cette action ne peut pas plus être connue que celle de toute autre , et nous ne pouvons dire d’elle que ce que nous avons dit de toutes les autres actions organiques précédemment examinées , savoir, que l’organe sécréteur n’est pas passif dans cette action de sécrétion, mais que celle ci est, au contraire , le fruit de son activité; et que l’action à laquelle se livre cet organe n’a rien qui ressemble à une action mécanique , physique ou chimique , et conséquemment doit être dite organique et vitale.

Prouvons chacun de ces deux points :

1° L’organe sécréteur n’est pas passif dans l'acte de la sécrétion, mais celle-ci est l’effet de son travail. Les faits se pressent pour justifier cette première proposition. Si un organe sécréteur est:sain et intègre, la sécrétion est ce qu’elle doit être ; si, au contraire, il est malade, la sécrétion est altérée. Il suffit d’exciter un organe sécréteur, pour que par suite la sécrétion soit augmentée et modifiée. Jamais un organe sécréteur ne se trouve dans des conditions de structure et de vitalité diverses , sans que la sécrétion ne se montre aussi différente : voyez les différences des âges , des tempéramens, des idiosyncrasies ! Il est certainement hors de toute raison de ne considérer l'organe sécréteur que comme le théâtre de l’action , il en est de plus l'instrument.

2° L'action de sécrétion est une action vitale. Et, en effet, on ne peut prouver son analogie avec aucune des actions physiques , chimiques ou mécaniques de la naiure : nous allons le montrer, en passant rapidement en revue toutes les hypothèses qu’on a proposées dans cet esprit.

D'abord , en raison de la continuité qui existe entre. les excréteurs, et les ramifications du système vasculaire sanguin , Continuité prouvée par les injections, on a dit que la sécrétion n’était qu’une filtration mécanique depuis les vaisseaux sanguins jusque dans les vaisseaux sécréteurs , et dépendante d’un rapport entre le calibre de ces vaisseaux sécréteurs et le volume des divers globules dont est formé le sang. Descartes, par exemple, et les médecins mécaniciens considérèrent les organes sécréteurs comme des cribles ; et, selon eux, la sécrétion dépendait des rapports de forme , de grandeur , de

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 045 figure , qui existaient entre les vaisSeaux sécréteurs d’une part, et les globules des diverses humeurs de l’autre. Gette hypothèse fut appliquée surtout aux orsanes sécréleurs exhalans, parce qu’en effet, dans ce genre d’organe sécréteur, la continuité entre les vaisseaux sécréteurs el sanguins paraît plus grande , et que ces deux genres de vaisseaux semblent davantage faire suite l’un à l’autre. Il est cerlain , en effet, qu’une injection , poussée dans l’artère d’un organe exhalant, vient sourdre à la surface de cet organe ; que cela arrive au sang lui-même , comme on le voit dans les hémorragies. D’après cela, Haller et Malpighi disaient que les exhalations n’étaient qu'une transsudation du sérum du sang à travers les pores des artères , le cruor de ce fluide ayant trop de densité pour passer de même à iravers ces pores ; et, étendant cette théorie aux autres organes sécréteurs , voici comme on concevait la sécrétion : le sang, arrivé aux extrémités du Système vascu-. laire sanguin et aux origines du système vasculaire sécréteur , se séparait dans ses divers globules; chacun de ceux-ci s’engageait dans ceux des vaisseaux sécréteurs qui étaient avec eux en rapport de grandeur , de figure ; la distance à laquelle était du cœur l'organe sécréteur , comme influant sur le degré de vitesse et de force de la circulation , avait une importance; et les diverses humeurs sécrétées n'étaient ainsi , que les divers globules constiluans du sang séparés.

De nombreuses objections s’élèvent contre cette pre-

mière théorie mécanique de la sécrétion. D’abord > Ja

filtration | dans laquelle on veut faire consister unique-

ment Ja sécrétion , paraît impossible pour les deux or-

ganes sécréteurs de forme plus complexe, les follicules 54 39

546 FONCTION DES SÉCGRÉTIONS.

et les glandes ; les vaisseaux sanguins et sécréteurs som en eux trop repliés pour que celte filtration soit possible; et, si ce n’est pas en cela conséquemment que consiste leur action de sécrétion, on doit en dire autant de l’exhalation; car, à coup sûr, le mécanisme de la sécrétion doit être le même au fond , quelle que soit la forme de l'organe sécréteur. Ensuite, les faits qu’on invoque, pour prouver que l’exhalation n’est qu’une filtration, sont insuffisans : on argue de la coloration en jaune de la partie du duodénum qui avoisine la vésicule biliaire ; du suintement à la surface des membranes exhalantes d’une matière injectée dans les artères ; des ecchymoses que présentent les parties des cadavres sur lesquelles ces cadavres reposent, elc. Mais ce sont là autant de phénomènes cadavériques , qui tiennent à ce que l'absence de

