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CHAPITRE IV

l’entraînement.

Acceptions diverses du mot enlrainemenl. — L’entraînement, tel que nous l’entendons ici, est l’adaptation de l’organisme au travail. — Eutraînemeiit naturel, et entraînement méthodique. Les méthodes d’entraînement ; rareté de leur application à l’homme dans notre pays ; leur prati([ue très répandue en Angleterre. — Entraînement des boxeurs. — Entraînement des rameurs. Un spécimen de la méthode.

Explication physiologique des faits. — La déperdition ; le régime alimentaire ; les soins de la peau. — Importance capitale du travail musculaire dans l’entraînement.

Le tempérament de l’homme entraîné. Utilité et inconvénients de la condition d’entraînement.

Nous appelons entramement un ensemble de pratiques ayant pour but de rendre le plus complètement et le plus promptement possible un bomme ou un animal aptes à supporter un travail donné.

Le mot d’entrainement est souvent pris dans une acception moins limitée. On l’emploie comme synonyme de « préparation », et on l’applique à des méthodes dans lesquelles le travail musculaire n’entre pour rien. Ainsi on entraîne les plongeurs, pour les rendre aptes à résister au besoin de respirer ; on entraîne des jockeys pour les rendre moins lourds, et faciliter le travail des chevaux qui les portent ; on applique même ce mot à des faits d’ordre intellectuel , et on dit que X entraînement cérébral rend l’homme plus apte à apprendre.

En réalité, toutes les nuances de l’entraînement peuvent se ramener à un même fait : adaptation de l’organisme à certaines conditions particulières de fonctionnement. Le fait d’être entraîné implique une modification subie par les organes; il est permis de croire que le cerveau d’un homme de science ne ressemble pas à celui d’un portefaix ; il est sûr qu’un boxeur en parfaite condition ne présente pas la conformation d’un homme de cabinet.

L*ACCOUTUMANCS AU TRAVAIL

Mais il faut dire que les modifications de structure acquises par les organes sous l’influence de l’entraînement ne sont pas très profondes ; elles se gagnent très vite, et se perdent en très peu de temps.

Un homme entraîné est un homme qui s’est fait momentanément un tempérament particulier. Il a acquis une conformation nouvelle qui lui donne des aptitudes spéciales, mais il n’a pas changé sa nature ; qu'il retombe dans la condition de vie d’où l’entraînement l’a fait sortir, et il perd du môme coup toute la supériorité qu’il avait acquise. Pour se conserver en état d’entraînement ou, comme disent les entraîneurs, en condition^ il faut persister dans les pratiques auxquelles sont dus la conformation plus parfaite des organes et leur fonctionnement plus facile.

Au point de vue de l’exercice musculaire, l’état d’entraînement résulte inévitablement de l’accoutumance au travail. Toutes les professions exigeant une très grande dépense de force musculaire maintiennent les sujets qui s’y adonnent en état de condition parfaite : elles les rendent aussi forts et aussi résistants que leur tempérament natif le comporte.

Une vie très active et très laborieuse suffit donc pour amener à la longue l’aptitude au travail et la résistance à la fatigue, sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter les pratiques d’hygiène et les observances de régime que recommandent les entraîneurs de profession. Les loups n’ont pas besoin de s’abstenir de certains aliments ou de rationner l’eau qu’ils boivent pour acquérir des muscles durs comme du fer et des poumons qui ne connaissent pas l’essoufflement.

Il faut pourtant reconnaître que les bénéfices du travail s’acquièrent avec une étonnante rapidité, quand le sujet se soumet à une certaine réglementation de l’exercice, et à certains soins accessoires du corps qui constituent une méthode très en honneur dans certains pays, sous le nom 6^ entraînement.

Cette méthode n’est pas encore vulgarisée chez nous. En France, la masse du public ne connaît l’entraînement que par les chevaux de course et par les jockeys, et ne voit en eux que des êtres efflanqués qu’on a dù faire jeûner h outrance jpour les réduire à une telle légèreté.

Cette légèreté n’est qu’apparente chez les chevaux de course, et généralement ces animaux, anguleux et desséchés, pèsent au moins autant, et quelquefois un peu plus, qu’avant 1 entraînement. Seulement la nature de leurs tissus n’est plus la môme . le

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