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XXV. — MOYENS D'ACCÉLÉRER Là LECTURE DES AVEUGLES

enfance ne se rendent plus compte, par exemple, de la difficulté de lecture occasionnée par l'entassement de caractères formés de cinq ou six points, ni de la confusion résultant, dans la lecture de l'abrégé, de l'accumulation de signes formés d'un très petit nombre de points. Ils ont oublié l'embarras que peut causer le signe majuscule, signe que les étrangers et les espérantistes ont raison de supprimer.

Le signe italique, et le signe analogue à ce dernier, qui se trouve au milieu de certaines locutions abrégées, sont également une cause d'indécision. Si, comme à l'imprimerie de Y Institution de Paris, on fait usage de caractères mobiles, rien n'empêche d'en avoir qui soient formés de points plus gros et plus saillants pour les majuscules, et qu'on emploierait également pour les mots qui, en noir, sont imprimés en italique.

D'autres difficultés de lecture seraient évitées en remplaçant certains groupes de points par des assemblages de petits traits formant la même figure (1). Par exemple, le b serait un petit trait vertical, le c un trait horizontal, le cl une figure angulaire, Ye un trait oblique, etc. Au premier abord, pour le toucher, des caractères ainsi constitués sont à peine différents des assemblages de points ; mais, pour les cas douteux, la lisibilité est meilleure.

Autre exemple : les intervalles entre les lettres étant un peu plus grands que la largeur des lettres, une série de lettres c prend l'aspect (Fig. 87) • • • • * • • • . Sous le doigt, la différence de distance entre ces divers points n'est pas très sensible, et l'hésitation du lecteur serait moindre si l'on remplaçait les deux points de chaque c par un petit trait continu. Alors le mot acacia s'imprimerait comme suit (Fig. 88) * • et continuerait encore à s'écrire comme suit (Fig. 89) •••

De même, la confusion que le doigt établit trop facilement entre Y s et le t se produirait moins si, dans cette dernière lettre, les points 2 et 5 étaient remplacés par un petit trait horizontal, etc..

En procédant comme il vient d'être indiqué, ceux qui impriment nos livres ne manqueraient pas de respect à la

(1) Voir ci-dessus Chapitre XI, page 125.

mémoire de Barbier et de Braille, car, si ces hommes ont employé exclusivement des points, c'était pour ne pas compliquer l'écriture à la main, et non par des raisons de lisibilité.

Il est tout naturel que, pendant des années, notre typographie soit restée identique à notre écriture manuscrite : la même chose s'était produite à l'origine de la typographie en noir. Gutenberg copia servilement les caractères usités de son temps, si bien que les premiers volumes sortis de ses presses se vendirent pour des manuscrits.

Puisqu'un caractère de forme plus compliquée n'occasionne aucun surcroît de travail pour l'imprimeur, le moment n'est pas éloigné où les caractères en relief servant à imprimer nos livres subiront d'utiles modifications.

Il va sans dire qu'en tout pays on s'applique à donner aux caractères ponctués la dimension la plus petite qui soit compatible avec une facile lisibilité. Cette diminution est surtout opportune pour les livres imprimés, dont l'exécution est plus régulière que celle des meilleurs manuscrits. La dimension la plus favorable n'est évidemment pas la même pour tous les aveugles : pour chaque lecteur, il existe une dimension préférable. Trop grands, les signes excèdent la dimension de la surface la plus sensible du doigt ; trop petits, ils sont difficilement perçus. Comme l'abrégé prête plus à confusion que le toutes lettres, il serait logique d'écrire le toutes lettres plus fin que l'abrégé.

Il me semble que la lisibilité est à peu près la même pour le toutes lettres écrit sur un rayage haut de 2mm, usuel en Belgique, que pour l'abrégé orthographique écrit sur le rayage de 2mm5, employé en France.

L'économie de superficie, obtenue en substituant du rayage de 2mm à celui de 2mm 1/2, est supérieure à un quart parce qu'on gagne également sur la largeur des lettres. Si donc mon appréciation est exacte, la possibilité d'écrire plus fin quand on emploie le toutes lettres procure une économie de surface au moins égale à celle produite par Y abrégé. Le seul avantage de Y abrégé serait de rendre plus rapide l'écriture des personnes qui en font un usage quotidien.

Il faut donc méconseiller fortement aux personnes charitables, qui consacrent leurs loisirs à enrichir notre bibliothèque, l'emploi de l'abrégé, plus difficile à bien connaître et

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