la vie permet entre les organes des transsudations qui ne

se faisaient pas avant la mort. Haller faisait sourdre la moelle des os par les extrémités articulaires, pour former la synovie, el croyait que la graisse transsudait de même du sang à travers les pores des artères ; mais ces deux assertions sont fausses , et ne peuvent servir de preuves à l'hypothèse qui fait de la sécrétion une filtration mécanique. D'autre part, pour que l'opinion de Malpighi fut vraie , il faudrait que toutes les humeurs exhalées ne fussent que le sérum du sang; et, si cela paraît être de quelques-unes, cela n’est pas de toutes. Enfin, cetie comparaison des organes sécréteurs avec des cribles était fondée sur trois opinions reconnues fausses aujourd’hui, la décroissance des vaisseaux , la décomposition du sang en globules de forme et de calibre proportionnel à la capacité des vaisseaux décroissans , el l'existence des diverses humeurs sécrétées toutes formées dans le sang;

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 947 I est sûr, d’une part, que ce n'est pas par un décroissement, tel que le concevait Boérhaave , que se fait l’abouchement des dernières ramifications des artères avec les divers vaisseaux nutritifs et sécréteurs. Il est certain, de l’autre , que la composition globulaire du sang n’a pas sur les sécrétions l'influence qu’on lui attribue ici. Enfin , il est certain encore , comme nous le prouverons ci-après, que les diverses humeurs sécrétées n'existent pas toutes formées dans le sang , e& surtout qu’elles ne résultent pas de la seule séparation des globules constituans du sang. Dans l'hypothèse que nous combattons : il faudrait d’ailleurs que les globules constituans du sang se présentassent toujours un à un à chaque crible sécréteur , et toujours dans la même position; que ces globules fussent homogènes dans la même humeur. On ne conçoit pas pourquoi ceux de ces globules qui seraient ronds n’entreraient pas dans tous les cribles : et pourquoi ceux de ces globules qui seraient les plus déliés n’entreraient pas de même dans tous les vaisseaux qui sont un peu gros. Ne voit-on pas le sang pendant la vie, et nos injections dans les animaux vivans ou morts , pénétrer également dans des vaisseaux qui sont d’un calibre différent, et qui sont à des distances diverses du cœur ou du tronc générateur ? n’est-ce pas À une contradiction formelle à la théorie que nous discutons ? Tout récemment, un physiologiste , M. Fodcra , est revenu à celle théorie mécanique , au moins relative ment à l’exhalation , et a voulu établir que cette exhalation n’était qu’une transsudation , s'appuyant à la fois Sur des observations et sur des expériences. Si oo in- Jecte , dit-il, les vaisseaux sur-des cadavres , On voit la matière de l'injection transsuder par tous les points de ces

vaisseaux. Si sur un animal vivant , on met à découvert une artère ou une veine, on voit un suintement se faire à travers leurs parois ; le phénomène est plus sensible , si on a lié préalablement le tronc; souvent alors survient une infiltration séreuse , où même le suintement est sanguinolent. Si on lie les veines jugulaires, nonseulement survient un œdème aux parties supérieures aux ligatures , mais ily a augmentation de la sécrétion salivaire. Enfin dans de nombreuses expériences , M. F'odera a vu les matières qu’il injectait dans des vaisseaux, des réservoirs ; iranssuder promptement à travers les parois de ces vaisseaux, et passer dans les parties circonvoisines. Ainsi, portant dans une anse intestinale une solution de prussiate de potasse , et plongeant celte anse dans une solution d’hydrochlorate de chaux , il a trouvé après quelque temps de l’hydrochlorate de chaux dans l'intérieur de l'intestin, et du prussiate | de potasse dans le liquide où cel intestin plongeait. | Plongeant une vessie pleine de teinture de tournesol dans une solution de noix de galle , il a trouvé de même de l'acide gallique dans la vessie et de la teinture de tournesol dans la solution de noix de galle. Injectant dans la veine pulmonaire d’un mouton une solution d’hydrochlorate debaryte , et dans la trachée artère une | solution d’hydrocyanate de potasse , il a retrouvé ce dernière matière dans la veine pulmonaire , et la pre-|

| mière dans la trachée-artère. Pour rendre les résultats!

plus saillans, au lieu de rechercher après l'expérience! par les réactifs , si la matière a véritablement transsudé| du lieu où elle avait été portée , il a injecté séparément et en même temps ces réactifs en deux cavités : par exem-

ple, portant dans le thorax ou dans la vessie une solution!

