XVII. — TYPOGRAPHIE COMPACTE
Comme second exemple, nous avons fait reproduire en photogravure (Fig. 64-) une affiche, merveille du genre, qui attirait forcément l'attention de toute personne voyageant en Angleterre ; nous avons été fort surpris en 1881 de voir que l'agence de publicité de Willing avait trouvé de son côté presque tous les petits artifices que nous avons proposés.
Tout est étudié dans ces sept lettres avec une entente par-
Fig. 64.
faite de l'utilisation de la place. Dans nos types, les lettres seraient plus grêles, les empâtements un peu moins importants, le g dépasserait un peu plus en bas, mais en somme, notre typographie présente de l'analogie avec le spécimen qu'on vient de voir.
N'ayant pas à ma disposition les types d'Olive Lazare, dont il va être question, je fais reproduire ici (Fig. 65) en fac-similé la fin de l'article « Evolution de la typographie », paru dans la Revue scientifique du 26 juin 1881 :
Le Petit Journal applique depuis quelques jours assez exactement nos propositions quant au raccourcissement des longues inférieures. Informations prises, les types de l'article Thomas Grimm viènnent de la fonderie Olive Lazare à Marseille. Malheureusement on a lésiné sur l'approche : l'écart entre les n est inférieur à la largeur de i'n, ce qui fait perdre à ces types une grande partie de leur avantage. Au surplus, l'utilité de la réforme, qui a permis d'employer du huit au lieu de neuf pour le premier Paris du Petit Journal, sera bien plus marquée quand on retendra au sept et surtout quand on aura recours au six, dont les journaux ne font aucun usage actuellement en France»
Tout ce post-s'criptum est imprimé en huit d'Olive Lazare :
dans le présent àlinéa on a ajouté des papiers minces entre les lettres; je doute que jamais rien d'aussi lisible ait été imprimé en caractères de huit points : on dirait du neuf.
Fig. 66.
Dans le journal français Y Imprimerie, M. Motteroz décrit comme suit le sept et le cinq et demi employés par l'éditeur de l'Encyclopédie américaine The Century Dictionary, achevée d'imprimer en 1889. Voici (Fig. 67) un fac-similé de cette typographie :
gauche (gôsh), a. [F., left (hand, etc.), awkward, clumsy, prob. < OF. *gauc, *galc (> E. dial. gaulic-hand, the left hand, gallic-handed, gauk-handed, lef t-handed ; cf. Walloon frère wauquier, step-brother, lit. ' lef t-brother'), prob. < OHG. welc, welch, soft, languid, weak, G. welk, withered, f aded, languid, etc. : see welk1. So in other instances the left hand is namedfrom its relative weakness : see left1. The Sp. gaucho, slanting, seems to be derived from the F. word.]