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 949 de noix de galle ou de prussiate de potasse, et dans le péritoine une solution de sulfate de fer, il a vu les parties se colorer promptement en noir ou en bleu. Injectant dans la cavité gauche du thorax d’un lapin une solution d’hydrocyanate de potasse, et dans le péritoine

une autre de sulfate de fer, et, tenant l’animal penché sur le côté gauche pendant trois-quarts d'heure , il trouva à l'ouverture beaucoup de parties du thorax et de l’abdomen colorées en bleu. En plongeant dans un bain de sulfate de fer une anse intestinale remplie d’une solution de prussiate ferruré de potasse, il a pu suivre les progrès de la coloration et le phénomène dans toutes ses phases ; il a vu la coloration d’abord légère des parties , se foncer peu à peu; puis le liquide des vaisseaux lymphatiques et sanguins , se colorer aussi graduellement , à commencer par les ramifications , et arrivant successivement aux branches ; enfin , il a trouvé le prussiate de fer dans les vaisseaux lymphatiques , le canal thoracique, la veine cave inférieure , etc. De ces expériences, M. Fodcera conclut que l’exhalation n’est qu’une transsudation , de même que l'absorption n’est qu'une imbibition ; que ces deux actes dépendent de la capillarité des tissus, que ce double phénomène peut s’opérer en toutes parties. Mais sans revenir sur ce que nous avons dit dans le temps de l’absorption, et pour nous en tenir à l’exhalation : d’abord, M. F'odera n’applique qu’à ce mode de sécrétion cette idée de transsudation ; il n’ose l’assurer des sécrétions folliculaires et glandulaires; et nous avons déjà dit que le mécanisme de la sécrétion était probablement le même au fond dans les trois espèces d’organes sécréteurs. Ensuite, les expériences de M. Fodera nous présentent bien des

phénomènes de transsudation: mais rien en elles ne prouve que les exhalations qui se font dans les êtres vivans soient des phénomènes d’un même ordre. La graisse , la synovie , la moelle , sont-elles de simples transsudations du sang à travers les porosités des vaisseaux? Si cela, est pourquoi ne trouve-t-on pas ces humeurs dans le sang? pourquoi ne sont-elles versées que dans certaines parties du corps? Nous établirons ci-après que dans toute sécrétion , il y a formation, fabrication de l’humeur sécrétée, et ce seul fait ruine toutes les explications physiques des sécrétions. M. Fodera a pris ici pour des phénomènes d’exhalation des faits qui ne sont que des actes de transsudation, et l'on ne peut conséquemment accueillir son application.

Nous rejetterons de même celte autre théorie physique des sécrétions due à Hamberger , dans laquelle il est dit que chaque humeur sécrétée se dépose dans son organe sécréteur propre , en raison de sa pesanteur spécifique. Cette théorie , en effet, suppose que les fluides sécrétés sont contenus primitivement dans le sang, et

nous allons prouver que cela n’est pas , que ces fluides

sont formés par l'organe sécréteur. Il resterait d’ailleurs à expliquer comment chaque humeur se déposerait dans son organe spécial, la diversité de leur pesanteur spécifique ne suffisant pas certainement pour rendre raison de ce fait. Mais l’objection capitale, c’est que les humeurs sécrétées n’existent pas dans le sang , mais

sont formées avec lui. Qu'on analise le sang , jamais on n’y trouvera aucune des humeurs sécrétées ; les |

humeurs exhalées elles-mêmes, qui ressemblent davan:

tage au sérum, n'y existent pas ; à plus forte raison

LA

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 291 les humeurs qui sônt produites par les organes sécréteurs plus composés. Lorsqu'on trouve dans le sang quelques humeurs sécrétées , et surtout celles qui sont tellement distinctes qu'on ne peut les méconnaître, la bile, l'urine, par exemple, c’est que l'absorption les a reprises dans les organes où elles ont été formées , et pendant qu’elles étaient encore contenues dans leurs couloirs. C’est ce qui est, par exemple, dans les cas si fréquens d’ictère et de fièvre urineuse , quand un obstacle quelconque s’oppose à l’excrétion de la bile ou de l'urine. Mais ces humeurs n’existaient pas pour cela primitivement dans le sang ; elles y ont été seulement reportées après avoir été faites par leurs organes sécréteurs propres. À la vérité aller croyait que la graisse transsudait des artères à travers les pores de ces vaisseaux , ce qui supposait l'existence primitive de cette matière dans le sang: ce Savant s’appuyait sur l'autorité de Morgagny, qui disait avoir vu des gouttes de graisse couler de l’intérieur de vaisseaux coupés; sur celle de Malpighi qui assurait avoir vu cette matière circuler dans le sang des grenouilles ; enfin sur celles de Ruisch et Glisson qui disaient en avoir reconnu dans le sang des scorbutiques. Mais d’abord aller avouait n’en avoir jamais vu lui-même, et y en avoir cherché en vain; et ensuite cette opinion sur l'origine de la graisse est aujourd’hui reconnue fausse par tous les physiologistes. Chirac annoncaitune expérience qui, si elle eût été vraie, eût été plus contraire à l’assertion que nous émettons ; il disait , qu'ayant lié l'artère rénale à des animaux, 1l avait vu survenir chez eux des vomissemens urineux ; mais l'expérience tentée depuis n’a jamais présenté ces résuktats. Nous établissons donc que le sang ne contient

primitivement aucune des humeurs sécrétées ; que toutes , au contraire, sont formées par l'acte de la sécrétion ; et de cela seul résulte que cette sécrétion ne peut êlre, ni une filtration, ni une transsudation, ni une précipitation , ni une action physique quelconque. Cependant quelques expériences récentes semblent devoir infirmer cette proposition, que nous posons d’une manière si absolue , queles humeurs sécrétées n’existent pas primitivement dans le sang, mais sont faites dans l’acte même de la sécrétion. MM. Prévost et Dumas à Genève , ayant extirpé les reins à des chats et des chiens , comme l’avait fait Chirac, et ayant ensuite analisé le sang , disent y avoir trouvé, non de l'urine, mais de l’urée qui est le principal élément de cette humeur : cette urée y existait en quantité d'autant plus grande, que les animaux avaient survécu plus long-temps à la néphrotomie : au contraire , le sang des animaux, auxquels on avait laissé les reins, n’en présentait aucune trace. Cette expérience répétée à Paris par M. Ségalas lui a présenté le même résultat ; et même ce physiologiste, ayant eu l’idée d'observer par contre le sang d’un autre animal auquel il avait laissé les reins , et dans les veines duquelil avait injecté de l’urée, n’y a pas davantage retrouvé ce principe ; mais la sécrétion urinaire s'était montrée fortactivée, consécutivement à l'injection. Enfin, on m'a dit que depuis leurs travaux sur l’urée, MM. Dumas et Prévost avaient aussi retrouvé dans le sang les principes d’autres humeurs sécrélées , après avoir enlevé sur des animaux vivans les organes sécréteurs qui en sont les agens : on dit qu'après avoir extirpé les testicules à un crapaud, ils ont pu effectuer des fécondations artificielleg avec le sang de cet animal; qu'après avoir

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL: 399 excisé les mamelles, ils ont retrouvé du sucre de lait dans le sang. Nous sommes forcés de convenir que ces faits, s'ils sont vrais, doivent faire admettre que les humeurs sécrétées ne sont pas le produit exclusif de l'acte dela sécrétion , etqueleurs principes existent déjà dans le sang. Mais d’abord de ces faits, il n’y à encore d’authentiques que ceux relatifs à l’urée; MM. Dumas et Prévost n’ont encore rien publié sur les derniers, et il faut attendre ce que ces habiles expérimentateurs en diront. Ensuite, relativement à l’urée, si l’on veut que ce principe existe primitivement dans le sang , et que le rein ne fasse qu’en opérer le triage, pourquoi n’en trouve-t-on pas dans le sang, lors même que les reins existent? puisque la sécrétion urinaire est continue , le sang ne devrait-il pas toujours contenir de l’urée ? et cependant dans une expérience de M. Ségalas, il a sufli de laisser à l’animal un des reins, pour qu’on ne puisse signaler de l’urée dans le sang. En troisièmelieu , l’urine, parmi les humeurs sécrétées, fait une classe à part; c’est l'humeur excrémentitielle par excellence, celle par laquelle s’accomplissent la décomposition et la dépuration du corps; et l’on peut concevoir , que son principal élément existe déjà dans le sang où l’aura porté l’absorption interne , sans qu’il en soit de même des autres humeurs sécrétées. Enfin, en admettant ces faits, ce ne seront pas toujours les humeurs elles-mêmes qui seront dans le sang, mais seulement leurs principes immédiats , et la sécrétion ne sera pas toujours une filtration mécanique, telle que la concevait Boërhaave.

Passons aux théories chimiques. On a supposé chaque organe sécréteur imprégné d’un ferment spécial, en

vertu duquel il changeait le sang en une humeur propre; de même qu’on avait admis des fermens analogues, dans tous les lieux du corps où il se fait quelques transformations de matière. Par exemple, de même qu’on avait - admis, dans l’estomac un ferment acide comme mobile de la chymification, un ferment stercoral dans les intestins; de même on admit un ferment dans chaque organe sécréteur , ferment qui dans telle glande était fixe et dans telle autre volatil. Mais ce n’est là qu'un produit d'imagination : a-t-on jamais trouvé dans aucun organe sécréteur des traces de ce prétendu ferment ? quelle serait sa source ? si on le dit formé et dérivé du sang par l’action de l’organe sécréteur , ne vaut-il pas mieux dire cela du fluide sécrété lui-même ? n’est-ce pas laisser la difficulté toute entière ?

D’autres ont comparé les vaisseaux sécréteurs à des mèches de coton, qui ne retirent d’un mélange que le fluide dont elles ont été préalablement imprégnées. Mais cette hypothèse nous ramène à cette opinion erronée , que le sang est un fluide hétérogène contenant toutes formées les diverses humeurs du corps; et d’ailleurs, il faudrait encore expliquer comment chaque vaisseau sécréteur serait préalablement imprégné du seul fluide dont il effectue le triage.

Keil supposait dans le sang l’existence de deux forces attractives, inverses l’une de l’autre, l’une tendant à conserver au sang sa composition propre , l’autre lui faisant former l'humeur nouvelle qui résulte de la sécrétion. Mais quelle condition faisait prédominer, dans l'organe sécréteur seulement et exclusivement , la seconde de ces attractions sur la première ? pourquoi cette seconde force attractive est-elle spéciale en chaque organe

sécréteur ? Il est trop évident que cette explication se réduit encore à des mots.

Toutes ces explications sont insoutenables , et Île sont d’autant plus que , faisant dépendre la ‘sécrélion d’une condition matérielle, physique ou chimique , il semblerait que cette condition existant une fois, la sécrétion devrait toujours avoir lieu. Or c’est ce qui n’est pas. Nul phénomène organique n’est plus que la sécrétion , sujet à varier par toutes influences extérieures et intérieures. D'ailleurs elles réduisent presque à rien le rôle de l’organe sécréteur ; il semble n’être plus que le théâtre de l’action, et, au contraire, il en est vraiment l’agent ; nous avons dit qu’on ne pouvait faire varier son état de vitalité, directement ou sympathiquement , sans que la sécrétion ne soit aussitôt modifiée dans sa quantité et sa qualité.

Dans ces derniers temps, des hommes au premier rang dans les sciences, ont tenté encore des explications physiques et chimiques des sécrétions. M. Berzelius conjecture qu’elles sont dues à une force électrique. MM. Dumas et Prévost pensent que chaque particule de sang étant une paire galvanique en état de tension , et les vaisseaux sanguins, ce qui établit le courant galvanique , la surface circulante de chaque organe sécréteur est douée d’une polarité constante qui forme les humeurs sécrétées. Beaucoup de faits semblent montrer que le galvanisme joue un grand rôle dans la production des phénomènes vitaux; et, parmi ces faits, il en est un qui se rattache aux expériences de M. Fodera, que nous avons citées plus haut. Ge physiologiste a vu que, tandis que les faits de transsudation qu’il obtenait ,mettaient souvent une heure à se produire, 1lles rendait instantanés par

l'influence galvanique. Mettant , par exemple , une solution de prussiate de potasse dans la vessie d’un lapin, faisant communiquer cette solution avec un fil de cuivre, puis plaçant à l'extérieur de ces organes un linge imbibé d’une solution de sulfate de fer et communiquant avec un fil de fer, il a vuqu’en mettant ces fils en communica- Lion avec ceux de la pile, la vessie ou le linge extérieur étaient soudain colorés en bleu, selon qu'il dirigeait le cou: rant galvanique de l'extérieur à l’intérieur, ou de l’intérieur à l'extérieur, c’est-à-dire selon qu'il faisait communiquer le fil de fer avecle pôle positif, et le fil de cuivre avec le pôle négatif, etviceversà. Loin de nous, sans doute, la pensée de blâmer de pareils travaux et de pareilles inductions : il est certainement possible qu’on découvre quelque jour , par quelles lois nouvelles les forces générales produisent jes phénomènes de la vie : il est surtout possible d'espérer cette découverte à l'égard de ceux de ces phénomènes qui sont étrangers à la sensibilité , et bornés à des élaborations de matière, comme le sont les sécrétions. Mais il faut convenir que dans l’état actuel de la science , aucunes de ces explications ne sont satisfaisantes : et nous terminons en disant encore que , puisque l’action des sécrétions ne peut être assimilée à aucune aclion physique, chimique ou mécanique , on doit la dire organique et vitale.

L’action de sécrétion est donc une action d’élaboration , par laquelle les organes sécréteurs fabriquent , AveC le sang, les diverses humeurs sécrétées. I ne faut done pas prendre le mot sécrétion dans toute la rigueur de son étymologie , puisque la sécrétion n’est pas un simple triage , mais une action de formation, une action élaboratrice d’une matière, analogue à celle de la digestion

qui fait le chyle, de la respiration qui fait le sang, etc. Déjà Stahl, s'était approché de cette doctrine, en rattachant toutes les sécrétions à l’influence de l’âme ; mais ce mot âme, comme renfermant en soiles idées de perception et de volonté, donna lieu à des équivoques. C’est Bordeu qui, le premier, l’émit avec toute clarté ; seulement il Fexprima d’une manière un peu trop poëtique , reconnaissant dans chaque organe sécréteur une sorte d’action digestive, comme un véritable goût, disant que lorsque la sécrétion s’elfectue l'organe sécréteur s’érige, appelle à lui le sang , et semble agir comme une ventouse. C’est, du reste, la doctrine appliquée à toutes les autres actions élaboratrices de notre économie, comme on peut le voir à la digestion , aux absorptions , etc. ; et c’est à ce titre que Bordeu peut être dit le fondateur de la doctrine de l'organisme qui règne aujourd’hui en physiologie. Seulement , il exagéra l'influence nerveuse sur les sécrétions. Sans doute l’élément nerveux, qui entre dans la composition d’un organe sécréteur , concourt à établir sa vitalité ;: sans doute, dans l’état maladif, une altération de cet élément nerveux, ou sa perturbation à la suite d’un trouble général , et à raison de ses connexions avec les centres nerveux, peut amener une modification dans la sécrétion ; mais dans l’état naturel, il n’y a que quelques sécrétions sur lesquelles porte l'influence nerveuse; la plupart fondent des fonctions déjà assez inférieures dans l’animalité, pour être plus ou moins indépendantes des centres nerveux : la ligature ou la section des nerfs qui se distribuent à une glande , le plus souvent n’en anéantissent pas la sécrétion.

L'action de sécrétion étant une action d'élaboration

dépendante de l’organisation et de la vitalité de l’organe sécréteur , on peut dire d’elle ce que nous avons dit de toutes les autres actions élaboratrices de notre économie. Se faisant aux extrémités d’un système vasculaire, elle n’est nullement apercevable en elle-même : mais on peut assurer d'elle les trois propositions déjà tant de fois indiquées : 1° un seul fluide peut subir les effets de cette action élaborairice, ou autrement fonder des matériaux aux sécrétions ; tout ce qui est accidentellement mêlé à ce fluide subit en vain le travail de l’organe sécréteur, il ne se transforme pas dans l'humeur sécrélée, mais s’y retrouve en entier tel qu'il était dans le premier. C’est ainsi qu’on retrouve dans les humeurs des sécrétions, aussi bien que dans les parenchymes nutritifs , ceux des élémens des alimens qui ont passé avec le chyle, en conservant leur forme étrangère. 2° Cette élaboration n’est pas chimique , mais vitale; et, en effet, de la connaissance chimique des matériaux de la sécrétion, on ne peut déduire chimiquement la composition de son produit, c’est-à-dire de l'humeur sécrétée : souvent il y a la plus grande différence chimique entre la composition des matériaux et celle du produit ; et souvent encore on trouve dans ce produit des élémens que ne contiennent pas les matériaux ou le sang. 8° Enfin, le produit de cette action de sécrétion est toujours identique , puisque c’est toujours un même sang dont il dérive et un même agent qui le fabrique ; il ne varie qu’à raison de l’état plus ou moins bon du sang qui fonde les matériaux de la sécrétion , et à raison aussi de l'intégrité plus ou moins complète de l’organe fabricateur.

Gette action de sécrétion paraît aussi s’accomplir in-

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL, 299 slantanément aux terminaisons du sysième vasculaire sanguin, ou mieux à l’origine du système vasculaire sécréteur ; elle est analogue , sous ce rapport, aux aclions élaboratrices de l’hématose , des nutritions , dont les produits sont formés subitement et à la manière de la médaille que lon frappe. En même temps que cette aclion de sécrétion est instantanée, elle est continue : comme du sang arrive toujours aux extrémités des artères et à l'origine des sécréteurs , toujours aussi ces derniers agissent. Cependant , cette dernière règle souffre des exceptions ; beaucoup d’organes sécréteurs , quoique déjà assez développés, restent encore inactifs dans le premier âge, sans doute parce que les vaisseaux sécréteurs n’ont pas acquis l’activité nécessaire; tels sont les testicules , par exemple : quelques-uns ont besoin d’une surexcitation qu'ils ne recoivent que de circonstances déterminées, comme les mamelles qui ne sécrètent le lait que consécutivement à la grossesse, à l'accouchement, et à l'irritation qu’excite en elles la succion opérée par l’enfant. Du reste, toutes les sécrétions, même celles qui ont lieu d’une manière continue, sont susceptibles de se modifier sans cesse, de s’augmenter, de se ralentir, selon les excitations directes ou sympathiques que recoivent leurs organes ; ei chacune offre des variétés , des susceptibilités à cet égard.

Puisque les sécrétions ont pour matériaux le sang artériel, sont des actions qui se passent dans les systèmes capillaires , elles peuvent avoir part à la production du sang veineux. Cependant nous avons dit que par cela seul qu’elles étaient des actions restreintes à quelques parties , il était permis d’en douter ; etil est plus probable qu’elles ne font que consommer une portion de sang

560 FONCTION DES SÉCRETIONS.

ariériel , sans influer sur sa conversion en sang veineux.

Enfin, on conçoit que l’action de sécrétion doit varier en chaque organe sécréteur, puisque chacun de ceux-ci a une organisation spéciale; de même que l'acte de la nutrition varie dans chaque parenchyme nuiritif, la sensation dans chaque nerf de sens. Evidemment, en effet, chaque organe sécréteur a sa structure spéciale, ses excitans extérieurs spéciaux, ses sympathies, et ses maladies propres. L’anatomiste le moins exercé distinguera la texture du foie, par exemple , de celle du rein : les injections ne réussissent pas aussi facilement dans certaines glandes que dans d’autres, et certaines surfaces exhalantes sont plus susceptibles de devenir le siége d’hémorragies que d’autres : tandis que le mercure excite particulièrement les glandes salivaires, les cantharides irritent les reins , etc. Enfin, les sympathies des divers organes sécréteurs ne sont pas les mêmes; celles qui unissent le testicule à la gorge, par exemple , contrastent avec celles du foie qui se rapportent géncralement à la tête, et celles des reins qui se rapportent à l’estomac : ce sont là autant de foits qui prouvent la diversité d’organisation des organes sécréteurs. Or, de Ja diversité d'organisation, résulte une diversité d’action ou de vitalité, et de celle-ci une diversité de secrétion. Ces diverses vitalités ne peuvent être niées , bien qu’on ne puisse préciser la diversité des conditions matérielles auxquelles elles sont dues : saisit-on davantage la différence qui existe entre Les divers nerfs des sens, entre les divers parenchymes nutritifs et calorificateurs ? Du reste, l’activité d’une sécrétion n’est pas toujours en raison du volume de l’organe sécréteur et du nombre des vaisseaux sanguins qui le pénètrent; elle tient

MÉCANISME DES SÉCRÉTIONS EN GÉNÉRAL. 561 surtout à la vitalité intrinsèque de l'organe ; et celle - ci est. due à son organisation intime dont les traits de ce genre sont indéfinissables , et à mille causes d’excitations directes ou sympathiques qui viennent retentir en lui : parmi ces causes , une des principales est l’irritation du canal excréteur.

Telle est la doctrine actuelle sur les secrétions. Elle est applicable à chacun des trois genres d’organes sécréteurs. Quelques physiologistes ont voulu à tort faire de l’exhalation une fonction séparée de la sécrétion : c’est la même action dans son plus grand degré de simplicité. On avait dit que les fluides sécrétés étaient d’autant plus différens du sang, qu'ils étaient formés par un organe sécréteur plus composé ; qu’ainsi les fluides exhalés n’étaient presque que le sérum du sang; que les sucs folliculaires en différaient déjà davantage; et qu’enfin, les humeurs glandulaires lui étaient tout-à fait opposées. Mais c’est là une vue trop mécanique; la synovie, la moelle , la graisse, quoique sucs exhalés , diffèrent autant du sang que la salive, les larmes , le suc pancréatique , qui sont des humeurs glandulaires.

Mais il ne suffit pas d’avoir dit, dans cette histoire générale des sécrétions, comment est fait le fluide sécrété ; il faut voir ce que devient ce fluide, comment il circule du lieu où il a été fait, jusqu’à la surface sur laquelle il est versé et où il doit agir, et quelles altérations il éprouve dans ce trajet. On concoit que ceci doit différer en chaque sécrétion.

D'abord , il est évident que le fluide sécrété doit suivre la succession des vaisseaux sécréteurs : ces vaisseaux en effet, forment une cavité continue de leur origine à leur canal excréteur de terminaison ; et dès lors, par

ee

cela seul qu'il se fabrique sans interruption du fluide sécrété à l’origine, ce fluide doit être poussé de ce point vers le canal excréteur de terminaison. G’est là une première cause de la circulation des humeurs sécrétées dans les voies de leur sécrélion. D’autres causes sont; une action contractile et même aspirante des- vaisseaux sécréteurs capillaires ; et les puissances auxiliaires des artères voisines , des mouvemens des organes voisins et de la généralité du corps. Ceux des physiologistes , qui dans la fonction de la circulation, étendent au loin l'influence du cœur, font concourir aussi cette puissance à la progression des humeurs sécrétées dans leurs vaisseaux sécréteurs, Comme à celle du sang veineux dans les veines ; mais nous ne croyons pas à cette influence. Long temps aussi, on a cru l’excrétion des humeurs sécrétées , le produit d’une pression mécanique exercée par les organes voisins sur les agens sécréteurs ; la salive , par exemple, ne coulait, disait-on, avec plus d’abondance dans la bouche, lors de la mastication et de l’articulation des sons, que parce que les glandes salivaires étaient mécaniquement comprimées , consécutivement aux mouvemens des mächoires. Mais Bordeu a judicieusement réfuté cette proposition : d’abord elle paraitraît ne devoir être applicable qu'aux glandes ; ensuite beaucoup de glandes sont placées de manière à n’éprouver aucune compression des organes Voisins ; enfin les glandes qu’on citait ne doivent pas leur action d’excrétion à celte cause ; Bordeu a expérimenté que la parotide loin d’être comprimée lors des mouvemens des mâchoires, se trouvait dans un espace plus large, et si sa sécrétion s’augmente alors , c’est que les mouvemens , les ébranlemens qui lui sont imprimés l’excitent, et

que d’ailleurs plus de sang lui arrive. À ces causes diverses qui font cheminer l'humeur sécrétée, il faut encore ajouter comme secours accessoires, les nom. breuses anasiomoses qui existent entre les vaisseaux sécréteurs, lorsqu'ils ne sont encore que capillaires. L’acüivité de cette cireulation est sans doute un peu dépendante de l’activité de la sécrétion : elle varie d’ailleurs dans chaque sécrétion, selon que les voies d’excrétion sont plas ou moins courtes, et comprenn=snt ou non dans leur trajet des réservoirs. Dans ce dernier cas , on peut séparer dans l'étude la sécrétion de l’excrétion : et de nouvelles puissances s'ajoutent à celles que nous avons indiquées pour effectuer celle-ci. Mais généralement la circulation des humeurs sécrétées est plus lente que celle de la lymphe et du sang veineux , du moins à juger par l'étendue du jet que fournissent un vaisseau sécréteur , un vaisseau lymphatique et une veine d’égal volume. Dans quelques organes sécréteurs, les follicules et les organes exhalans , par exemple, le trajet que parcourt le fluide est très-court ; ce fluide est aussitôt à sa destination, et son excrétion succède irrésistiblement sans aucun mécanisme ultérieur à sa sécrétion. Dans les glandes , au contraire, très-souvent le trajet à parcourir est long ; ce fluide souvent est conduit dans un réservoir où il est mis en dépôt, et d’où il n’est plus excrété que d’intervalles en intervalles et par des efforts subséquens. Nous ne pouvons entrer ici dans aucuns détails : ils seront donnés à l’article des sécrétions en particulier.

Dans le trajet plus au moins long que parcourent les humeurs secrétées, ces humeurs éprouvent-elles une élaboration graduelle? Cela varie selon les sécrétions. Cela ne paraît pas être, par exemple, pour toutes celles

qui sont dues à des organes exhalans et à des follicules ; les fluides ici sont versés trop tôt au lieu de leur destination: où du moins si cela est, on ne peut signaler la série des degrés, des nuances par lesquelles passent les humeurs. Nous en dirons autant des fluides glandulaires qui n’ont pas de réservoirs dans leurs voies d’excrétion et qui ont ces voies courtes, comme la salive, les [larmes : les vaisseanx excréteurs , en effet, sont ici bientôt assez gros pour n'être plus évidemment que des agens de conduite ; le fluide ne traverse sur sa route aucun ganglion élaborateur , et son excrétion est trop prompte pour que l'absorption interne ait le temps de le modifier beaucoup. Mais dans les sécrétions glandulaires qui comprennent dans leur appareil un réservoir où le fluide séjourne , et qui ont d’ailleurs des voies d’excrétion longues, tortueuses, et que le fluide ne traverse qu'avec lenteur , évidemment l’humeur sécrétée éprouve quelques modifications dans sontrajet, comme cela est, par exemple , de la bile , de l’urine , du sperme. Mais nous en parlerons à l’histoire des sécrétions en particulier.

Telles sont les sécrétions en général ; l’étude des sécrétions en particulier nous fournira une occasion de dire ce que nous pouvons avoir omis.

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